lundi , 18 décembre 2017
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Yémén : SALEH tombe comme KADHAFI

L’ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh est mort dans des circonstances mal éclaircies. Les Houthis ont annoncé sa mort lundi sans la revendiquer. Une information confirmée plus tard par une dirigeante du parti de l’ex-président qui en a fait porter la responsabilité aux insurgés. Une source militaire a indiqué qu’il était tombé dans une embuscade tendue par des Houthis au sud de la capitale, tandis que d’autres informations ont fait état de sa mort à la suite de combats dans sa maison. Des vidéos diffusées par des Houthis ont montré son corps sans vie, les yeux figés et l’arrière de la tête portant une profonde entaille. Son corps inerte dans une couverture fleurie a ensuite été placé à l’arrière d’un pick-up. Une scène qui rappelle la mort de l’ancien dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, exécuté par des insurgés alors qu’il fuyait en 2011 la capitale Tripoli. Depuis les Emirats arabes unis, son fils aîné, Ahmed Ali, a publié une déclaration dans laquelle il affirme que son père était mort dans sa maison « les armes à la main ».

Il était adoré, détesté ou redouté: à l’annonce de la mort d’Ali Abdallah Saleh dans des circonstances violentes, de nombreux Yéménites ont exprimé un même sentiment de choc car ils n’ont jamais connu le pays sans lui.

Personnage central de l’Etat pendant plus de trois décennies, l’ex-président yéménite a été tué lundi par des rebelles Houthis quelques jours après avoir rompu son alliance avec ces insurgés soutenus par l’Iran.

La nouvelle de sa mort a provoqué jubilation, chagrin et peur d’une escalade de la violence dans la capitale Sanaa, où des affrontements entre les Houthis et les partisans de Saleh ont fait 234 morts et 400 blessés depuis vendredi selon le Comité international de la Croix-Rouge.

Des habitants ont commencé à sortir de chez eux mardi, pour la première fois depuis près d’une semaine, alors que les affrontements de rue se calmaient et que les raids aériens dirigés par l’Arabie saoudite sur des cibles Houthis baissaient d’intensité.

Pour certains, c’était la première sortie depuis la mort de Saleh.

« Bien que je haïssais Ali Abdallah Saleh, j’ai pleuré quand j’ai appris que les Houthis l’avaient tué. Cela m’a choqué », a dit Omar Yahya, un pharmacien de 29 ans né et élevé à Sanaa sous le règne de Saleh.

Ce dernier a en effet accédé au pouvoir en tant que dirigeant du Yémen du Nord en 1978 et a été nommé premier président du Yémen unifié en 1990.

Longtemps l’allié de l’Arabie saoudite, Saleh a démissionné à contrecœur en 2012 alors que des protestations de rue réclamant son départ devenaient de plus en plus sanglantes.

Deux ans plus tard, il s’est allié aux Houthis, issus de la minorité zaïdite (une branche du chiisme), très présente dans le nord du Yémen, alors qu’il les avait violemment combattus sous sa présidence.

Cette alliance scellée en septembre 2014 a permis de chasser de la capitale le successeur de Saleh, le président Abd Rabbo Mansour Hadi, reconnu par la communauté internationale et soutenu par l’Arabie saoudite.

Comme un père

L’alliance Saleh/Houthis, mise à l’épreuve par des différends sur l’argent, le partage du pouvoir et la stratégie, a volé en éclats samedi quand l’ex-président a annoncé qu’il était prêt à « tourner la page » avec l’Arabie saoudite, entraînant des accusations de « haute trahison » de la part des rebelles.

Pour beaucoup, l’ex-président –accusé de corruption par l’ONU et de discriminations par des Yéménites du Nord et du Sud– était un symbole d’oppression car ils le jugent responsable de la situation actuelle du pays, en guerre, ravagé par des épidémies et au bord de la famine.

« Grâce à Dieu, tout est stable maintenant et tous les postes des milices (pro-Saleh) sont sous notre contrôle », a déclaré Abou Ali, un combattant Houthi à Sanaa.

« Ne croyez pas les médias », a-t-il ajouté. « Regardez autour de vous. Les habitants se déplacent librement. La peur et l’inquiétude qui existaient dans notre capitale ont disparu (…) ».

Ali Abdallah Saleh « était comme un père pour nous », a dit Oum Mohammed, 45 ans. « Les Houthis l’ont tué, mais il sera vengé ».

Pour une autre femme, Oum Ali, 35 ans, « c’est le peuple du Yémen qui a tué Ali Abdallah Saleh ».

« Il s’est levé pour défendre les droits (des Yéménites) pendant qu’eux restaient assis chez eux », a-t-elle assuré.

Les rebelles Houthis contrôlent Sanaa

Les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, ont renforcé leur emprise mardi sur la capitale yéménite Sanaa au lendemain de l’élimination de leur ancien allié, devenu leur adversaire, l’ex-président Ali Abdallah Saleh.

