dimanche , 17 décembre 2017
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30 novembre : Plusieurs opposants au régime « KABILA » arrêtés et agressés

Kinshasa a tourné au ralenti jeudi 30 novembre 2017. Déjà, en début de matinée, la bouillante capitale de la RD Congo ressemblait à bien des endroits quelque peu à une ville fantome. Ecoles et magasins fermés. Transport en commun timide. Les prinicpales artères de la capitale quasi désertes, si bien qu’on pouvait partir d’un coin de la ville à un autre en si peu de temps. Pas d’embouteillages. Ce tableau résume la rançon d’une marche pacifique de l’Opposition, mais qui s’est muée en une Journée ville morte.

L’appel de l’Opposition jeudi 30 novembre 2017, à une marche pacificique dans les princiapes villes de la RD Congo a été diversément apprécié. Si ailleurs, cette invitation a reçu un écho favorable ou presque, en tout cas à Kinshasa, capitale du pays, la même manif anti-Kabila n’a pas eu lieu. En lieu et place d’une marche pacifique, les Kinois ont plutôt observé une nette paralysie de leur métropole. Qui pis est, quelques échauffourées (de trop ?) entre des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) et des sympathisants de l’Opposition, ont été enregistrées à certains endroits de la ville.

De l’avis de plusieurs analystes, la paralysie hier de la ville de Kinshasa n’a pas été sans raisons. Elle s’est expliquée par le réflexe conditionné aussi bien des parents, des magasiniers que des opérateurs économiques tant formels qu’informels. Instruits par l’expérience. Nombreux sont des parents qui, au  » jour J  » d’une manif annoncée de l’Opposition, n’entendent pas envoyer leurs enfants à l’école par peur de violence. De même pour des propriétaires de magasins qui, redoutant d’éventuels dérapages, refusent délibérément d’ouvrir les portes de leurs échoppes pour se mettre à l’abri des pillages. Les automobilistes privés, eux aussi, ne sont pas non plus dupes. Nombreux parmi eux ayant perdu leurs engins lors des manifs similaires, n’ont pas voulu mettre leurs véhicules sur le trafic, de peur de les voir caillasser. C’est donc ce à quoi, la population de Kinshasa a assisté au courant de la journée d’hier jeudi.

L’ABC DE LA DEMOCRATIE

Que l’Opposition organise des manifestations populaires à Kinshasa ou à n’importe quel coin du vaste territoire national, celà procède de l’exercice même de la démocratie, tant il s’agit des droits garantis par la Constitution. Que l’autorité compétente soit amenée à interdire une manifestation populaire de l’Opposition, cela pose quand même problème parce que les libertés publiques, cela s’entend le droit des manifs, comme moyens d’expression, sont garantis par la constitution du 18 février 2006. Selon l’esprit et la lettre de cette loi suprême du pays qui institue un régime d’information, les manifestations ne doivent pas être interdites. On les encadre plutôt.

Cependant, l’expérience bien de chez nous renseigne qu’assez sovent, sinon toujours, les manifs de l’Opposition dégénèrent. Les exemples à ce propos sont légion. Les Kinois se rappellent les échauffourées du 19 septembre, survenues lors d’un meeting annulé de l’Opposition.
A ces émeutes qui avaient occasionné des morts, s’ajouent celles du 26 mai 2016 et du 19 janvier 2015. Cet échantillon est loin d’être complet. Dès lors que des manifs populaires, par essence des moyens d’expression démocratique des libertés fondamentatales des citoyens se transforment en des scènes d’attaques frontales entre les Policiers et l’Opposition, il se pose alors un vrai problème de conception même de cette démocratie.

A en croire bien des observateurs, les leaders politiques qui pronent la démocratie à longueur de journée, doivent la pratiquer effectivement. Lorsqu’on invite la population à descendre dans la rue, les organisateurs de la mnif ont le devoir d’expliquer l’itinéraire à suivre, en plus d’insister le civisme qui doit caractériser ladite manifestation, du départ jusq’au point de chute. En plus, dans un environnement politique bi-polaire comme celui de la RD Congo, où l’on trouve d’un côté, la Majorité présidentielle et de l’autre, l’Opposition, il est tout à fait naturel qu’une manif organisée par l’un ou l’autre camp ne puisse concerner que les sympathisants respectifs.

En d’autres termes, lors que par exemple, le Rassemblment organise une procession pour revendiquer une cause, on ne voit pas pour quelle raison les adeptes de la majorité présietielle les accompagenraient dans sa démarche. De même pour la coalition politique au pouvoir. On ne verrait pas des militants de l’Oppositiion marcher aux côtés de ceux de la MP. Moralité, de la même manière que ceux qui ne se sentent pas concernés par la manif d’un camp, acceptent ceux qui sont intéressés de s’exprimer, de la même manière aussi que les manifestants ont le devori de reconnaitre aux non-adhérents, le droit légitime de vaquer en toute quiétude à leurs occupations habituelles. Cela particpe ni plus ni moins de l’exercice de la démocratie. Le Rassemblement, tout comme la Majorité présietielle sont des pateformes politiques. Et, par essence, des faits privés. A ce titre, ni l’un ni l’autre n’a le pouvoir d’inviter les enfants à sécher l’école. Ce qui donnerait à croire que les Congolais seraient en passe de revivre autrement le MPR parti -Etat de triste mémoire.

