samedi , 16 décembre 2017
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Côte d’Ivoire : Sommet UA-UE sans « Joseph KABILA »

La plupart de chefs d’État africains se sont donc rendus à Abidjan pour discuter de vive voix avec les leaders européens. Sauf la RDC qui s’est fait représenter par le chef de sa diplomatie, qui a encore embouché sa rhétorique pour réclamer la levée des sanctions que Bruxelles a infligées contre quelques responsables congolais coupables de violation des droits de l’homme ou de persécution de la démocratie. C’est d’autant curieux que le ministre des Affaires étrangères de la RDC ne trouve aucune gêne de plaider pour la levée de ces sanctions alors que les mêmes causes qui ont conduit à la prise de ces sanctions perdurent et ont même tendance à s’amplifier dans le pays. Kinshasa reste un mauvais élève de la démocratie et du respect des droits humains.

Une fois de plus, la République démocratique du Congo a brillé par son absence en Côte d’Ivoire où des pays africains se sont concertés avec l’Union européenne pour bâtir un nouveau partenariat.

La plupart de chefs d’État africains se sont donc rendus à Abidjan pour discuter de vive voix avec les leaders européens. Sauf la RDC qui s’est fait représenter par le chef de sa diplomatie. Le chef de l’État a préféré rester au pays pour suivre l’évolution politique qui va de mal en pis.

Ainsi va le Congo de Lumumba dont le peuple se bat bec et ongles pour retrouver sa dignité perdue. Simplement du fait de la volonté délibérée de ses dirigeants qui ont décidé de lui priver de son droit le plus légitime, c’est-à-dire celui de se choisir librement ses dirigeants.

En décembre 2016, on lui a privé des élections. Dans les prochains mois, on tente par divers stratagèmes conçus dans les hauts rangs de la Majorité au pouvoir de lui voler sa démocratie.

Le pays va mal. C’est le moins que l’on puisse dire. Le peuple congolais, désemparé et brimé par toutes les voies, implore la providence pour lui venir en aide.

Dans leur dernier message à la nation, les évêques membres de la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo) ont lancé leur cri de cœur : « Le peuple congolais crie sa souffrance ». Jusques à quand le monde restera-t-il sourd et insensible au cri du peuple congolais ?

Certes, la Céni a publié un calendrier électoral qui prévoit la tenue des élections, le 23 décembre 2018. C’est tout aussi vrai que l’Assemblée nationale a jugé « recevable » les innovations apportées dans le projet de la révision de la loi électorale. Mais, dans le fond, le problème du pays n’a pas été résolu. Il reste entier.

KINSHASA PLAIDE POUR LA LEVÉE DES SANCTIONS DE L’UNION EUROPÉENNE

C’est au sommet UA-UE que le ministre des Affaires étrangères de la RDC a encore embouché sa rhétorique pour réclamer la levée des sanctions que Bruxelles a infligées contre quelques responsables congolais coupables de violation des droits de l’homme ou de persécution de la démocratie. C’est d’autant curieux que le ministre des Affaires étrangères de la RDC ne trouve aucune gêne de plaider pour la levée de ces sanctions alors que les mêmes causes qui ont conduit à la prise de ces sanctions perdurent et ont même tendance à s’amplifier dans le pays. Kinshasa reste un mauvais élève de la démocratie et du respect des droits humains.

C’est vraisemblablement pour une cause perdue que le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la RDC, Léonard She Okitundu, est en train de courir. Il ne cesse de plaider pour la levée des sanctions que l’Union européenne a infligées contre des autorités civiles et militaires congolaises coupables soit de la persécution de la démocratie soit de violation massive des droits de l’homme dans le pays.

En effet, Léonard She Okitundu, a interpellé l’Union européenne (UE) et a plaidé pour la levée des sanctions contre des officiels de la RDC, lors de la réunion conjointe des ministres des Affaires étrangères de l’UE et de l’Union africaine (UA), mardi à Abidjan, en Côte d’Ivoire, rapporte ACP. Léonard She Okitundu a indiqué que l’Union africaine et l’Union européenne sont liées par une relation de partenariat, en particulier par l’Accord de Cotonou, précisant que ce partenariat stratégique et d’amitié implique, entre autres, l’égalité entre partenaires et les consultations régulières à travers un dialogue permanent, dans le respect mutuel.

« Or, depuis un certain temps, l’UE, à travers son conseil des ministres, s’est cru autoriser à infliger des sanctions à certaines hautes personnalités, souvent membres importants des gouvernements africains », a-t-il déploré. Pour le chef de la diplomatie congolaise, des sanctions sont tout simplement inacceptables, d’une part, parce qu’elles violent les principes qui président à notre partenariat, d’autre part, parce qu’elles sont sinon inopportunes en tous les cas contre-productrices.

Kinshasa doit d’abord s’amender

Poursuivant son argumentaire, le ministre des Affaires étrangères a noté que le président en exercice de l’UA ainsi que le président de la Commission Paix et sécurité de l’UA ont eu à réitérer, à bon droit, cette condamnation.

« Au moment où nos collègues européens, auteurs de ces sanctions sont ici présents, c’est le lieu par excellence d’interpeller la haute représentante et vice-présidente de cette pratique des sanctions ciblées querellées à l’encontre des partenaires africains », a déclaré Léonard She Okitundu.

Et de poursuivre, comme s’il parlait au nom des pays africains, si l’UE tient à un véritable partenariat d’amitié avec l’UA, il lui appartient de lever les sanctions en cours et d’y renoncer à l’avenir en privilégiant les consultations régulières et le dialogue. Pour Léonard She Okitundu, les éventuelles sanctions doivent être considérées à la rigueur comme un ultima ratio, indiquant qu’à défaut, « notre partenariat » perdrait toute sa crédibilité au point d’être considéré en définitive comme un véritable marché des dupes. Auquel cas, « nous entrerions dans un engrenage où les sanctions appelleraient ipso facto des mesures de rétorsion correspondantes », a-t-il prévenu.

C’est étonnant qu’un ministre de la RDC déroule un tel argumentaire pour défendre l’indéfendable. Depuis les sanctions que l’Union européenne a infligées aux autorités congolaises, Kinshasa n’a jamais daigné s’amender outre mesure. Les violations massives des droits de l’homme continuent, notamment contre les acteurs de la société civile et de l’opposition. Tout aussi, le processus électoral en cours en RDC reste biaisé d’autant que certains adversaires politiques continuent de croupir dans les prisons pendant que d’autres sont déclarées persona non grata dans leur propre pays.

Kinshasa devrait d’abord faire amende honorable avant de réclamer la levée des sanctions aussi bien de l’UE que des USA. Alors que les droits et libertés des citoyens continuent d’être bafoués en RDC, il est déplacé que les autorités congolaises demandent à des partenaires la levée des sanctions d’autant que la démocratie et le respect des droits de l’homme font partie des clauses des relations de coopération entre les États africains et l’Union européenne.

[avec Le Potentiel]

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