Selon des sources sécuritaires, les Houthis ont pris le contrôle de tous les sites qui étaient tenus par des partisans de Saleh quelques heures après sa mort lundi.

Ces derniers développements risquent de faire plonger un peu plus dans le chaos le Yémen, ravagé par la guerre depuis plus de deux ans et en proie à la « pire crise humanitaire au monde », selon l’ONU.

Signe de la dimension régionale croissante du conflit, l’Iran a déclaré, par la voix de son président Hassan Rohani, que les Yéménites allaient faire regretter leurs actions aux « agresseurs », dans une allusion à l’Arabie saoudite, le grand rival régional de la République islamique.

De son côté, le gouvernement saoudien a dit espérer voir le Yémen débarrassé « des milices terroristes soutenues par l’Iran ».

A Washington, un haut responsable américain de la défense a estimé que la mort de Saleh n’aiderait pas les parties en conflit à trouver une solution.

La disparition à 75 ans d’Ali Abdallah Saleh, l’ancien homme fort du Yémen, tué lundi par des rebelles Houthis au sud de Sanaa, a ouvert un boulevard aux insurgés qui partageaient jusqu’ici le contrôle de la capitale avec lui, estiment des experts.

D’allié des Houthis, Saleh était devenu leur adversaire la semaine dernière en dénonçant leur volonté de le marginaliser et en tendant la main à l’Arabie saoudite, à la tête d’une coalition qui combats les rebelles depuis 2015.

Les combats entre rebelles ont été particulièrement violents. Mardi, une porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a donné à l’AFP un bilan d’au moins 234 morts et 400 blessés depuis vendredi à Sanaa.

Le parti de Saleh a fait savoir mardi à l’AFP que Tarek Saleh, neveu de l’ex-président et important commandant des forces loyales à ce dernier, avait succombé à des blessures subies lors des combats.

Saboteurs

La capitale yéménite a passé la nuit sous les bombardements et les survols intensifs de l’aviation de la coalition menée par l’Arabie saoudite, ont rapporté des habitants.

Aucune information n’a pu être obtenue sur des victimes éventuelles de ces frappes.

La coalition avait exhorté lundi les civils à se tenir à « plus de 500 mètres » des zones sous contrôle des Houthis, laissant supposer une intensification de ses raids.

Depuis l’annonce de la mort de Saleh, aucun affrontement majeur n’a eu lieu dans Sanaa, hormis quelques escarmouches dans la partie sud de la ville, le fief de ses partisans.

Un haut responsable Houthi, Saleh al-Sammad, avait annoncé tard lundi « la fin des opérations de sécurité et la stabilisation de la situation » à Sanaa.

Il a en même temps confirmé implicitement une campagne de répression contre des proches d’Ali Abdallah Saleh, en déclarant avoir ordonné aux services de sécurité de « prendre des mesures contre les saboteurs et tous ceux qui ont collaboré avec eux ».

Des rumeurs courent sur des arrestations de plusieurs personnalités de l’administration et de l’armée, jugées favorables à l’ancien président. Des informations non confirmées ont fait état d’exécutions.

Autre signe de la confiance affichée par les rebelles, une manifestation réunissant des milliers de personnes a eu lieu mardi après-midi pour célébrer, selon leur chef Abdel Malek Al-Houthi, « l’échec du complot ourdi » par Saleh et une frange de son parti, le Congrès populaire général (CPG).

Tombé comme Kadhafi

L’ancien président, qui a survécu à nombre d’attentats pendant sa longue carrière politique, dont 33 ans au pouvoir, est mort dans des circonstances mal éclaircies.

Les Houthis ont annoncé sa mort lundi sans la revendiquer. Une information confirmée plus tard par une dirigeante du parti de l’ex-président qui en a fait porter la responsabilité aux insurgés.

Une source militaire a indiqué qu’il était tombé dans une embuscade tendue par des Houthis au sud de la capitale, tandis que d’autres informations ont fait état de sa mort à la suite de combats dans sa maison.

Des vidéos diffusées par des Houthis ont montré son corps sans vie, les yeux figés et l’arrière de la tête portant une profonde entaille. Son corps inerte dans une couverture fleurie a ensuite été placé à l’arrière d’un pick-up.

Une scène qui rappelle la mort de l’ancien dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, exécuté par des insurgés alors qu’il fuyait en 2011 la capitale Tripoli.

On ignorait mardi où se trouvait le corps et si Saleh aurait des funérailles.

Depuis les Emirats arabes unis, son fils aîné, Ahmed Ali, a publié une déclaration dans laquelle il affirme que son père était mort dans sa maison « les armes à la main ».

« Je fais le serment (…) qu’au milieu des blessures, nous allons enfourcher le cheval de bataille pour faire face aux ennemis de la nation », a-t-il dit.

[Afp]

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