jeudi , 23 mars 2017
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RDC : TSHISEKEDI est en résidence surveillée

Les mouvements du lider maximo sont surveillés. Samedi, les allées et venues à la résidence d’Etienne Tshisekedi, ont été interdites. La police justifie cette interdiction, suivant une déclaration de son porte-parole : « La résidence de Tshisekedi est parmi les endroits à isoler ». Cet isolement décidé par les autorités est qualifié d’illégal puisque ne reposant sur aucune base légale.

Tous les points d’accès à la résidence d’Etienne Tshisekedi sont hermétiquement verrouillés par des éléments de la police. Journalistes et voisins directs sont victimes de cet état des choses qui foule au pied la disposition constitutionnelle garantissant la liberté de mouvements à tous.   Comme d’autres leaders du Rassemblement à travers le pays, le président de l’UDPS est en résidence surveillée de fait.

Les mouvements du lider maximo sont surveillés. Samedi 19 novembre 2016, les allées et venues à la résidence d’Etienne Tshisekedi, président du Rassemblement de l’opposition ont été interdites. La police justifie cette interdiction, suivant une déclaration de son porte-parole : « La résidence de Tshisekedi est parmi les endroits à isoler ». Cet isolement décidé par les autorités est qualifié d’illégal puisque ne reposant sur aucune base légale.

On se croirait au lendemain des élections chaotiques de 2011 qui avaient reconduit le président Kabila et sa majorité à la tête du pays. Pour isoler « le président élu », comme il s’était autoproclamé comme tel, les autorités avaient décidé de le confiner dans sa maison, filtrant les visiteurs, dissuadant tous ceux qui, par centaine, venaient quasiment en pèlerinage rendre visite au sphinx et sa famille.

Grand-père et patriarche politique, Tshisekedi incarne les espoirs des millions de jeunes pour qui le régime actuel n’aurait pas fait suffisamment d’efforts pour les sortir des difficultés de la vie. Aucune perspective offerte, des emplois qui disparaissent au lieu de se créer, l’enrichissement sans cause de nombreux dirigeants alors que la majorité est désespérée, … voilà autant de maux qui justifient la confiance placée en un octogénaire par des jeunes qui ont appris son combat par des témoignages d’adultes.

En allant se ressourcer auprès de Tshisekedi, ces désœuvrés sont convaincus de participer à l’amélioration de leurs propres conditions en soutenant le changement de gouvernance. En démocratie, c’est une attente légitime de la part du souverain primaire qui ne cherche que la requalification de son existence et de lui offrir des perspectives d’avenir.

En privant à ces pèlerins le droit de se rendre où ils veulent pour se ressourcer spirituellement ou politiquement, le gouvernement a violé leurs droits en même temps que le droit de Tshisekedi.

Le Rassemblement qui parle déjà d’un « état d’urgence » non déclaré dans son communiqué compte tirer toutes les conséquences qui s’imposent.

Une expérience à éviter

L’expérience qui a consisté à isoler illégalement un acteur de l’envergure de Tshisekedi fausse le jeu démocratique d’autant plus qu’une frange importante de la population est privée de ses droits. Comment va-t-on continuer à parler de démocratie lorsque des leaders en vue de l’opposition sont muselés, poursuivis pour des infractions politiquement motivées, arrêtés pour avoir eu l’intention de manifester comme les jeunes qui distribuaient des communiqués pour le meeting interdit du samedi 19 novembre 2016.

Cette expérience de l’isolement illégal d’Etienne Tshisekedi de 2012 rééditée en 2016 va porter ombrage à l’éclat de la démocratie congolaise qui bat de l’aile depuis un temps. Une icône comme Tshisekedi se nourrit des actes de tyrannie comme ceux qui le martyrisent. Son aura montera davantage puisqu’à l’approche de la fin du mandat du président Kabila le 20 décembre, la tension risque de monter d’un cran et cette stratégie pourrait constituer une justification légitime de la colère de ceux qui s’estimeraient brimés et traqués. Gare donc au retour des flammes !

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COMMUNIQUE DE PRESSE

Le Conseil des Sages du RASSEMBLEMENT a tenu une réunion de crise autour de son Président, Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA, afin d’examiner les évènements malheureux survenus ce samedi 19 novembre 2016.

Après échanges et délibérations, sur les différents rapports de la situation dans différentes villes du pays, le Conseil des Sages:

Proteste contre l’interdiction générale et absolue des manifestations publiques pacifiques décrétée sur toute l’étendue de la République, en flagrante violation de l’article 26 de la Constitution, par les autorités provinciales à la solde de Joseph Kabila et de son gouvernement;

Fustige l’état d’urgence décrété de fait par Joseph KABILA, en violation de la Constitution, dans plusieurs villes pour confisquer les libertés du peuple au profit de la dictature, qu’il a instaurée et durcie en République démocratique du Congo;

Condamne la violence avec laquelle, les forces armées et les éléments de la police, instrumentalisés par le pouvoir, ont, depuis plusieurs jours; (1) opéré des rafles dans les quartiers et enlevé des responsables des mouvements de jeunes du Rassemblement, (2) barricadé l’accès aux lieux du meeting et (3) encerclé des résidences des leaders du Rassemblement;

Prend à témoin l’opinion nationale et internationale que Kabila et son régime sont prêts à toutes les dérives et entraves pour empêcher le peuple congolais de défendre la Constitution et exercer ses droits fondamentaux et; le Rassemblement se prépare en conséquence à toutes éventualités pour affronter la dictature et défendre ses droits en recourant à toutes les voies auxquelles l’autorise la Constitution;

Réaffirme sa conviction à l’aboutissement heureux de la crise par la tenue d’un dialogue réellement inclusif et encourage la mission des bons offices menée par la CENCO, soutenue par l’ensemble de la Communauté internationale.

A cet effet, le RASSEMBLEMENT invite tous les congolais, toutes les plateformes, partis politiques, associations membres de la Société Civile à une mobilisation générale, et déclenche à dater de ce jour le compte à rebours de la fin du mandat de Monsieur Joseph KABILA, qui interviendra le 19 décembre 2016 à minuit, conformément à 1 article 64 de la Constitution.

Le RASSEMBLEMENT appelle la communauté internationale et tous les démocrates à soutenir le peuple congolais dans son combat pour la Liberté.

Le Président du Conseil des Sages, Monsieur Etienne TSHISEKEDI wa MULUMBA fixera l’opinion dans les prochains jours au cours d’un message à la Nation.

Fait à Kinshasa, le 19 novembre 2016

Pour le Rassemblement

Etienne TSHSEKEDI W A MULUMBA

Président du Conseil des Sages

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