dimanche , 17 décembre 2017
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Succession de « KABILA » : Le plan POUTINE est en marche en RDC

La MP n’attend plus que l’adoption et la promulgation de la loi électorale révisée pour actionner la grande machine. Mais, le plus dur est à venir. Car, à ce jour, aucune unanimité ne s’est encore dégagée autour du dauphin, c’est-à-dire celui qui portera les couleurs de la MP à la présidentielle de décembre 2018. Des noms circulent déjà. Toutefois, aucun d’entre eux n’a encore reçu la bénédiction du président Kabila. Coincé par la communauté internationale, la MP s’implique finalement dans la logique des élections. Elle n’y va pas démunie. Elle a entre ses mains un plan qui, à terme, devrait garantir une place dorée à son autorité morale au-delà de 2018. Kabila, Premier ministre, ne relève plus de l’utopie. Vladimir Poutine l’a fait en Russie. En RDC, le président Kabila est tenté par l’expérience.

Convaincu de l’impossibilité d’accorder un troisième mandat à son autorité morale, le chef de l’État Joseph Kabila, la Majorité présidentielle (MP) a activé son plan B. Il se présente en deux phases. La première consiste à faire passer le projet de révision de la loi électorale, avant d’enclencher la deuxième où sera connu le dauphin, c’est-à-dire la personne qui portera la voix de la MP, plus précisément du PPRD, à la présidentielle du 23 décembre 2018. Un scenario à la Poutine qui n’exclut pas l’hypothèse de voir Joseph Kabila revêtir, en janvier 2019, l’étoffe de Premier ministre. Au sein de la MP, les calculs sont désormais faits dans ce sens.

Après avoir tenté en vain d’obtenir un troisième mandat présidentiel pour son autorité morale, la Majorité présidentielle travaille sur un autre schéma. Tous les autres ayant montré leur limite, notamment la révision de la Constitution pour faire sauter les verrous de l’article 220 et le référendum constitutionnel, la MP est revenu sur le scenario imaginé en 2015 par les partis du G7, avant qu’ils ne soient bannis de la MP. On se rappelle qu’à l’époque, les sept membres de la MP, qui rejoindront par la suite l’Opposition, avaient, dans une lettre adressée au président Kabila, soulevé l’option de travailler sur un plan B au cas où la MP ne serait pas en mesure de garantir un 3ème mandat à Joseph Kabila.

En misant sur cette hypothèse, les sept partis avaient essuyé des attaques virulentes des caciques de la MP. Accusés d’offense à l’autorité morale de la MP, ils ont fini par être excommunié des rangs de la MP. « Chassez le naturel, il revient au galop », renseigne un vieil adage. Deux ans après, la MP semble avoir pris la mesure de la situation. Dans ses rangs, on n’écarte plus l’hypothèse d’un dauphin à Joseph Kabila, c’est-à-dire la personne qui devra porter la voix de la MP à la prochaine présidentielle.

Or, il y a deux ans, évoquer cette hypothèse dans les couloirs de la MP valait pour son auteur une fatwa et une exclusion en règle. Décidément, les faits politiques ont fini par ramener la MP sur terre. Le dauphin est pris au sérieux dans cette famille politique, plus particulièrement au sein du PPRD, le parti présidentiel. Si le sujet fait l’objet de grandes tractations dans la famille politique du chef de l’État, la MP cherche plutôt à tout verrouiller pour s’assurer, après les élections de décembre 2018, une majorité confortable en vue de finaliser son projet, c’est-à-dire prendre le contrôle de tout l’appareil de l’État.

Nangaa à la manœuvre

Évidemment, pour atteindre son objectif, la MP mise sur Corneille Nangaa, président de la Céni (Commission électorale nationale indépendante). Entre Nangaa et la MP, il y a une complicité qui passe pour une lapalissade. Bien qu’issu de la Société civile, le président de la Céni entretient des rapports très étroits avec la haute sphère de la MP. Il passe donc pour le bras d’exécution de la stratégie politique de la MP. Sa présence, jeudi dernier au Kempinski Fleuve Congo Hôtel, dans une réunion stratégique de la MP ne fait que renforcer la thèse.