LEADERS DE L’OPPOSITION INTERPELLÉS

Au nombre de leaders de l’Opposition interpellés hier, figurent Jean-Marc Kabund, Martin Fayulu, Jean-Bertrand Ewanga et Augustin Kibassa. Ces opposants ont été conduits hier au commissariat de Police de l’Echangeur de Limete alors qu’ils s’apprêtaient à marcher. Ces têtes d’affiche de l’Opposition ont été libérées par la suite.

Pour la Police, la marche ayant été interdite par l’autorité compétente, il n’était nullement question de voir qui que ce soit enfreindre cette décision. Outre ces opposants connus sur la place de Kinshasa, d’autres militants anonymes surpris sur le pavé ont fait le frais de cette mesure d’interdiction. Même chose dans certaines autres villes du pays où des interpellations ont été constatées.

Pour rappel, le Gouverneur de la Ville de Kinshasa avait opposé une fin de non recevoir à la démarche de l’Opposition représentée par le président de l’ECIDE, Martin Fayulu qui, au nom du RASSOP, informait l’autorité urbaine de la marche du 30 novembre. Une manifestation que l’Opposition entendait organiser pour protester contre le calendrier électoral et exiger une transition sans l’actuel chef de l’Etat.

ÉTUDIANTS DE L’UNIKIN

Une foule importante d’étudiants venus de l’UNIKIN scandant des slogans hostiles au pouvoir, descend vers le Triangle du Campus. Ils sont mains nues. L’ambiance qui ressemblait au départ à une ville morte prend de l’animation. Ils brûlent des pneus. En quelques instants, la route est barricadée. Les passants ne sont cependant pas touchés.

Certains habitants des quartiers environnants sont venus prêter main forte aux étudiants qu’ils acclamaient au moindre geste. C’est au niveau du Centre neuro-psychopathologique (CNPP) que les éléments de la Police bloquent les manifestants. Empêché d’avancer, un groupe réussit à traverser la vallée de la Funa pour atteindre l’avenue By Pass. Là ils menaçaient les véhicules qui passaient.

Du côté de l’avenue des Cliniques universitaires, des étudiants et des éléments de la Police se regardent en chiens de faïence. Alliant menaces et conseils, des éléments de la Police sont arrivés à dissuader les manifestants à ne plus avancer. Vociférant dans un lieu bien circonscrit, des étudiants ont décidé de s’asseoir à même le pavé.

Avec professionnalisme, des éléments de la Police nationale les ont éconduits un peu plus en amont vers le Campus aux environs de 10 heures.

Pour ces manifestants, ils devaient marcher jusqu’à atteindre le Boulevard Triomphal.

PLUSIEURS PERSONNES ARRÊTÉES

au moins 186 personnes ont été arrêtées, 18 blessées et une tuée en rdc le 30 novembre 2017 en marge des manifestations programmées par l’opposition et les mouvements citoyens. ce bilan (provisoire) a été donné par le bureau conjoint des nations unies aux droits de l’homme (bcnudh). le cas de mort a été recensé à butembo par la même source.

pour sa part, l’association congolaise pour l’accès à la justice (acaj) a dressé un bilan de 235 personnes arrêtées et 78 blessées. à ce jour, rapporte acaj, 82 personnes ont été libérées.

DES JOURNALISTES TABASSÉS

La corporation des journalistes de Beni (au Nord-Kivu) condamne l’arrestation et l’agression des journalistes par des militaires des FARDC lors de la marche initiée jeudi 30 novembre dans cette ville par le mouvement citoyen LUCHA et le Rassemblement de l’opposition. Deux journalistes ont été arrêtés, passés à tabac puis relâchés quelques heures après.

Le président de l’Amicale des Journalistes de Beni, Nicaise Kibel Bel, estime que ces violences physiques infligées aux journalistes constituent une atteinte aux droits de l’homme et à la liberté de la presse. «Le journaliste, quand il couvre une manifestation, il est dans l’exercice de sa profession. Les agents de l’ordre devraient tenir compte de cela », a déclaré M. Kibel. Selon lui, les journalistes ne doivent pas être confondus aux manifestants, dans la mesure où « ils portent des badges, des éléments symboliques de l’exercice de la profession de journaliste».

[avec Grevisse KABREL, FDA, Zéphy Vula, ForumDesAs, Radio Okapi, actualite.cd]

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