mardi , 16 janvier 2018
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Argentine : Réforme des retraites controversée

L’opposition a été rude, mais le gouvernement argentin de centre-droit est parvenu mardi à faire adopter au Parlement une réforme du système de retraite cruciale, une mesure impopulaire et contestée dans la rue aux prix de confrontations violentes entre policiers et manifestants.

Sans majorité propre au Parlement, le pouvoir a réussi à faire passer un texte visant à réduire le déficit budgétaire de 5 milliards d’euros par an et qui réduit l’augmentation des pensions, en les indexant sur l’indice officiel mesurant l’inflation.

La nouvelle loi repousse l’âge de départ à la retraite de 65 à 70 ans pour les hommes et de 60 à 63 ans pour les femmes, sur la base du volontariat.

Les députés de la coalition au pouvoir Cambiemos (Changeons) ont obtenu 128 voix en faveur du projet de loi, 116 ont voté contre et deux se sont abstenus.

Lors d’une conférence de presse, le président argentin Mauricio Macri a défendu la réforme. « La formule défend les retraités contre l’inflation ». Il a assuré aux Argentins que la réforme bénéficierait aux retraités et que son engagement prioritaire restait de « réduire la pauvreté » et de « veiller sur les retraités ».

Réduire l’inflation

En Argentine, l’inflation annuelle dépasse les 20% depuis une décennie et le système d’actualisation précédent donnait aux retraités des augmentations supérieures à l’inflation. La correction sera désormais plus limitée, et calquée sur les statistiques officielles d’inflation.

Pour Mario Negri, député de la coalition au pouvoir, il était urgent de « sortir le système des retraites du service des soins intensifs ». Il a accusé l’opposition d’avoir attisé les violences en « distribuant des allumettes, là où coule l’essence ».

En réduisant le déficit budgétaire, souligne le député de l’Union civique radicale (UCR, centre), l’Argentine « va faire baisser l’inflation ».

Lundi, de violents affrontements ont opposé manifestants hostiles à la loi aux forces de l’ordre devant le Congrès, tandis que des concerts de casseroles ont retenti jusque tard dans la nuit, pour protester contre la réforme.

Mardi, le calme était revenu dans la capitale argentine, même si le quartier du Congrès portait les stigmates des incidents de la veille: poubelles calcinées, magasins vandalisés, mobilier urbain détruit.

« Ces violences disproportionnées, ce n’était pas spontané, cela était prémédité. Malgré cela, la démocratie fonctionne », a dit le président argentin.

« Si nous avons réussi à mettre le pays en marche, c’est parce que les Argentins croient en ce projet » réformiste, a déclaré le président.

Résistance pacifique

En 2017, la 3e économie d’Amérique latine a renoué avec la croissance, qui devrait atteindre 3% cette année, après une baisse du PIB de 2,3% en 2016. Depuis le début de son mandat, M. Macri a engagé des réformes douloureuses pour le porte-monnaie des Argentins, en limitant notamment subventions et allocations. Ses réformes économiques (suppression du contrôle des changes, règlement d’un litige sur la dette extérieure) plaisent aux marchés et aux grandes puissances qui saluent son action.

Sans majorité propre au Parlement, le pouvoir a réussi mardi à faire passer au parlement un des deux projets de loi les plus impopulaires qu’il compte faire voter d’ici la fin de son mandat en 2019. Le prochain défi parlementaire sera de faire adopter une flexibilisation du code du travail.

Vue par l’opposition comme une précarisation des conditions de travail, elle donnera probablement lieu à une forte mobilisation. Le parlement entrant dans sa trêve estivale, elle ne viendra à l’ordre du jour qu’à partir de mars.

Pour le président argentin, « c’est une victoire parlementaire qui le met en porte à faux vis à vis de l’opinion publique. C’est un résultat obtenu en utilisant au maximum tout le pouvoir du gouvernement national sur les provinces pour obtenir la majorité », selon le sociologue Gabriel Puricelli.

« Le vote (de mardi), ce n’est pas la fin de l’histoire. Ce qui s’est passé aujourd’hui, c’est le point de départ, le début d’une résistance pacifique », a déclaré Agustin Rossi, le président du groupe parlementaire Front pour la victoire (FPV, gauche), de l’ex-présidente Cristina Kirchner.

[Afp]

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