dimanche , 17 décembre 2017
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Felix TSHISEKEDI, Moise KATUMBI CHAPWE et Vital KAMERHE LWA KANYINGINGYI
Felix TSHISEKEDI, Moise KATUMBI CHAPWE et Vital KAMERHE LWA KANYINGINGYI

Elections : Un affrontement se prépare en RDC

La crise politique s’enlise au fur et à mesure que s’approche la date fatidique du 31 décembre 2018. Les partis de l’opposition et des associations engagées de la société civile veulent en finir avec le régime de Kinshasa, englué dans des stratagèmes de retarder indéfiniment les élections démocratiques en République démocratique du Congo.

Trois marches auront lieu le mardi 28 novembre dans la capitale : une signée Front pour le référendum, une autre réclamée par la MP et une dernière par le Rassemblement. Quelle que soit la réponse de l’hôtel de ville de Kinshasa, les forces de l’opposition sont déterminées à parader dans la ville. Un affrontement se prépare donc à Kinshasa entre la MP et le Rassemblement.

La crise politique s’enlise au fur et à mesure que s’approche la date fatidique du 31 décembre 2018. Les partis de l’opposition et des associations engagées de la société civile veulent en finir avec le régime de Kinshasa, englué dans des stratagèmes de retarder indéfiniment les élections démocratiques en République démocratique du Congo.

Les manifestations publiques du 15 novembre initiées par les mouvements citoyens et soutenues par le Rassemblement ont marqué le début d’une série d’actions de désobéissance civile destinées à plier la majorité au pouvoir au plus tard la fin de cette année. Ces forces du changement ne jurent plus que par l’alinéa 2 de l’article 64 de la constitution. Elles tiennent à faire échec au pouvoir en place dont toutes les institutions à mandat électif sont devenues illégitimes depuis des mois.

Cette montée de tension résulte de la rupture du dialogue entre la Majorité présidentielle et les Forces du changement incarnées par le Rassemblement piloté par le duo Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi. L’Opposition justifie son radicalisme par le refus du pouvoir de s’inscrire sincèrement dans le processus électoral devant débouché à des élections dans un meilleur délai, au plus tard mi-2018. Ainsi les forces du changement ont-elles rejeté le calendrier électoral de la Commission électorale nationale indépendante qui fixe la présidentielle et les législatives nationales et provinciales au 23 décembre 2018.

Alerte dans les quartiers généraux des partis

Le Rassemblement a été le premier à pointer la date du 28 novembre pour sa marche destinée à « chasser Kabila du pouvoir », il y a de cela trois semaines environ. Dans un communiqué du samedi 18 novembre destiné pourtant à dénoncer la séquestration des militants de l’Envol, un parti de l’opposition, le Rassemblement a réitéré sa ferme détermination à marcher le 28 novembre. « Le Rassemblement invite le peuple congolais à se mobiliser en application de l’article 64 de la constitution pour mettre finà cette barbarie dictatoriale avant le 31 décembre », dit le communiqué qui justifie cette prise de position par « le refus délibéré du pouvoir en place de respecter les engagements pris le plan international et sa volonté d’amener le pays dans le chaos en refusant d’organiser les élections ».

Via Twitter, le Président du Rassemblement a dénoncé, le même 18 novembre, les mauvaises pratiques du pouvoir en place consistant à programmer une marche le même jour que l’opposition pour enfin justifier l’interdiction de celle de l’opposition ou les deux. « Je tiens à dénoncer cette pratique de la Kabilie qui consiste à programmer une marche le même jour que l’opposition, pour se la refuser et ainsi pouvoir justifier l’interdiction de la nôtre. Le 28 novembre, notre marche est maintenue quoiqu’il arrive. Congolais, venez nombreux », a écrit Félix Tshisekedi sur son compte twitter.

Cette réaction du président du Rassemblement résulte du communiqué de la Majorité présidentielle signé par son Secrétaire Général Adjoint, Joseph KokoNyangi, daté du 18 novembre. Dans ce communiqué signé le 13 novembre et déposé à Hôtel de ville le 16 novembre, l’adjoint d’Aubin Minaku notifie le gouverneur de Kinshasa de la « marche pacifique de la majorité présidentielle ». La MP organise cette marche pour « soutenir le calendrier électoral récemment publié » par la Céni.

Dans cette vague soudaine des marches, le Front pour le référendum, une ASBL de la majorité présidentielle, a déposé aussi une lettre à l’Hôtel de ville de Kinshasa notifiant le gouverneur de la « marche pacifique en vue d’obtenir le référendum constitutionnel ». Cette ASBL de la MP veut marcher pour exprimer son désir d’un référendum constitutionnel censé remédier aux « faiblesses des certaines dispositions constitutionnelles et les contraintes du calendrier électoral ».

Le décor est ainsi planté. La MP va affronter le Rassemblement et crier haut et fort son soutien au calendrier électoral et à un référendum constitutionnel. Il est certain que l’Hôtel de ville ne va aucunement s’obliger à prendre des dispositions pour sécuriser ces marches comme le lui exige la loi mais va les interdire comme d’habitude, en violation de la Constitution. Pour autant, la journée du 28 novembre risque de voir les deux parties s’affronter avec toutes les implications fâcheuses qu’on peut imaginer. Un tel affrontement est très risqué dans une mégapole de plus de 12 millions d’habitants.

[Le Potentiel]

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