jeudi , 23 février 2017
Accueil / International / RDC : BOSHAB – KALEV seront bientôt sanctionnés par les USA ?

RDC : BOSHAB – KALEV seront bientôt sanctionnés par les USA ?

Le site américain Open Source Investigations révèle qu’en pleine campagne électorale, Ed Royce et Chris Smith ont rédigé un courrier à Barack Obama pour réclamer un durcissement des sanctions contre le régime Kabila. Le texte co-signé par deux membres du Congrès démocrates vise explicitement le ministre de l’intérieur, Évariste Boshab, et le chef des services de renseignement, Kalev Mutond. Quelques jours plus tard, Joseph Kabila voudrait croire que la victoire de Donald Trump renversera la donne. Il n’ignore pas que les élus les plus opposés à sa politique, Chris Smith et Ed Royce, sont Républicains et ont milité pour… Donald Trump. Ed Royce s’est déclaré soutien dès mai 2016 et ne l’a pas quitté depuis. Chris Smith a présidé le « pro-life coalition » (groupe anti-avortement). Alors que le 45ème président américain n’a donné aucune indication sur sa politique africaine, il compte dans son entourage d’éminents membres du Congrès très au fait de la situation en RDC.

La position de fermeté de l’Administration américaine contre le régime Kabila en République démocratique du Congo fait l’unanimité au Sénat et au Congrès.

Joseph Kabila est l’un des premiers chefs d’État à avoir félicité Donald Trump. Le jour de la proclamation des résultats, iladresse ses « sincères félicitations » à l’heureux vainqueur des élections américaines. Son porte-parole Lambert Mende en profite pour tacler l’Administration Obama dans une interview au site Actualité. Il qualifie de « cavalière » l’attitude de l’Administration démocrate vis-à-vis de la RDC et l’accuse d’avoir pris des sanctions « illégales » contre des officiels congolais.

Un peu tôt pour se réjouir, cependant. L’Administration Obama n’a dit son dernier mot. « En 1992, George Bush avait déjà perdu les élections quand il a déployé des troupes en Somalie », rappelle un proche des cercles du pouvoir américain. Alors qu’il lui reste moins de trois mois à la tête des États-Unis, peut-on imaginer Barack Obama envoyer des troupes en République démocratique du Congo? « Oui, répond ce spécialiste des questions africaines. Obama est certes un « canard boiteux » parce que son camp a perdu les élections, mais il détient un pouvoir énorme car le 19 décembre prochain la Constitution congolaise va mettre fin au dernier mandat de Joseph Kabila. S’il reste, il est illégitime. »

Aux États-Unis, le dossier préoccupe vivement sénateurs et membres du Congrès. Démocrates et Républicains dressent le même constat alarmant sur un dossier devenu prioritaire. Chris Smith (New Jersey), président Républicain de la sous-commission Afrique au Congrès, est l’instigateur de la résolution 780 publiée le 13 juin 2016. Le texte accusait le président Kabila « d’avoir, depuis janvier 2015, continuellement utilisé des moyens techniques et administratifs pour retarder les élections ». Il appelait l’Administration américaine à prendre des mesures fermes: gel des avoirs et interdiction de visas pour principaux membres du gouvernement congolais. Il précisait que ces sanctions seraient immédiatement levées si Kabila acceptait de respecter sa Constitution et de quitter le pouvoir le 19 décembre 2016. À la suite de la publication de cette résolution, le chef de la police de Kinshasa, Célestin Kanyama, surnommé ‘‘Esprit de mort’’, se trouvait visé par des sanctions financières. Une première.

Des proches de Trump pour le durcissement des sanctions contre le régime Kabila

La décision est saluée dix jours plus tard par un autre élu républicain, Ed Royce. « Je suis heureux que l’Administration ait entendu notre appel et décidé de sanctionner les officiels congolais responsables de violences meurtrières contre des militants pacifiques et des membres de l’opposition », déclare alors le puissant président de la Commission des Affaires étrangères du Congrès. En off, ils estiment que la situation de ce pays de 80 millions d’habitants méritent beaucoup plus d’attention. Le site américain Open Source Investigations révèle qu’en pleine campagne électorale, Ed Royce et Chris Smith ont rédigé un courrier à Barack Obama pour réclamer un durcissement des sanctions contre le régime Kabila. Le texte co-signé par deux membres du Congrès démocrates vise explicitement le ministre de l’intérieur, Évariste Boshab, et le chef des services de renseignement, Kalev Mutond.

Quelques jours plus tard, Joseph Kabila voudrait croire que la victoire de Donald Trump renversera la donne. Il n’ignore pas que les élus les plus opposés à sa politique, Chris Smith et Ed Royce, sont Républicains et ont milité pour… Donald Trump. Ed Royce s’est déclaré soutien dès mai 2016 et ne l’a pas quitté depuis. Chris Smith a présidé le « pro-life coalition » (groupe anti-avortement). Alors que le 45ème président américain n’a donné aucune indication sur sa politique africaine, il compte dans son entourage d’éminents membres du Congrès très au fait de la situation en RDC.

Et ils ne sont pas les seuls. « Personne au sénat, ni au Congrès ne cautionne un chef d’État qui modifie sa Constitution et qui tire dans la foule », ironise notre source. Ces tous prochains jours, la Chambre des représentants devrait d’ailleurs voter, à son tour, une résolution sur la situation en RDC pour enfoncer le clou et condamner le régime. But de l’opération: convaincre Obama d’agir plus fermement à l’approche de la date fatidique du 19 décembre qui marque la fin du dernier mandat de Kabila. « La guerre en République démocratique du Congo a fait 3 millions de victimes entre 1996 et 2006 », peut-on lire dans la résolution 780. « Une des causes (de la guerre),souligne le texte, est le délabrement du régime corrompu de Mobutu ». Le président de la Sous-commission Afrique du Congrès accuse aussi le clan Kabila d’avoir « détourné les fonds du Trésor pour enrichir l’élite congolaise ».

[avec Paris Match/lePotentiel]

Sur kongoTIMES!

A lire aussi

RDC : Diminution de l’espace démocratique

La diminution de l’espace politique en RDC a fait l’objet des entretiens entre Andrew Gilmour …

Laisser un commentaire

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l'utilisation de cookies.

Plus d'information

Les paramètres des cookies sur ce site sont mis à « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience possible de navigation. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou vous cliquez sur « Accepter » ci-dessous , vous consentez à ce sujet.

Fermer