mardi , 16 janvier 2018
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Un regard d’observation sur l’Afrique de fin 2017

A la Conférence de Berlin de 1885, ils ont partagé l’Afrique sans en informer ni consulter les Africains. Voilà que certaines tribus se retrouvent dans deux ou trois pays voisins. Pas étonnant de voir que la désunion faite des tribus soit amplifiée à l’échelle des pays pour que l’Afrique demeure à jamais un terrain conquis. La classe dirigeante africaine d’après les indépendances qui a compris que l’union des pays colonisés devrait faire sa force de toute résistance ou de tout développement, et qui a poussée à sa réunification a purement et simplement été liquidée physiquement pour intimider les générations suivantes. Et en longueur de décennies, il apparait que les dirigeants Africains n’ont vraiment pas osé de parler du panafricanisme. La peur de la mort oblige, nul sauf le Colonel Kadhafi n’a tenu au sacrifice suprême pour l’intérêt du continent. Ceux-ci s’isolent réciproquement et s’espionnent au profit des colonisateurs. Mais ceux-là même qui ont ordonné ou qui pourraient encore ordonner la mort de ces dirigeants sont aussi des mortels. Ainsi dit, jusqu’à quand changerions-nous la donne ? Heureusement, tout ne dépendant pas des humains ; la nature et le temps changeant, tout espoir nous est permis de voir ce rêve se reproduire un jour.

Plus d’un siècle après, 132 ans plus exactement, la chancelière Allemande Angela Merkel lance une déclaration demandant pardon aux Africains pour l’organisation de cette fameuse conférence de Berlin à la base du partage de l’Afrique. Dit-elle, avec une teneur atténuée de diplomatie, plus précisément : « l’Allemagne présente ses excuses au nom de tout le peuple allemand pour cette conférence qui était le point de départ d’un des plus grands et des plus longs massacres de l’histoire ». En réalité on peut lire et comprendre que « … cette conférence est le point de départ du plus grand et du plus long massacre de l’humanité ».

Nous sommes en droit de nous poser des questions entre lesquelles la question suivante : Est-elle satisfaite que le pardon africain lui est accordé ? Car pour nous il ne suffit pas de dire à la volée pardon (par ailleurs sans représentation des offensés comme ils l’ont fait en 1885) pour que les crimes commis soient effacés quand surtout elle sait que c’est sous son règne que son pays a payé le dernier centime dû aux Juifs pour les génocide commis par un autre chancelier Hitler. A dire que le prix que les Africains ont payé et continuent de payer (par ce que les codes prescrits de cette conférence ne sont pas abolis) sur les conséquences de cette conférence ne sont pas à la hauteur des prix payés par les Juifs, qu’il en soit en nature ou en vies humaines. Comment pardonner si au courant rien n’est fait pour considérer les Africains au titre des humains ayant eux aussi des droits humanitaires inaliénables ? Le génocide silencieux en cours en RDC, pour ne citer que ça, avec ses millions des morts, faisant partie de la continuité des actifs de cette conférence, sans que Merkel et ses paires ne fassent amende honorable est une preuve que ce qu’elle dit, quoique positif est sujet de beaucoup de pression pour être effectif.

Avant l’Allemagne de Merkel, bien entendu le grand-frère Etats Unis d’Amérique de Donald Trump ont cru, avec une légendaire insolence, avoir clôturé les dossiers sur les assassinats des dirigeants Africains de l’heure des indépendances. Pendant que ses multiples bases militaires parsemées au travers le monde causent mort et désolation des milliers des victimes de suite à une guerre dite « guerre contre le terrorisme » intervenue après un acte discutable posé sur les tours jumelles de New York en 1991. Même si le supposé cerveau moteur Bin Laden a été liquidé, cette guerre au terrorisme n’en prendra peut-être jamais fin. Mais pour les pertes africaines, les dossiers sont unilatéralement fermés. Au Président Donald Trump et à toute la classe politique américaine, nous disons que l’Afrique n’avale pas cette pilule. Peu après suivait la reconnaissance verbale du gouvernement belge dans son implication dans l’assassinat du Premier Ministre Congolais Patrice Emery Lumumba, et cela, sans sommation des préjudices causés à la Nation congolaise. La Belgique croit tourner la page sombre de son histoire par une volonté unilatérale juste en accordant un fond de 3,75 millions d’euros au développement démocratique au Congo. Quel leurre !

Et lorsque le Président Français Emmanuel Macron en visite à l’université Ouagadougou au Burkina Faso entre en cadence pour lancer, contre son gré, sa déclaration selon laquelle il va travailler pour restituer le patrimoine africain en Afrique, omettant volontiers le verbe qui explique comment ce patrimoine s’est retrouvé en Occident (vendu, prêté, hypothéqué, pris, confisqué, arraché, volé, spolié ou autres), les élites Africaines devraient en exiger davantage. Vue seulement sous l’angle économique, les musées occidentales ont fait fortunes durant des années avec nos œuvres, mais il y a plus que ça. Pendant que l’on sait des lamentations de Macron sur l’inutilité d’assistance à l’Afrique à cause de sa croissance démographique, de ce qu’il détient arbitrairement de nous, c’est de notre droit légitime de lui en demander des amendements conséquents, Il ne s’agit pas d’un geste de générosité ou d’un cadeau de sa part. Ça ne devrait pas être très compliqué pour des peuples civilisés !

