dimanche , 17 décembre 2017
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Décrispation : Libérer les prisonniers dits « politiques » en RDC

Les évêques de l’Eglise Anglicane au Congo invitent le président Joseph Kabila à considérer les points de vue de l’opposition en libérant les prisonniers dits « politiques » en vue de rendre effective la décrispation de l’espace politique congolais. Les prélats anglicans appellent également le président Kabila à respecter la constitution « tel qu’il a toujours dit qu’il en est le garant ».

Les députés de l’opposition membres de la commission Politique, administrative et juridique (PAJ) ont décidé vendredi 1er décembre de suspendre leur participation aux travaux d’examen approfondi, par cette commission, du projet de loi électorale. Ces députés pensent en effet que ce texte est susceptible d’institutionnaliser la fraude électorale, éliminer certains acteurs politiques du processus, comme Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba et Franck Diongo.

Au cours d’un point de presse, le député Toussaint Alonga de la nouvelle dynamique de l’opposition et membre de la commission PAJ, a dénoncé cinq dispositions liberticides contenues dans ce projet de loi. «Premier blocage, c’est l’exclusion de certaines catégorie des Congolais, qui ne pourront plus prendre part aux élections. Quand vous prenez l’article 105, on a élargi les séries de condamnations, alors que la constitution parle seulement de condamnations pour une infraction intentionnelle », a-t-il indiqué.

Un autre problème évoqué concerne la caution de 800 000 francs congolais (516 dollars américains) exigée pour chaque candidat, que M. Alonga estime exorbitant.

Monusco prête à soutenir la Ceni

La Mission de l’ONU pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO) s’est dit prête à accompagner la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) dans le cycle post opérations de révision du fichier électoral. Selon sa porte-parole, Florence Marshall, cet appui sera principalement d’ordre logistique mais aussi d’assistance technique.

« La Monusco aidera la Ceni à déployer le matériel notamment dans les antennes difficiles d’accès », a t-elle signalé précisant qu’elle pourra louer des avions et hélicoptères supplémentaires pour y parvenir.

La Mission de l’Onu a d’ores et déjà transmis un plan de soutien logistique pour appuyer la suite des opérations du processus électoral, à en croire le site de la radio onusienne en RDC, un plan consécutif à une demande de la Ceni.

Mis en garde de l’ONU

Le Conseil de sécurité de l’ONU entérine dans un communiqué publié mardi le nouveau calendrier électoral en République démocratique du Congo (RDC), prévoyant une présidentielle le 23 décembre 2018, en mettant en garde contre tout éventuel nouveau report. « Les membres du Conseil de sécurité prennent note de la publication par la commission électorale nationale et indépendante de RDC du calendrier électoral prévoyant une présidentielle, des législatives et des élections provinciales le 23 décembre 2018 », indique le communiqué.

« Maintenant que le 23 décembre 2018 a été choisi comme date d’élections, les membres du Conseil de sécurité soulignent l’importance capitale de s’assurer que ces scrutins ne soient pas encore repoussés ». Ils sont prêts à agir contre « tous les acteurs congolais dont les actions et déclarations pourraient entraver (…) l’organisation des élections dans les délais », ajoute le texte. « Un cycle électoral crédible et pacifique est crucial pour la paix et la stabilité de la République démocratique du Congo » et le Conseil de sécurité « appelle les autorités congolaises et toutes les institutions concernées à prendre sans retard toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que ce nouveau calendrier soit respecté scrupuleusement ».

Il cite notamment la « publication d’un budget crédible » pour ces élections multiples et « l’adoption de lois électorales » en adéquation avec le calendrier retenu. Il faut que les scrutins « soient organisés dans la transparence et de manière inclusive » pour permettre « un transfert pacifique du pouvoir », réclame aussi l’ONU.

Au pouvoir depuis 2001, le deuxième et dernier mandat présidentiel de Joseph Kabila a pris fin le 20 décembre 2016 selon la Constitution qui l’empêche de briguer un troisième mandat mais lui permet de rester en poste jusqu’à l’installation d’un successeur élu. La date du 23 décembre 2018 avait été annoncée début novembre après l’exigence par les Etats-Unis d’un scrutin l’année prochaine. La prise de position du Conseil de sécurité est conforme à l’acceptation par Washington du dernier calendrier annoncé. En vertu d’un accord politique entre le gouvernement et l’opposition, une présidentielle aurait dû être organisée avant fin 2017. Mais les autorités avaient avancé des problèmes matériels pour justifier leur impossibilité de tenir cette échéance. La RDC accueille la plus pléthorique et la plus onéreuse des missions de paix de l’ONU (plus d’un milliard de dollars par an pour quelque 18.000 personnes).

