dimanche , 21 janvier 2018
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La loi martiale en Philippines pourrait être prolongée jusqu’à la fin 2018

Dans une lettre aux parlementaires, rendue publique par son cabinet, le chef de l’Etat explique que la prolongation de l’état d’urgence est nécessaire dans le tiers sud du pays, ce que ses détracteurs voient comme un indice supplémentaire de la dérive autoritaire de sa présidence. “Je demande au Congrès des Philippines d’étendre la proclamation de la Loi martiale et la suspension du privilège des dispositions de l’habeas corpus dans toute l’île de Mindanao pendant une période d’un an à partir du 1er janvier 2018”, peut-on lire dans ce texte. Le président avait imposé la loi martiale à Mindanao, une île de 20 millions d’habitants, en mai en raison d’un soulèvement de jihadistes se réclamant du groupe Etat islamique dans la ville de Marawi.

Le président philippin Rodrigo Duterte a demandé lundi au Congrès de prolonger jusqu’à la fin 2018 la loi martiale décrétée dans le sud de l’archipel contre les rébellions islamiste et communiste.

Dans une lettre aux parlementaires, rendue publique par son cabinet, le chef de l’Etat explique que la prolongation de l’état d’urgence est nécessaire dans le tiers sud du pays, ce que ses détracteurs voient comme un indice supplémentaire de la dérive autoritaire de sa présidence.

“Je demande au Congrès des Philippines d’étendre la proclamation de la Loi martiale et la suspension du privilège des dispositions de l’habeas corpus dans toute l’île de Mindanao pendant une période d’un an à partir du 1er janvier 2018”, peut-on lire dans ce texte.

Le président avait imposé la loi martiale à Mindanao, une île de 20 millions d’habitants, en mai en raison d’un soulèvement de jihadistes se réclamant du groupe Etat islamique dans la ville de Marawi.

Des centaines de combattants islamistes avaient pris le contrôle de quartiers entiers de cette agglomération, principale ville musulmane d’un archipel à majorité catholique. Les autorités avaient estimé que cette action visait à établir en Asie du Sud-Est un califat inspiré du territoire alors contrôlé par le groupe EI en Irak et en Syrie.

Il aura fallu cinq mois aux forces philippines soutenues par les Etats-Unis pour venir à bout de cette insurrection, au terme d’une opération militaire qui a dévasté des quartiers entiers de Marawi. Au total, plus d’un millier de personnes ont péri à Marawi.

De fait en dictature

Bien que M. Duterte ait affirmé en octobre que Marawi avait été libérée et que les responsables de l’armée soutiennent que la plupart des chefs de la rébellion ont été tués, les autorités mettent en garde contre le fait que des combattants islamistes soient parvenus à s’échapper et à se regrouper ailleurs.

Dans sa lettre, le président affirme que la loi martiale a contribué à contenir le soulèvement islamiste à la ville de Marawi, à 800 km de la capitale.

“Les rescapés de leur groupe ont continué à reconstituer leur organisation en recrutant et en entraînant de nouveaux membres”, écrit M. Duterte.

Les parlementaires devraient voter cette semaine sur cette demande, selon un responsable de la majorité.

Duterte met également en garde contre la rébellion communiste, l’une des plus anciennes d’Asie, qui a selon lui intensifié ses “actions terroristes” visant à renverser le gouvernement.

Il a récemment annulé les prochaines discussions prévues avec les représentants de la Nouvelle armée du peuple (NPA), bras armé du Parti communiste des Philippines, en dénonçant la poursuite de ses opérations armées.

La loi martiale avait initialement été décrétée pour 60 jours mais les parlementaires ont validé en juillet sa prolongation jusqu’à la fin de l’année.

Ce régime d’exception est extrêmement sensible aux Philippines en ce qu’il rappelle les heures sombres de la dictature de Ferdinand Marcos qui l’avait instauré en 1972.

Duterte, qui a réhabilité M. Marcos en le faisant enterrer au cimetière des héros de la Nation, a menacé d’étendre la loi martiale à tout le pays si la menace islamiste s’exportait au-delà de la région de Mindanao. A plusieurs reprises, il a aussi évoqué ce régime d’exception comme remède possible aux nombreux maux de l’archipel.

Les organisations de défense des droits de l’homme, qui dénoncent en outre la sanglante campagne du gouvernement philippin contre les stupéfiants, accusent M. Duterte de mettre en péril la démocratie, trois décennies après la révolution qui avait permis de chasser Marcos du pouvoir.

“Je crois que nous sommes déjà de fait en dictature”, a déclaré à l’AFP le parlementaire de l’opposition Tom Villarin.

L’élu a notamment rappelé la procédure de destitution lancée contre la présidente de la Cour suprême Maria Lourdes Sereno ou encore l’incarcération d’une des principales opposantes, la sénatrice Leïla de Lima, arrêtée en février pour des raisons qualifiées de “politiques” dans une résolution du Parlement européen.

Duterte, 72 ans, n’en demeure pas moins très populaire auprès d’une partie de la population qui pense que les problèmes de l’archipel appellent une politique de fermeté.

[Afp]

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