lundi , 18 décembre 2017
Accueil / Élections / Décrispation politique : Olenghankoy lance un défi au président de RDC
Opposants de "Joseph KABILA"
Opposants de "Joseph KABILA"

Décrispation politique : Olenghankoy lance un défi au président de RDC

Coopté comme président du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral, Joseph Olenghankoy cherche par tous les moyens à donner un contenu à ses fonctions. Il a donné un contenu à la décrispation politique par la levée des poursuites judiciaires contre Moïse Katumbi et la libération de certains prisonniers politiques. Il se bat aussi pour la fin du dédoublement des partis. Sa démarche sonne comme un défi lancé au président Joseph Kabila.

Président du CNSA, Joseph Olenghankoy se positionne désormais en démineur de la voie qui mène aux élections. Il a donné un contenu à la décrispation politique par la levée des poursuites judiciaires contre Moïse Katumbi et la libération de certains prisonniers politiques. Il se bat aussi pour la fin du dédoublement des partis. Sa démarche sonne comme un défi lancé au président Joseph Kabila qui devrait par ce fait convaincre tout le monde quant à son implication dans la tenue effective d’élections.

Coopté comme président du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral, Joseph Olenghankoy cherche par tous les moyens à donner un contenu à ses fonctions. Ce qui est tout à fait normal, au regard du rôle dévolu au président du CNSA dans l’accord politique du 31 décembre 2017.

Mardi dernier, les membres du CNSA se sont retrouvés en plénière pour débattre de certains dossiers sensibles, dont la décrispation politique et la libération des prisonniers gardés en détention pour des raisons purement politiques. Dans la déclaration lue à l’issue de cette réunion, la plénière du CNSA a salué « quelques avancées en ce qui concerne la libération des prisonniers politiques », tout en regrettant qu’ « il reste encore d’autres en détention ».

Très préoccupée par ce dossier, la plénière du CNSA a levé l’option de constituer une mission pour obtenir auprès du ministre d’Etat chargé de la Justice et Garde des sceaux l’accélération de la libération effective des prisonniers encore en détention. Les personnes visées par le CNSA sont notamment Moïse Katumbi, condamné à l’exil du fait d’un jugement du tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo rendu en son absence et assorti de beaucoup d’irrégularités , ainsi que Franck Diongo, Jean-Claude Muyambo et Eugène Diomi Ndongala.

Par ailleurs, la plénière du CNSA s’est également penchée sur les manifestations publiques, réaffirmant à ce propos la nécessité pour le gouvernement de se conformer à la Constitution et les lois de la République qui garantissent la liberté de mouvement. A ce sujet, le CNSA a invité, en vertu d’une disposition de l’accord du 31 décembre 2016, tous les acteurs politiques à « préserver la paix dans cette période préélectorale ».

Le nouveau challenge

On se rend bien compte que le président du CNSA cherche à donner un contenu à sa mission. Malheureusement, il se trouve limité dans son action. Rien que dans le chapitre de la décrispation politique, les bonnes intentions de Joseph Olenghankoy ne suffisent pas. Pour atteindre son objectif, le président du CNSA doit au préalable avoir d’un côté, l’entière collaboration du ministre de la Justice, et de l’autre, recevoir le quitus du président de la République. A première vue, la tâche ne parait pas facile.

Néanmoins, le CNSA a fait un pas. A dire vrai, Joseph Olenghankoy cherche à se dédouaner, après avoir faussé compagnie à ses amis du Rassop issu de Genval. Il s’est fixé un cap, à savoir réussir sa mission en posant des gestes qui vont réellement dans le sens de la décrispation. Or, dans ce registre, l’opinion est lasse de promesses généralement non tenues. Elle attend donc voir le CNSA passer à l’acte en déverrouillant les cas des figures emblématiques de l’Opposition, dont Moïse Katumbi Chapwe.

Le retour en toute liberté de ce candidat déclaré à la prochaine présidentielle serait donc un pas de géant franchi dans le sens de la décrispation mais également de l’apaisement qui doit sous-tendre le processus électoral.  Olenghankoy doit prouver de quoi il est capable. Mais, comment y arrivera-t-il ? Nombre d’analystes estiment que le geste posé mardi dernier par le CNSA n’est pas anodin. Il tient d’un calcul politique minutieusement préparé.

Deux hypothèses sont possibles. D’un côté, Joseph Olenghankoy, qui est sorti grandement fragilisé de son bras de fer avec le Rassemblement, veut se donner une nouvelle identité pour ne pas sacrifier sa carrière politique. S’il réussit le coup de la décrispation politique, ça sera inscrit à son actif. Un trophée qu’il pourrait opposer à tous ses détracteurs. En même temps, le président du CNSA met le chef de l’Etat, Joseph Kabila, à l’épreuve de la sincérité.

Partisan de l’accord du 31 décembre 2017, le président de la République ne peut pas, en vertu du même accord, se détourner des dispositions prévues dans le sens de la décrispation politique. Cette question fait partie intégrante de l’accord. A ce titre, le chef de l’Etat ne peut pas s’en détourner. Fin tacticien politique, Olenghankoy le sait.

Aussi, tend-il la main au chef de l’Etat pour lui faciliter cette tâche. Quelle sera la réaction de Kabila ? Difficile à dire. On sait néanmoins que si le chef de l’Etat tient à sauver Olenghankoy, son nouvel allié, il a intérêt à agir dans le sens du schéma tracé dans l’accord du 31 décembre 2017. A moins que le président se décide autrement à ternir davantage l’image du président du CNSA en précipitant sa mort politique.

Entre le président de la République, le gouvernement et le CNSA, il y a une bataille qui ne dit pas encore son nom. La décrispation politique et la fin de dédoublement des partis politiques sont les deux points majeurs sur lesquels on attend juger de la complicité qui s’est établi entre ses trois pôles politiques. Sinon, ce mariage n’aurait été que virtuel sans base politique réelle.

Dans une déclaration datée du 22 novembre 2017, le Rassemblement est revenu sur ses principales exigences pour une sortie de crise en RDC. A Limete, on fait de la libération des prisonniers politiques, du retour de Moïse Katumbi, de l’accès libre aux médias et de la fin du dédoublement des partis politiques des préalables majeurs pour garantir des élections apaisées et équitables. Olenghankoy y travaille ardemment.

[lePotentiel]

Sur kongoTIMES!

A lire aussi

MSF victime d’attaques et d’enlèvements en RDC

Victime d’attaques multiples, d’enlèvements de ses équipes et de braquages, Médecins Sans Frontières (MSF) ne …

Laisser un commentaire

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l'utilisation de cookies.

Plus d'information

Les paramètres des cookies sur ce site sont mis à « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience possible de navigation. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou vous cliquez sur « Accepter » ci-dessous , vous consentez à ce sujet.

Fermer