Libérer les prisonniers dits « politiques »

Les évêques de l’Eglise Anglicane au Congo demandent au président Joseph Kabila de s’impliquer dans la décrispation de l’espace politique en RDC. Dans une déclaration faite à l’issue de leur Synode national organisé à Aru (Ituri) du 22 au 26 novembre, ces évêques qui se sont également penchés sur la situation politique du pays, invitent l’actuel chef de l’état congolais à considérer les points de vue de l’opposition en libérant les prisonniers dits « politiques » en vue de rendre effective la décrispation de l’espace politique congolais.

Les prélats anglicans appellent également le président Kabila à respecter la constitution « tel qu’il a toujours dit qu’il en est le garant ». Ils appellent également à la tenue des élections dans le délai et au respecter du calendrier électoral publié par la CENI. «Les évêques ont demandé à la CENI de respecter le calendrier déjà publié. Que le Président de la République fasse tout pour que ce calendrier soit respecté. Nous demandons aussi l’appui de la communauté internationale en respectant surtout les engagements signés dans les différents accords», a plaidé le Chef de l’Eglise anglicane en RDC, Monseigneur Zacharie Masimango.

A l’en croire, l’accord du 31 décembre reste pour les évêques anglicans « une bonne feuille de route pour la légitimité des institutions en RDC ». Les pères de l’église anglicane en RDC se sont par ailleurs dits «interpellés par la crise politique, la pauvreté et la souffrance qui accablent presque tous les Congolais et les massacres des populations innocentes».

MESSAGE DU COMITÉ LAÏC DE COORDINATION AU PEUPLE CONGOLAIS

« Peuple Congolais: Prenons notre destin en mains »

Le Congo, notre beau pays va mal. Notre rêve de bâtir au cœur de l’Afrique une démocratie respectueuse des hommes et femmes de ce pays est devenu un cauchemar.

Les conditions de vie de nos populations sont plus que précaires alors qu’une minorité de citoyens continue à s’enrichir de manière insolente et avec arrogance. Le seuil du tolérable est dépassé. Le peuple est désemparé. Les restrictions du droit à la liberté d’expression, l’interdiction des manifestations publiques pacifiques, les répressions des mouvements de contestation politique et de défense des droits de l’homme sont plus qu’insupportables. Plus grave, à l’approche des élections tant attendues par notre peuple, plusieurs leaders de l’opposition croupissent en prison ou sont condamnés à l’exil.

Mais tout notre peuple refuse que, chaque jour et sans raison valable, notre espérance de construire un Congo plus beau qu’avant nous soit confisquée. Notre peuple refuse que le Congo, notre pays, devienne la propriété privée de quelques privilégiés.

Aujourd’hui, comme hier, lors de la marche du 16 février 1992, et répondant à l’appel des évêques du 23 juin 2017 solennellement répété le 24 novembre de la même année, les laïcs chrétiens réunis au sein du Comité Laïc de Coordination affirment leur ferme volonté de soutenir le processus de mise en œuvre de l’Accord de la Saint Sylvestre.

Dans cette perspective, d’ici le 15 décembre 2017, le Comité Laïc de Coordination exige outre une déclaration publique du Président de la République qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession, la mise en application effective de toutes les mesures de décrispation de l’Accord de la Saint Sylvestre, notamment:

(i) la libération, sans conditions, de tous les prisonniers politiques;

(ii) la fin de l’exil des opposants menacés d’arrestation à leur retour au pays;

(iii) la fin du dédoublement des partis politiques;

(iv) la libéralisation des espaces médiatiques et particulièrement de la RTNC ;

(v) la réouverture des médias injustement fermés;

(vi) la restructuration de la CENI afin de recréer la confiance entre l’électorat et l’institution organisatrice des élections;

(vii) l’utilisation du calendrier récemment proposé par la CENI comme outil de travail pour l’élaboration d’un calendrier consensuel.

Le Comité Laïc de Coordination invite les chrétiens et les hommes de bonne volonté à rester attentifs au développement des évènements d’ici le 31 décembre 2017.

Fait à Kinshasa, le 02 décembre 2017

Le Comité Laïc de Coordination

[avec Radio Okapi, Kinshasatimes.cd, Afp]

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