jeudi , 23 février 2017
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Economie : RDC, un navire qui navigue à vue

Ce n’est pas que les partis politiques en RDC n’ont pas de projets de société desquels l’on ne saurait dégager une politique économique. Par exemple: le manifeste de la Nsele du MPR en 1967 ; la déclaration des 13 parlementaires du 17/01/1981 de l’UDPS; les résolutions de la CNS de 1992; l’économie sociale de marché de l’AFDL de 1997 ; les résolutions du DIC de 2002 en Afrique du Sud …., sont autant de véritables projets de société qui ont ramassé tous les aspects de la vie nationale. Mais quelle distinction saura-t-on faire entre 2 entités dont l’une dispose de textes bien élaborés mais auxquels elle ne se réfère jamais dans son organisation et son fonctionnement, l’autre qui n’a jamais élaboré un quelconque texte fondateur et qui fonctionne comme un bateau qui navigue à vue? À notre humble avis, il n’yen a aucune. Et la RDC ressemble à l’une ou l’autre de 2 entités. C’est comme si la RDC n’a jamais produit un seul projet de société depuis son indépendance. Conséquence: en RDC l’on est embarqué sur un navire qui navigue à vue … Conséquence : pas de Budget conséquent pour le Pays; pas de Politique économique réelle, sauf un assemblage de discours; dépendance; arriération; Indice de développement humain/IDH Rdc toujours parmi les trois derniers du classement PNUD parmi les 187 pays du Monde…

La Politique économique ne s’élabore pas ex nihilo ….. Le creuset d’une Politique économique – ou de toute autre politique- digne de ce nom se trouve dans le Projet de Société de tout Parti Politique, surtout lorsque le Parti est engagé dans la course au pouvoir (de grâce par les urnes). Alors les bénéficiaires que nous sommes peuvent avoir l’occasion d’exercer leur droit légitime d’apprécier la vision des candidats de chaque parti politique.

Qu’en est-il alors de la RDC, ou des partis politiques de la RDC ?

Ce n’est pas que les partis politiques en RDC n’ont pas de projets de société desquels l’on ne saurait dégager une politique économique. Par exemple: le manifeste de la Nsele du MPR en 1967 ; la déclaration des 13 parlementaires du 17/01/1981 de l’UDPS; les résolutions de la CNS de 1992; l’économie sociale de marché de l’AFDL de 1997 ; les résolutions du DIC de 2002 en Afrique du Sud …., sont autant de véritables projets de société qui ont ramassé tous les aspects de la vie nationale.

Mais quelle distinction saura-t-on faire entre 2 entités dont l’une dispose de textes bien élaborés mais auxquels elle ne se réfère jamais dans son organisation et son fonctionnement, l’autre qui n’a jamais élaboré un quelconque texte fondateur et qui fonctionne comme un bateau qui navigue à vue? À notre humble avis, il n’yen a aucune. Et la RDC ressemble à l’une ou l’autre de 2 entités. C’est comme si la RDC n’a jamais produit un seul projet de société depuis son indépendance.

Conséquence: en RDC l’on est embarqué sur un navire qui navigue à vue … Conséquence : pas de Budget conséquent pour le Pays; pas de Politique économique réelle, sauf un assemblage de discours; dépendance; arriération; Indice de développement humain/IDH Rdc toujours parmi les trois derniers du classement PNUD parmi les 187 pays du Monde…

Concernant le Budget, notons qu’en 1960 le Congo avait une population de 10000000 d’habitants; mais le pays avait un Budget de 6 000 000 000 $ us. Voilà qu’aujourd’hui avec 70 000 000 d’habitants, soit avec une croissance de la population de 600 %, les budgets de la RDC tournent toujours autour de ces 6 000 000 000 $ us !!

Qu’est-ce qui peut bien marcher en RDC avec des budgets aussi symboliques, alors que la politique économique a trois finalités: la Solidarité nationale; la Justice sociale; et le bien-être consécutif à un relèvement du niveau de vie.

Et comment faire face aux grands défis économiques que sont la croissance (évolution de la production pendant 3 exercices au moins) ; le plein emploi; la consommation des ménages dont dépend la production elle-même; la stabilisation des prix qui dépend de la stabilité de la production; et enfin, le solde extérieur qui dépend de l’effort à l’exportation qui, à son tour, dépend de la Valeur ajoutée, ou production transformée …., avec des budgets aussi fantaisistes que 6 milliards de dollars us ?

