dimanche , 17 décembre 2017
Accueil / International / Amérique / Jérusalem : Colère inédite contre les Etats-Unis

Jérusalem : Colère inédite contre les Etats-Unis

Benjamin Netanyahu a salué mercredi comme un « jour historique » la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël. Mais les Palestiniens ont signifié que la relation de confiance était rompue, et répété que les Etats-Unis étaient désormais « disqualifiés » de « tout rôle dans un quelconque processus de paix ».

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué mercredi comme un « jour historique » la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël. M. Netanyahu a aussi affirmé que la décision du président américain ne changerait rien en ce qui concerne les lieux saints des trois grandes religions monothéistes à Jérusalem, affirmant l’engagement israélien à maintenir le « statu quo ».

Netanyahu tâchait ainsi de dissiper les inquiétudes, notamment des musulmans, de voir Israël exercer son contrôle sur les lieux saints à la faveur de l’annonce de M. Trump.

Jérusalem abrite des lieux sacrés pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, dont le troisième lieu saint de l’islam, l’esplanade des Mosquées.

« Ceci est un jour historique », a dit M. Netanyahu. Jérusalem « est la capitale du peuple juif depuis 3.000 ans, c’est la capitale d’Israël depuis presque 70 ans ».

« Le peuple juif et l’Etat juif seront à jamais reconnaissants », a-t-il dit dans un enregistrement vidéo diffusé immédiatement après la déclaration de M. Trump.

Cette décision « est un important pas vers la paix », a ajouté le Premier ministre.

Netanyahu a appelé les autres pays à suivre l’exemple des Etats-Unis et à reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et à y transférer leurs ambassades. Aucun pays n’a son ambassade en Israël à Jérusalem.

« Je partage l’engagement du président Trump d’oeuvrer à la paix entre Israël et tous ses voisins, y compris les Palestiniens », a-t-il dit.

« Je veux aussi qu’il soit bien clair: il n’y aura aucun changement d’aucune sorte au statu quo sur les lieux saints », a-t-il assuré. « Israël veillera à toujours faire respecter la liberté de culte des juifs, des chrétiens et des musulmans ».

MAHMOUD ABBAS BOUDE DONALD TRUMP

Le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé mercredi que les Etats-Unis ne pouvaient plus jouer leur rôle historique de médiateur de paix avec les Israéliens, après l’annonce par le président Donald Trump de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

« Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix et proclament qu’ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu’ils ont joué au cours des dernières décennies », a dit M. Abbas à la télévision palestinienne.

Selon lui, l’annonce de M. Trump « ne changera rien à la situation de la ville de Jérusalem, la capitale éternelle de l’Etat de Palestine ».

Les dirigeants palestiniens revendiquent Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël en 1967, comme la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

La communauté internationale n’a jamais reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et considère Jérusalem-Est comme un territoire occupé. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale « éternelle et indivisible ».

Le processus de paix israélo-palestinien est au point mort depuis plus de trois ans et la question de Jérusalem est l’une des principales pierres d’achoppement.

De son côté, le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, a déclaré que M. Trump avait « détruit » la solution dite à deux Etats en annonçant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

« Malheureusement, le président Trump vient tout juste de détruire la perspective de deux Etats », palestinien et israélien, a-t-il dit à des journalistes. M. Trump a aussi « disqualifié les Etats-Unis d’Amérique de tout rôle dans un quelconque processus de paix ».

Dans la bande de Gaza, le mouvement islamiste palestinien Hamas, considéré par Israël et les Etats-Unis comme une organisation « terroriste », a affirmé que la décision de M. Trump ouvrait « les portes de l’enfer pour les intérêts américains dans la région ».

Ismaïl Radouane, un haut responsable du Hamas s’exprimant devant des journalistes, a appelé les pays arabes et musulmans à « couper les liens économiques et politiques » avec les ambassades américaines, et à expulser les ambassadeurs américains.

COLÈRE INÉDITE CONTRE LES ETATS-UNIS

Les dirigeants palestiniens ont laissé éclater mercredi une colère inédite contre les Etats-Unis après la décision du président Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, une proclamation historique et potentiellement explosive saluée avec effusion par les Israéliens.

Trump a confirmé les craintes des pays arabes et d’une grande partie de la communauté internationale, inquiète d’une flambée de violences. Rompant avec ses prédécesseurs et touchant à l’une des questions les plus sensibles de la région, il a annoncé la reconnaissance de Jérusalem, ville sainte pour juifs, chrétiens et musulmans, comme la capitale d’Israël.

Avant même son allocution mercredi, des milliers de Palestiniens furieux avaient marché après la prière vers le monument du soldat inconnu à Gaza, où ils ont brûlé les drapeaux américain et israélien et chanté « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël ».

La municipalité de Bethléem a fait éteindre le sapin de Noël sur la place centrale de cette ville largement chrétienne de Cisjordanie occupée, en forme de protestation, a dit une porte-parole.