En réalité, Corneille Nangaa a été chargé d’une mission. Il s’agit de retarder davantage le chronogramme électoral, en attendant que la MP trouve la parfaite combinaison pour garantir un avenir politique à son autorité morale, le président Joseph Kabila. Le retard pris dans la mise en œuvre du processus électoral tiendrait donc d’une logique savamment mijotée au sein de la MP, dont l’exécution a été confiée à la Céni.

Pour le moment, tout se joue autour du calendrier électoral, rendu public le 5 novembre 2017 par la Céni. La MP s’y prépare activement. Et comme toujours, c’est autour de la Céni que la famille politique du chef de l’État a bâti toute sa stratégie politique. On en a eu la preuve avec le projet controversé de la loi électorale révisée, jugée « recevable », hier mardi, à l’Assemblée nationale.

En vérité, en vérité, le PPRD a minutieusement préparé la manœuvre. Le seuil de représentativité de 3% pour prétendre à un siège, combiné au principe d’apparentement des partis politiques et la fixation d’une caution de 800.000 Fc par siège aux législatives sont autant de verrous que la MP a mis en place pour s’assurer une majorité confortable aux prochaines législatives nationales.

En effet, le PPRD, qui jouit d’une forte représentativité au niveau national, ne se sent pas en danger par rapport au seuil de 3% fixé dans le projet de loi électorale révisée. L’hypothèse d’un 3ème mandat du président Kabila étant difficilement réalisable, la MP, pour être précis, le PPRD, s’est rangée dans la logique d’un dauphin. Même si le scenario devient de plus en plus plausible au sein de la MP, on cherche cependant à donner un rôle à Joseph Kabila après les élections de décembre 2018. C’est à ce niveau que surgit le scenario qu’affectionne le président russe Vladimir Poutine.

C’est dire qu’en janvier 2019, juste après la prestation de serment du nouveau président élu, la MP envisage, fort de la majorité écrasante qu’elle compte disposer à l’Assemblée nationale, attribuer le poste de Premier ministre à Joseph Kabila. Ainsi le sort sera scellé sans pour autant énerver la Constitution.

Pérenniser le règne DU PPRD

La MP s’affaire donc à pérenniser le règne de son autorité morale et, par ricochet, du parti présidentiel, le PPRD. Si le projet de la loi électorale révisée passe en l’état – ce qui est probable, le projet ayant été transmis mardi à la commission PAJ de l’Assemblée nationale – la MP est rassurée de se taper au moins 80% de sièges à la prochaine chambre basse du Parlement. C’est la face cachée de la révision d’une loi électorale qui fait la part belle au PPRD.

Dans une nouvelle configuration institutionnelle, le PPRD a la garantie d’avoir les mains libres pour proposer son candidat Premier ministre, sans recourir à une quelconque alliance. Et face à un dauphin, désigné d’autorité par le président sortant Joseph Kabila, le PPRD prévoit
de proposer son autorité morale au poste de Premier ministre, en arrosant trop de pouvoirs à ce dernier. Le tour est vite joué. Ainsi, quoi que Premier ministre, Joseph Kabila pourrait continuer à régenter la marche de l’État, avec en face un président de la République qui ne serait réduit qu’à un rôle protocolaire.

Dos au mur, la MP n’a pas dit son dernier mot. Elle se sert encore de l’influence qu’elle exerce sur les institutions publiques, essentiellement le Parlement et la Céni, pour tenter son dernier coup.
Le scenario à la poutine est en marche.

La bataille du dauphinat

La MP n’attend plus que l’adoption et la promulgation de la loi électorale révisée pour actionner la grande machine. Mais, le plus dur est à venir. Car, à ce jour, aucune unanimité ne s’est encore dégagée autour du dauphin, c’est-à-dire celui qui portera les couleurs de la MP à la présidentielle de décembre 2018.

Des noms circulent déjà. Toutefois, aucun d’entre eux n’a encore reçu la bénédiction du président Kabila. Coincé par la communauté internationale, la MP s’implique finalement dans la logique des élections. Elle n’y va pas démunie. Elle a entre ses mains un plan qui, à terme, devrait garantir une place dorée à son autorité morale au-delà de 2018. Kabila, Premier ministre, ne relève plus de l’utopie. Vladimir Poutine l’a fait en Russie. En RDC, le président Kabila est tenté par l’expérience.

[Le Potentiel]

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