Cette absence de posture responsable dans le chef du leadership national doit être étoffée par des prises de position intellectuelles assez étranges ….

Par exemple, devant cet état de choses, souvent la Société Civile (et notamment les mouvements syndicaux), a réclamé la majoration de salaires. Mais c’est dans la réaction du gouvernement que se retrouve des éléments de réponses peu substantielles. Souvent, en effet, l’on a entendu les gouvernements répondre négativement à cette réclamation légitime que la majoration des salaires entraine l’inflation … !

Dirait-on que les gens ont oublié tout ce qu’ils ont appris? Tant et si bien que l’élite congolaise ne sait plus que l’augmentation du pouvoir d’achat entraine la demande; et que la demande booste la consommation qui, à son tour, va booster la production; pour finir sur la création de nouveaux emplois, synonyme de réduction du chômage, et donc de la pauvreté … C’est ce qu’on appelle multiplicateur en économie, ou effet multiplicateur.

La production peut-elle se relancer sans demande ?? Et sans pouvoir d’achat, peut-il y avoir demande?

Il y a deux semaines, le franc congolais était encore à son taux pluriannuel intouchable de 950 fc pour un dollar américain. Mais quelle majoration de salaires a causé la déstabilisation du franc congolais qui se vend aujourd’hui à 1250 pour un dollar, soit une dépréciation de 23 % avec, à la clé, une inflation de près de 15% ….. ?

Selon les données consultées à l’Institut National de la Statistique, durant la période 2012-2014 la Variation trimestrielle de l’Indice national des prix, les prix ont maintenu une flambée continue allant de 0,166 en 2012 à 0,259 en 2014 en passant par un pic de 0,326 en 2013. Ce qui, pourtant, ne se reflète pas sur le taux de change du franc congolais qui, lui, est resté « ferme» durant toute la période. Chose inadmissible, étant donné que le taux de l’inflation ou la stabilité des prix va avec la stabilité de la monnaie, toutes choses étant égales par elles-mêmes…

Et quand nous considérons les paramètres qui auraient pu rendre le climat des affaires en RDC sain, dont la sécurité; le respect du code des investissements; le respect du Droit dans la pratique du Pouvoir en RDC, sans oublier l’interdiction de l’Activisme commercial à la tête de l’Etat dont parlait feu le Pr Biyoyi Makutu, pourtant formellement prohibé pour tout agent et cadre de l’Administration publique en Droit Administratif…, l’on ne saurait ne pas comprendre les réticences des investisseurs à l’endroit de la RDC.

Ce ne sont pas les petits investissements des libanais, chinois, indo pakistanais, … dans le commerce général qui peuvent constituer des éléments d’une politique de relance en RDC, et aider le pays à inverser des indicateurs économiques clés tels que les termes de l’échange, l’effort à l’exportation, le taux de couverture, la propension à consommer/panier de la ménagère, ou le revenu réel par habitant; ou encore apporter la valeur ajoutée aux matières premières congolaises.

Aujourd’hui un pays qui veut réussir son décollage économique doit trouver de quoi investir dans la manufacture; dans la transformation des matières premières ou création de la valeur ajoutée; et dans la fabrication des biens d’équipements ou capital technique ; … Là, ce serait la Politique économique appelée BUDGETAIRE…

La Politique de Stabilisation qui consiste à réduire la demande et augmenter les impôts n’est tout simplement pas à conseiller à un patient sous perfusion comme la RDC…

Peut-être que la formule de Mzee, appelée Socialisme du XXIe Siècle en Bolivie, Equateur, Venezuela où elle fait des résultats devrait-elle faire l’objet d’une certaine attention auprès des décideurs congolais. Les capitalistes apportent leurs fabuleux butins, les investissent sous l’œil vigilant du gouvernement -qui ne leur exigent rien de plus-, mais sous condition d’une forte valeur sociale en termes de services sociaux de base: santé, éducation, eau, électricité; et routes, chemins de fer- comme en Ethiopie avec les chinois, ou au Niger, avec les français- ; création des emplois et transfert des connaissances … (à suivre).

[Zacharie Kombe Mambembe Pero, Analyste financier, journaliste indépendant]

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