Le contraste était saisissant avec la projection, par la municipalité israélienne de Jérusalem, d’une vaste bannière étoilée à côté du drapeau à l’étoile de David sur les murs de la Vieille ville de Jérusalem.

Malgré l’appel à trois « jours de rage » à partir de mercredi, la mobilisation est restée limitée dans les Territoires palestiniens. Jérusalem elle-même, atteinte par le froid et la pluie, n’offrait guère un visage différent des autres jours.

A jamais reconnaissants

Mais un rassemblement était annoncé jeudi à Ramallah, en Cisjordanie. Surtout, chacun avait à l’esprit la grande prière du vendredi sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, occasion de manifestations et de troubles dans les périodes de tensions.

Malgré les mises en garde de toutes parts, les experts s’interrogeaient sur la réactivité de la rue palestinienne. « Nous sommes prêts à toutes les éventualités », a assuré le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman.

Les responsables palestiniens, eux, ont laissé libre cours à leur rancœur, tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu exaltait un « jour historique ».

« Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix et proclament qu’ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu’ils ont joué au cours des dernières décennies », a déclaré le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

La décision de M. Trump « ne change rien à la réalité de Jérusalem… ville palestinienne arabe chrétienne et musulmane », a dit M. Abbas.

Pour M. Netanyahu au contraire, M. Trump reconnaît cette réalité: Jérusalem « est la capitale du peuple juif depuis 3.000 ans, c’est la capitale d’Israël depuis presque 70 ans », et « le peuple juif et l’Etat juif seront à jamais reconnaissants ».

Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est, conquise par la force en 1967 et annexée par Israël mais considérée comme territoire occupé par la communauté internationale, la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

Depuis l’arrivée au pouvoir de M. Trump, ils sont passés de la frustration à l’exaspération. Pour la première fois mercredi, M. Trump s’est ouvertement dit prêt à soutenir une solution dite à deux Etats, la création d’un Etat palestinien coexistant avec Israël.

Disqualifiés!

Mais les Palestiniens ont signifié que la relation de confiance était rompue, et répété que les Etats-Unis étaient désormais « disqualifiés » de « tout rôle dans un quelconque processus de paix ».

L’annonce de M. Trump intervient alors que quelques proches collaborateurs du président américain tentent depuis des mois de ranimer l’entreprise de paix moribonde. Leur effort suscite un scepticisme d’autant plus grand qu’il est entouré du plus grand secret.

C’est « l’arrêt de mort du projet de règlement au Proche-Orient », a réagi dans un communiqué le Jihad islamique, deuxième formation islamiste palestinienne.

La première, le Hamas, considéré comme terroriste par les Etats-Unis et Israël, a prédit que la décision de M. Trump ouvrait « les portes de l’enfer pour les intérêts américains dans la région ».

La droite israélienne, elle, se répandait en expressions de gratitude.

« Merci Trump », a déclaré la ministre de la Justice Ayelet Shaked, « les Palestiniens doivent savoir que les règles du jeu ont changé. Le navire a changé de cap. Je leur conseillerai de ne pas mettre à l’épreuve la tolérance israélienne avec leurs menaces terroristes ».

Netanyahu a appelé les autres pays à suivre l’exemple des Etats-Unis et à transférer leur ambassade à Jérusalem. Il s’est aussi efforcé de dissiper les éventuelles inquiétudes de voir Israël prendre le contrôle des lieux saints de Jérusalem.

« Qu’il soit bien clair: il n’y aura aucun changement d’aucune sorte au statu quo sur les lieux saints », a-t-il assuré. « Israël veillera à toujours faire respecter la liberté de culte des juifs, des chrétiens et des musulmans ».

DONALD TRUMP ISOLÉ

Dans une rupture spectaculaire avec ses prédécesseurs, Donald Trump a reconnu mercredi Jérusalem comme capitale d’Israël, suscitant la colère des Palestiniens et une vague de réprobation bien au-delà du Proche-Orient.

Avec cette décision qui marquera son mandat, le 45e président des Etats-Unis met fin à des décennies d’ambiguïté américaine et tient l’une de ses promesses emblématiques de campagne.

Mais il s’isole sur la scène internationale et prend le risque de saper les timides espoirs de reprise des négociations et de provoquer une poussée de fièvre dans la région.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a dénoncé des choix « déplorables », jugeant que Washington ne pouvait plus jouer son rôle historique de médiateur de paix avec les Israéliens. Le mouvement islamiste palestinien Hamas a de son côté jugé que cette annonce ouvrait « les portes de l’enfer » pour les intérêts américains dans la région.

Les dirigeants palestiniens revendiquent Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël en 1967, comme la capitale de l’Etat auquel ils aspirent. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale « éternelle et indivisible ».

