lundi , 18 décembre 2017
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Bruno TSHIBALA : Démission ou motion de censure

Le Premier ministre congolais a passé des moments difficiles à l’hémicycle du Palais du peuple, mercredi 22 novembre pour justifier le retard dans le dépôt du projet de loi de finances pour l’exercice 2018. Il a avancé des raisons qui n’ont pas été appréciées par la représentation nationale. Pour le député national Henri-Thomas Lokondo, le Premier ministre doit démissionner. Il l’accuse de manque de leadership : « l’inconscience à ce niveau de responsabilité du Premier ministre traduit, à mon humble avis, un manque total de leadership, de volonté politique et frise même l’incompétence… Il ne dira pas que cette faute commise par lui-même et son gouvernement a été faite sous l’impulsion du chef de l’Etat. Il est établi que le Premier ministre et son gouvernement ont violé intentionnellement la Constitution et la loi sur les finances publiques. Je prends acte de vos excuses, mais il s’avère que le chef de l’Etat est garant de la Constitution. Il nous suit directement ou indirectement. C’est pour cela, conformément à l’article189 de notre règlement intérieur, j’invite le président de la République à tirer toutes les conséquences du débat de ce jour, car c’est une question de responsabilité politique. Un homme d’Etat n’a que trois juges : le Dieu Tout-Puissant, le peuple et sa propre conscience. Je demande que le Premier ministre démissionne dans 72 heures. Autrement, moi-même et les autres intervenants allons déclencher une procédure parlementaire adéquate : motion de censure ».

Les signaux vitaux du Premier ministre virent au rouge. Le député national Henri-Thomas Lokondo ne lui accorde aucune chance à cause du retard pris dans le dépôt du projet de budget 2018. Bruno Tshibala laisse ses plumes à l’Assemblée nationale à la suite de l’interpellation lui adressée par l’élu de Mbandaka qui réclame immédiatement sa démission. A défaut, lui et son gouvernement seront visés par une motion de censure.

Le Premier ministre a passé des moments difficiles à l’hémicycle du Palais du peuple, hier mercredi 22 novembre pour justifier le retard dans le dépôt du projet de loi de finances pour l’exercice 2018. Il a avancé des raisons qui n’ont pas été appréciées par la représentation nationale.

Le Premier ministre a évoqué d’abord la superposition des budgets 2017 et 2018. Il a également parlé de l’évaluation de 28 mesures économiques prises par le gouvernement dans le cadre de la stabilisation du cadre macroéconomique. Autre raison avancée : la publication tardive du calendrier électoral dont les données devraient être intégrées dans le projet de budget 2018.

« Ce retard est dû principalement à trois exigences que le gouvernement devait prendre en considération pour l’élaboration du projet de loi de finances 2018. La première exigence est liée au chevauchement des calendriers budgétaires des exercices 2017 et 2018… La deuxième concerne la nécessité d’évaluer l’impact des mesures économiques urgentes du gouvernement… La troisième exigence repose sur l’impératif d’intégrer dans le projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2018, les prévisions de la Céni dans le cadre du calendrier électoral pour les élections prévues en décembre 2018 », a expliqué, sans convaincre, Bruno Tshibala.

Pas d’appui de la Majorité

Le débat ouvert ne lui a laissé aucune chance. Toutes ses explications ont été rejetées. Bruno Tshibala n’a même pas reçu l’appui des députés de la Majorité qui l’ont sévèrement critiqué comme leurs collègues de l’Opposition.

Des interventions ont été tranchantes : Masanga (MP) : « Je me demande si le Premier se sent à l’aise après avoir donné de telles réponses. Le chevauchement des calendriers budgétaires, mais il y a la continuité de l’Etat. C’est vraiment des arguments qui ne tiennent pas debout… ».

Grégoire Lusenge (MP) : « Je voudrais dire que tous, nous semblons percevoir la nécessité de sanctionner… ».

Fabrice Puela (Opposition): « La loi de finances n’a pas été déposée dans le délai établi par la Constitution. Il faut en tirer les conséquences. C’est-à-dire, il faut démissionner ».

Adèle Kayinda (MP) : « Je pense que cette interpellation trouve sa substance dans la loi mère que nous sommes tous appelés à respecter scrupuleusement… Je pense que le Premier devait avoir le courage de présenter des excuses et de pouvoir s’amender pour que nous puissions continuer… ».

Jean-Baudouin Mayo (Opposition) : « Il doit présenter des excuses plutôt que nous emballer dans des arguments qui ne tiennent pas… ». Toussaint Alonga (Opposition) : « Monsieur le Premier ministre, ça ne sert à rien d’être chef du gouvernement si vous n’avez pas un soutien politique ».

Démission ou motion de censure : un choix à opérer

Après toutes ces réactions, Bruno Tshibala avait besoin de quelques minutes pour réagir. Il est revenu dans la salle sollicitant l’indulgence de l’Assemblée nationale. Mais pour l’auteur de l’interpellation, le député MP Henri-Thomas Lokondo, le Premier ministre doit démissionner.

Il l’accuse de manque de leadership : « l’inconscience à ce niveau de responsabilité du Premier ministre traduit, à mon humble avis, un manque total de leadership, de volonté politique et frise même l’incompétence… Il ne dira pas que cette faute commise par lui-même et son gouvernement a été faite sous l’impulsion du chef de l’Etat. Il est établi que le Premier ministre et son gouvernement ont violé intentionnellement la Constitution et la loi sur les finances publiques. Je prends acte de vos excuses, mais il s’avère que le chef de l’Etat est garant de la Constitution. Il nous suit directement ou indirectement. C’est pour cela, conformément à l’article189 de notre règlement intérieur, j’invite le président de la République à tirer toutes les conséquences du débat de ce jour, car c’est une question de responsabilité politique. Un homme d’Etat n’a que trois juges : le Dieu Tout-Puissant, le peuple et sa propre conscience. Je demande que le Premier ministre démissionne dans 72 heures. Autrement, moi-même et les autres intervenants allons déclencher une procédure parlementaire adéquate : motion de censure ».

Honneur ou humiliation

Partira ou partira pas ? C’est la question fondamentale que se pose tout Congolais sur le Premier ministre après sa piètre prestation à l’Assemblée nationale. Bruno Tshibala qui a essuyé les tirs de tous côtés, se voit devant deux choix : celui de l’honneur ou de l’humiliation. L’honneur, c’est s’il dépose sa démission dans les délais à lui indiqués par l’interpellateur dans sa conclusion.

Et l’humiliation, s’il s’accroche pour défier la représentation nationale qui pourrait obtenir sa tête par une motion de défiance. Une option qui s’assimilerait au suicide pour celui que l’on surnomme « Saint Brutshi ». Déjà sans assise dans l’hémicycle, l’homme aux lunettes noires n’a plus même le soutien de la Majorité qui l’a débauché il y a peu. On a vu les députés MP, en commençant par l’interpellateur, démontrer sans état d’âme l’incompétence et le manque de leadership de ce pion débauché de l’Opposition.

Sans doute Tshibala est en train de vivre ses jours les plus longs. Des moments qui nécessitent de sa part, une introspection personnelle pour prendre la décision. Le scénario, en réalité, ne surprend personne parce que l’histoire ne fait que se répéter. Cela a été le cas, avait-on vu avec Samy Badibanga. Dans tous les cas, les pions débauchés servent de cause qu’eux-mêmes ignorent.

[avec Pitshou Mulumba]

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