samedi , 16 décembre 2017
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Mikheïl Saakachvili : le pourfendeur de la corruption des autorités ukrainiennes

Devenu opposant au gouvernement pro-occidental de Kiev après l’avoir soutenu, M. Saakachvili avait fait un retour spectaculaire en Ukraine en septembre, forçant avec l’aide de ses partisans le passage d’un poste-frontière, puis promettant de reprendre son combat contre « la dictature des oligarques » et le « pillage de l’économie ». L’ex-président a été interpellé mardi par les forces de l’ordre, qui avaient mené dans la matinée une perquisition à son domicile à Kiev dans le cadre d’une affaire que l’opposant dénonce comme orchestrée par le président Porochenko. Le fourgon qui l’embarquait a ensuite été bloqué pendant près de trois heures par les partisans de M. Saakachvili qui en sont venus aux mains avec les policiers, chaque camp s’aspergeant mutuellement de gaz lacrymogène. L’ex-président géorgien est ensuite sorti du véhicule et s’est dirigé vers le Parlement en compagnie des manifestants, sans qu’il soit possible de savoir si sa libération était le résultat d’une action de force de ses partisans ou si la police avait cédé face à la foule.

L’ex-président géorgien Mikheïl Saakachvili, devenu opposant au pouvoir ukrainien, a été brièvement interpellé par la police mardi à Kiev avant d’être libéré sous pression de centaines de ses partisans descendus dans la rue pour bloquer le fourgon qui le transportait.

Cette crise illustre la confrontation politique de longue date opposant Mikheïl Saakachvili, qui se présente comme le pourfendeur de la corruption des autorités de Kiev, et le président Petro Porochenko, qui l’a déchu de sa nationalité ukrainienne en juillet.

Devenu opposant au gouvernement pro-occidental de Kiev après l’avoir soutenu, M. Saakachvili avait fait un retour spectaculaire en Ukraine en septembre, forçant avec l’aide de ses partisans le passage d’un poste-frontière, puis promettant de reprendre son combat contre « la dictature des oligarques » et le « pillage de l’économie ».

L’ex-président a été interpellé mardi par les forces de l’ordre, qui avaient mené dans la matinée une perquisition à son domicile à Kiev dans le cadre d’une affaire que l’opposant dénonce comme orchestrée par le président Porochenko.

Le fourgon qui l’embarquait a ensuite été bloqué pendant près de trois heures par les partisans de M. Saakachvili qui en sont venus aux mains avec les policiers, chaque camp s’aspergeant mutuellement de gaz lacrymogène.

L’ex-président géorgien est ensuite sorti du véhicule et s’est dirigé vers le Parlement en compagnie des manifestants, sans qu’il soit possible de savoir si sa libération était le résultat d’une action de force de ses partisans ou si la police avait cédé face à la foule.

Devant le parlement, M. Saakachvili a appelé les Ukrainiens à manifester pour « entamer la destitution de Porochenko ».

Manifestations anticorruption

Selon le parquet général, M. Saakachvili est soupçonné d’avoir voulu « prendre le pouvoir par la force » lors de récentes manifestations anticorruptions, qui seraient financées selon la même source par l’entourage de l’ex-président ukrainien prorusse Viktor Ianoukovitch, déchu en 2014 après le soulèvement pro-européen du Maïdan.

Des proches de M. Saakachvili auraient obtenu à cette fin 500.000 dollars (423.000 euros), a affirmé le procureur général Iouri Loutsenko, ce que M. Saakachvili a aussitôt nié.

Le parquet a annoncé qu’il allait prochainement demander au tribunal l’assignation à résidence de l’opposant.

Dans la matinée, Mikheïl Saakachvili s’était adressé à ses partisans depuis le toit de l’immeuble où était menée la perquisition. « Porochenko est un voleur. Porochenko a trahi le peuple ukrainien. La bande qui a pris le pouvoir en Ukraine devra en répondre », avait-il alors lancé, selon des images de la télévision ukrainienne.

L’ambassade des Etats-Unis à Kiev a appelé sur Twitter « toutes les parties à la désescalade et à éviter la violence ». A Moscou, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a pour sa part indiqué aux journalistes « suivre avec intérêt les événements actuels en Ukraine ».

Le président géorgien Giorgi Margelachvili a de son côté estimé sur Twitter que cette situation relevait d’une « affaire intérieure de l’Ukraine » tout en espérant que la sécurité de son prédécesseur allait être assurée.

De nombreux observateurs ont souligné la faiblesse du pouvoir ukrainien dans son conflit avec M. Saakachvili, qui pourrait renforcer le soutien populaire de l’opposant, jusqu’à présent peu significatif.

« Ce n’est pas Mikho (Saakachvili, ndlr) qui est dangereux mais la situation explosive » en Ukraine où des « problèmes instrumentalisés par Saakachvili existent réellement », estime la sociologue Irina Bekechkina, en citant « la corruption, le vol de millions (de dollars, ndlr), l’impunité des criminels ».

Nommé gouverneur de la région d’Odessa en 2015, M. Saakachvili avait démissionné avec fracas un an et demi plus tard, accusant M. Porochenko de corruption. Après son retour en Ukraine, il avait réuni plusieurs milliers de manifestants à Kiev pour exiger du pouvoir d’en faire plus contre ce mal qui ronge le pays.

L’ex-président géorgien fait parallèlement l’objet d’une demande d’extradition pour « abus de pouvoir » adressée par son pays natal, qui l’avait déjà privé de sa citoyenneté géorgienne après qu’il eut reçu la nationalité ukrainienne, faisant de lui aujourd’hui un apatride.

[Afp]

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