La Jordanie, la Turquie, mais aussi la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Union européenne ont ouvertement regretté la décision de Donald Trump.

« Il est temps d’officiellement reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël », a lancé le président américain lors d’une brève allocution au cours de laquelle il a revendiqué « une nouvelle approche » sur ce dossier épineux.

Réunion à l’ONU

« Les Etats-Unis restent déterminés à aider à faciliter un accord de paix acceptable pour les deux parties », a-t-il martelé, s’efforçant d’adopter une tonalité conciliante après cette décision extrêmement controversée.

« J’ai l’intention de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider à sceller un tel accord », a encore dit, debout devant un portrait de George Washington, l’ancien homme d’affaires de New York qui vante régulièrement ses qualités de négociateur.

Mais la tâche de son gendre et conseiller Jared Kushner, qu’il a chargé de trouver une issue au conflit, s’annonce plus délicate que jamais.

Trump a par ailleurs ordonné de préparer le transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, sans fixer de calendrier pour ce déménagement qui devrait prendre des années.

Le département d’Etat va lancer « immédiatement » les préparatifs tout en renforçant la sécurité pour protéger les Américains au Proche-Orient, a annoncé peu après le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à la tête du gouvernement considéré comme le plus à droite de l’histoire d’Israël, a salué un jour « historique » réaffirmant par ailleurs l’engagement israélien à maintenir le « statu quo » sur les lieux saints à Jérusalem.

A la demande de huit pays, dont l’Egypte, la France et le Royaume-Uni, une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU a été fixée à vendredi matin. Le statut de Jérusalem ne peut être résolu que par une « négociation directe » entre Israéliens et Palestiniens, a martelé le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

La Jordanie, pays gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem, a dénoncé « une violation du droit international » et de la charte des Nations unies. La Turquie a stigmatisé une décision « irresponsable ». L’Iran, bête noire de M. Trump, a jugé que la décision américaine provoquerait une « nouvelle Intifada ».

Inquiétude’ du pape

Le président français Emmanuel Macron a qualifié cette décision de « regrettable » et appelé à éviter à tout prix les violences. « Nous ne sommes pas d’accord avec la décision américaine », a déclaré la Première ministre britannique Theresa May, tandis que l’UE faisait part de sa « sérieuse préoccupation ».

Avant même son discours, des dirigeants du monde entier avaient appelé Donald Trump à peser ses mots et mesurer les conséquences de ses actes, tant Jérusalem est un chaudron diplomatique.

« Je ne peux taire ma profonde inquiétude », a déclaré le pape François qui ne peut qu’accorder un intérêt tout particulier à la ville qui abrite les lieux les plus saints des trois grandes religions monothéistes, y compris le Saint-Sépulcre.

Dans la bande de Gaza, des centaines de Palestiniens en colère ont brûlé des drapeaux américains et israéliens et des portraits de Donald Trump. Un rassemblement est prévu jeudi à Ramallah en Cisjordanie, territoire occupé par l’armée israélienne depuis 50 ans.

Reconnaissant que son annonce était loin de faire l’unanimité, M. Trump a lancé un appel « au calme et à la modération », espérant que « les voix de la tolérance l’emportent sur les pourvoyeurs de haine ».

Pour Richard Haass, président du Council on Foreign Relations, le risque de reconnaître Jérusalem comme capitale n’est en réalité pas de faire dérailler un processus de paix de toute façon moribond. « Le risque est que cela exacerbe les tensions et mène à la violence à un moment où il y a plus qu’assez de tension et de violence dans le monde. »

DÉCISION REGRETTABLE

Le président français Emmanuel Macron a qualifié mercredi de « regrettable » la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem capitale de l’Etat d’Israël et appelé à « éviter à tout prix les violences ».

Lors d’une conférence de presse à Alger, il a souligné « l’attachement de la France et de l’Europe à la solution de deux Etats, Israël et la Palestine vivant côte à côte en paix et en sécurité dans des frontières internationalement reconnues avec Jérusalem comme capitale des deux Etats ».

« Pour l’heure, je lance un appel au calme, à l’apaisement et à la responsabilité de tous », a-t-il ajouté.

« Nous devons éviter à tout prix les violences et privilégier le dialogue. La France est prête avec ses partenaires, à prendre toutes les initiatives utiles en ce sens », a encore affirmé le président.

Emmanuel Macron effectuait mercredi sa première visite officielle en Algérie.

[Afp]

Sur kongoTIMES!

A lire aussi

Création des emplois : La RDC libéralise le secteur des assurances

La libéralisation du secteur des assurances est désormais effective en RDC. La page du monopole …

Laisser un commentaire

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l'utilisation de cookies.

Plus d'information

Les paramètres des cookies sur ce site sont mis à « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience possible de navigation. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou vous cliquez sur « Accepter » ci-dessous , vous consentez à ce sujet.

Fermer