D’autre part des jeunesses africaines s’élèvent et refusent de porter le fardeau perpétuel de domination. Parmi elles, des minorités se distinguent par un recours à la spiritualité traditionnelle d’où elles puisent la puissance de briser les barrières d’oppression internes et externes. Par un concours des circonstances, les choses bougent de la manière dont nous constatons. Disons qu’il n’y a pas armes plus grandes que la nature : vent, feu, mer et terre.

Résumons que ni Merkel ni Trump ni Macron ne dit cela de son gré. Mieux nous disons que ni l’Allemagne ni les USA ni la France ou mieux l’Occident ne parle de ces tabous de bon gré. Il en sera de même dans la suite des événements en faveur de l’Afrique comme nous l’avons dit ci haut au premier paragraphe : « Heureusement, tout ne dépendant pas des humains ; la nature et le temps changeant, tout espoir nous est permis de voir ce rêve se reproduire un jour ». Constatons ensemble que le Ghana a émergé depuis qu’il a récupéré (171 ans après) la tête du Roi Badu Bonso II de la tribu de Ahanta décapité en 1838 par les colons Hollandais. Le discours du Président Nana Akufo Addo devant son homologue Emmanuel Macron en visite au Ghana est significatif.

Les Occidentaux sont contraints de libérer l’Afrique mais en félins ils les présentent comme s’ils le faisaient de bonne foi. Loin de là. On se souviendra par exemple que dans un passé très récent, la Reine d’Angleterre a manifesté publiquement son désaccord à demander pardon de l’esclavagisme commis. Fâchée au point d’écourter sa sortie royale par ce que selon la lecture occidentale, ce n’est qu’un incident de parcours pour leur développement, une normalité dont sont accusés de négationnistes quiconque porte un regard critique de civilisation. Le Napoléoniste Sarkozi n’avait-il pas défendu sa thèse sur la non entrée des Noirs dans l’histoire ? Peut-être n-a-t-il pas compris jusqu’à preuve du contraire que l’Afrique étant le berceau de l’Humanité, l’homme Noir est de facto l’essence même de l’histoire. De ce fait, l’oublier c’est s’oublier et embrouiller son futur. Le monde n’aurait jamais parlé de Sarkozi ou de la multitude n’y eu été l’existence des Noirs sur terre, hélas ! Mais les procédures de cette libération ne sont pas correctes par ce que ça ne vient pas de leurs bonnes intentions. Ils tergiversent, luttant contre ces contraintes, par ce que les Africains eux-mêmes, dans leur majorité sont du mauvais côté de lutte pour cette auto-gestion du continent.

C’est alors que les Noirs, d’une civilisation humaine incontestée, reprendra sa dignité et défendra les valeurs humaines afin de préserver l’Humanité. Rappelons en passant qu’il n’y a que des Noirs qui ont subi à la fois esclavagisme, colonisation, domination et maltraitance des Blancs et des Jaunes. L’inverse ne s’est jamais produit et les Noirs n’en ont pas tendance. Les dominants ont perverti à suffisance les lois humaines que la nature, les forces positives invisibles et l’auteur de la création dictent ceux à charge des communautés humaines de prendre le droit chemin, contre leur gré, à défaut de payer des lourds dividendes.

Nous aurions pu accélérer le processus si les Africains s’étaient exclus des lignes tracées par leurs dominants notamment sur le plan spirituel. Il n’y a pas deux voies par lesquelles on entre en communion avec ces esprits positifs invisibles si ce n’est que par le respect de la tradition d’avant toute pénétration étrangère sur le continent. Et, dans cette Afrique de la forme d’un revolver dont la gâchette se trouve en RDC, a apparu le Grand Messager Kimbangu Dia Ntugunua dont les prophéties sont minutieusement échelonnées et accomplies … nous laisse croire que nous ne sommes pas loin de la libération totale de l’Afrique. Et si nous jetions ne serait-ce qu’un regard d’observation et de méditation ! Et si nous Africains, ne nous bornions pas uniquement sur nos pays respectifs mais que nous pensions à toute la maison mais surtout à la gâchette du revolver ! La conférence de Berlin de 1885 qui a causé notre partage a duré trois mois (Du 15 novembre 188 au 26 février 1885). Elle a consacré sa majorité de temps, non sans raison, sur le bassin du Congo (RDC) pour en finir dans ses deux dernières semaines au reste d’Afrique. Nous devons nous rendre à l’évidence combien il est impérieux que les Africains travaillent pour aussi durs qu’ils peuvent pour résister que la RDC ne soit détruite. Le plan occidental (Bill Clinton au commande, Cohen et Sarkozi en avaient chacun un) de balkaniser l’Est de la RDC au profit du Rwanda doit impérativement être combattu.

[Alain Ngubu Matiki]

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