samedi , 16 décembre 2017
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RDC : Tshibala reste en place !

L’affaire avait toutes les allures d’un coup monté et manqué. Mercredi 22 novembre 2017, lorsqu’il lui avait été donné de conclure sa motion d’interpellation, le Député Henri Thomas Lokondo, avait provoqué un tsunami mais, qui n’aura duré que l’espace de quelques heures. Hier, vendredi 24 novembre 2017, la Commission spéciale, après avoir cerné les contours de cette motion, a tranché. Tshibala reste en place, dans son strapontin de l’Hôtel du Gouvernement. Donc, il ne démissionnera pas. Telle aura été, enfin, la sentence qu’elle a recommandée à la Plénière qui, en définitive, l’a adoptée ainsi, à la majorité écrasante des Députés. Désormais, la priorité est accordée à l’examen du projet de loi des Finances pour l’exercice 2018 ainsi qu’à la loi électorale. Puis, avec le même Tshibala, à la tête du Gouvernement, les acteurs politiques, quelles que soient leurs tendances, iront jusqu’aux élections, telles que prévues dans le calendrier publié, le 5 novembre 2017, par la Commission Nationale Electorale Indépendante. A l’opposé, traits tirés sur le visage, Henri Thomas Lokondo, Député de la Majorité, qui s’escrimait encore à avoir la parole en vue d’une nouvelle réplique contre ce rapport, a dû, finalement, quitter la salle de congrès, en laissant, derrière lui, l’impression d’avoir brûlé, sans la moindre excuse, la politesse à Aubin Minaku Ndjalandjoko, le Président de l’Assemblée Nationale. D’ailleurs, à ce sujet, une des ses collègues de la Majorité qui, à l’occasion, a tenté de le ramener aux bons sentiments, a été carrément éconduite.

Pourtant, il croyait si bien faire lorsqu’en dépit de la pertinence de ses arguments, la Commission spéciale instituée à la suite de sa motion d’interpellation visant la démission de Bruno Tshibala Nzenzhe, le Premier Ministre, arrivé aux commandes de l’Exécutif National en avril 2017 et investi en mai 2017, a recommandé à la plénière de ne pas commettre l’imprudence d’entériner une telle démarche, jugée, du reste, inopportune et inconstitutionnelle.

Loin s’en faut, la Commission estime que l’exigence de la démission devrait simplement être considérée comme une recommandation. Car, si tel était le cas, il appartiendrait au Premier Ministre, en vertu de l’article 126 de la Constitution et de toutes les raisons qu’il avait, lui-même, évoquées pour justifier le retard avec lequel le Budget 2018 est arrivé au Parlement, de démissionner ‘’volontairement’’.

Or, ici, Bruno Tshibala ne l’a pas fait. Par contre, il a promis qu’à l’avenir, il ferait de son mieux pour que le Budget de l’Etat, soit sur la table des Députés dans les délais raisonnables. Une autre formule concernant la démission d’office dans l’esprit de l’article 226 de la Constitution, aurait été exploitée si le Premier Ministre avait déposé le Budget endéans quinze jours avant la fin de l’actuelle session ordinaire du Parlement.

Autrement dit, si Tshibala s’était amené avec la copie de son budget 2018, le 1er décembre 2017, il serait constitutionnellement contraint à la démission d’office. Là aussi, il a échappé aux flèches mouchetées de Lokondo dans la mesure où le budget a été transmis au Bureau de l’Assemblée Nationale, avant qu’il ne soit trop tard.

Priorités aux élections

Au moment où le pays a besoin d’être placé sur les rails des élections, à l’horizon fin décembre 2018, il faut mobiliser les moyens. Dans le cas d’espèce, le budget 2018 sous examen est l’un des instruments cardinaux pour engager la nation congolaise sur cette voie-là.

Dans un tel contexte, chasser Tshibala, tordre davantage le coup à l’Accord de la Saint Sylvestre, créer un nouveau vide gouvernemental, prendre du temps pour former un nouveau gouvernement et, plus tard, revenir avec le même Budget 2018 vers le mois de mars prochain, lors d’une nouvelle session ordinaire, et penser qu’on irait aux élections dans les délais prévus, serait la meilleure façon de chercher les poux sur la tête d’un chauve.

En tout état de cause, il n’est pas possible de pousser Tshibala à la démission, sans retarder l’examen du Budget 2018, celui de la loi électorale et, même, sans repousser les échéances électorales aux calendes grecques.

A quoi bon crier qu’on ira aux élections, alors que dans les faits, les actes posés vont dans le sens de ne jamais y arriver ?

Donc, ‘’les jours sont mauvais. On a déjà perdu beaucoup de temps. L’heure a sonné, pour ne point céder aux foucades de l’alchimie de la cacophonie’’, recommande un sage, sous le sceau de l’anonymat.

[LPM]

MOT D’INTRODUCTION DU PRESIDENT DE LA COMMISSION SPECIALE

Honorable Président de l’Assemblée nationale,

Honorables membres du Bureau,

Honorables Députés nationaux et Chers Collègues,

Au cours de sa séance du 22 novembre 2017, l’Auguste Assemblée a procédé à l’audition, tour à tour de l’interpellation de Monsieur le Premier Ministre par l’Honorable Henri-Thomas LOKONDO YOKA, député national, sur le retard enregistré dans le dépôt du projet de loi de finances de l’exercice 2018 ainsi que des réponses que le Premier Ministre y a réservées.

Au terme de ces deux exposés, un débat houleux a été organisé à l’issue duquel des préoccupations ont été exprimées et des recommandations formulées par les Honorables Députés nationaux.

Après la réplique du Premier ministre et la conclusion de l’interpellateur, l’Honorable Président de l’Assemblée nationale a annoncé, sur pied de l’article 189 de notre Règlement intérieur, la mise en place d’une Commission spéciale chargée de préparer les conclusions du débat sur l’interpellation à soumettre à l’Assemblée plénière.

Composée de neuf membres et assistée de trois experts, cette Commission spéciale a été effectivement mise en place par l’Honorable Président aux termes de l’Ordre de mission du 23 novembre 2017.

Pour bien mener sa mission, votre Commission spéciale a procédé de la manière suivante :

  • Examen du texte de l’interpellation adressée au Premier Ministre ;
  • Examen du texte de la réponse du Premier ministre ;
  • Audition de la synthèse du débat consacré à l’interpellation ;
  • Examen des dispositions de la Constitution, de la Loi relative aux finances publiques et du Règlement intérieur de l’Assemblée plénière ;
  • Propositions de conclusions et recommandations à soumettre au Bureau pour l’Assemblée plénière.

Au terme de cette mission, la Commission spéciale a rédigé et approuvé son rapport à l’unanimité de tous ses membres.

Je prie l’Honorable Président d’inviter le rapporteur de la Commission spéciale à bien vouloir donner lecture de notre rapport.

Je vous remercie.

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