samedi , 25 mars 2017
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3eme mandat : « KABILA » campe sur sa position

Le 19 décembre 2016, date probable de fin de mandat du chef de l’Etat Joseph Kabila, approche. A grands pas. Alors que la communauté internationale s’active pour permettre à la République démocratique du Congo de réussir une alternance démocratique dans les termes de la Constitution, des stratèges de la MP se battent bec et ongles pour garantir la survie politique de leur autorité morale après cette date. Le récent passage d’une délégation du Conseil de sécurité en RDC a permis de conforter les uns et les autres dans leur position. La visite de la délégation onusienne a aussi révélé que le chef de l’Etat peut être imprévisible. Cela dans la mesure où il continue à entretenir le flou sur son avenir politique et ses réelles intentions concernant les prochaines échéances. Comme dans ses habitudes, le président Kabila campe sur sa position de ne jamais dire oui de manière tranchée, sans toutefois dire catégoriquement non.

En même temps qu’il rassurait les 15 ambassadeurs du Conseil de sécurité, le chef de l’Etat a aussi semé le doute en évoquant l’éventualité d’un changement de Constitution. C’est lorsqu’il affirme que « je ne briguerai pas un troisième mandat », tout en relativisant tout de suite que « la Constitution peut aussi être changée ». Du coup, Joseph Kabila sème le doute dans la démarche de la CENCO. Entre les assurances d’une transition apaisée et l’option d’un probable troisième mandat, c’est le oui, mais… de Joseph Kabila.

Le 19 décembre 2016, date probable de fin de mandat du chef de l’Etat Joseph Kabila, approche. A grands pas. Alors que la communauté internationale s’active pour permettre à la République démocratique du Congo de réussir une alternance démocratique dans les termes de la Constitution, des stratèges de la Majorité présidentielle (MP) se battent bec et ongles pour garantir la survie politique de leur autorité morale après cette date.

Le récent passage d’une délégation du Conseil de sécurité en RDC a permis de conforter les uns et les autres dans leur position. La visite de la délégation onusienne a aussi révélé que le chef de l’Etat peut être imprévisible. Cela dans la mesure où il continue à entretenir le flou sur son avenir politique et ses réelles intentions concernant les prochaines échéances. Comme dans ses habitudes, le président Kabila campe sur sa position de ne jamais dire oui de manière tranchée, sans toutefois dire catégoriquement non.

Le dernier retranchement

Kabila serait-il déjà dans la position d’un homme seul ? Dans les milieux spécialisés, on en parle de plus en plus. Pendant ce temps, la MP s’active à embrigader le chef de l’Etat dans une logique d’affrontement. La MP cherche à isoler davantage le chef de l’Etat pour lui imposer en fin de compte un schéma.  La médiation de l’Eglise catholique se bute à cette difficulté majeure.

Ce flou trahit l’ambiance qui règne autour du chef de l’Etat où les faucons ont repris du poil de la bête alors que la médiation de la Cenco avait gagné en concessions de la part du chef de l’Etat. Selon des indiscrétions glanées dans les couloirs de la présidence de la République, Kabila a montré des signes évidents de collaborer en renonçant notamment à un troisième mandat après la période transitoire.

Le bémol vient du fait que, juste après ces assurances, le président Kabila bifurque en n’excluant pas la possibilité d’un changement de la Constitution.  Une question taraude les esprits : jusqu’où ira Kabila ? A ce stade, le chef de l’Etat entretient merveilleusement son mythe. Il n’est plus question de scruter ses intentions, parce qu’il ne rate aucune occasion pour étaler ses prétentions de demeurer à la tête de la RDC – même sans mandat électif.

Le représentant de la Grande-Bretagne aux Nations unies a rapporté clairement que le président Kabila nourrit toujours les intentions de surprendre avec une modification de la Constitution pour faire sauter tous les verrous qui l’empêchent de briguer un troisième mandat. Le diplomate britannique a même noté que le président Kabila était agacé qu’on ne s’intéresse qu’à la Constitution congolaise alors que les pays voisins de la RDC modifient à tour de bras leurs constitutions respectives sans que cela ne provoque des réactions au vitriol des membres du Conseil de sécurité.

Le président Kabila, qui fait un bond en arrière, risque de faire cabrer le Rassemblement. Les conséquences sont incalculables pour le pays et pour l’avenir de nombre d’acteurs politiques congolais. La Société civile avait obtenu de la délégation du Conseil de sécurité de l’ONU que des sanctions ciblées onusiennes viennent renforcer la lutte contre les fossoyeurs de la démocratie et des droits de l’Homme en RDC. Ce qui n’avantage ni la Majorité, ni l’Opposition. Les faucons qui se pourlèchent les lèvres à l’idée de réussir un passage en force vont foncer droit vers l’abîme.

Tshisekedi, le fusible

Lorsque le président Joseph Kabila déclare attendre un appel téléphonique du patriarche Tshisekedi, c’est avec émoi que l’ensemble de la communauté nationale l’a appris. En effet, en Africains bantous, le président Kabila a déjà, dans un passé récent, posé des actes applaudis par tout le monde, au nom de la paix. Qu’est-ce qui l’empêche d’agir de même en direction de l’opposant Tshisekedi ? Pourquoi tant de rancœurs envers ce patriarche qui a tant donné pour la démocratie en RDC ? Qui a dit que le fossé (politique) qui les sépare ne peut pas être comblé ?

Au plus fort de la crise avec Jean-Pierre Bemba, Joseph Kabila, président de la République avait décidé de quitter sa résidence pour rendre visite au chairman du MLC. Joseph Kabila n’avait rien perdu de son autorité. Bien au contraire, il en était sorti grandi, donnant l’image de l’homme qui recherche la paix à n’importe quel prix. L’effet produit par cette humilité a été celui de peindre JP Bemba comme un homme hostile à la paix, un va-t-en guerre impénitent.

Le diplomate nippon, présent dans la délégation, a eu des mots justes : « Nous avons rencontré le président Kabila ce samedi… Je lui ai conseillé d’avoir des entretiens directs avec le chef de l’opposition M. Étienne Tshisekedi en vue de promouvoir le dialogue national. En réponse, le président Kabila a dit qu’il est prêt à recevoir un appel téléphonique de M. Tshisekedi à tout moment ». Cette révélation du Japonais met en mal la position du chef de l’Etat qui se présente sous le visage d’un homme opposé au rapprochement. Que pour lui, l’initiative doit venir de Tshisekedi. En attendant un coup de fil du président du Rassemblement ignore-t-il  les us et pratiques en Afrique ?

Plus proche en date, le président Kabila ne se fait pas prier pour rendre des visites fréquentes au patriarche Antoine Gizenga. En bon Africain, ces visites sont saluées par tout le monde. Or, en se rendant à Limete, pour une visite à Tshisekedi, Joseph Kabila se ménagerait une marge suffisante dans l’opinion d’avoir effectué le premier pas. Il renforcerait son image de pèlerin de la paix. Cette visite ne conférera jamais au sphinx l’imperium qu’il a toujours recherché.

En fermant la porte à Tshisekedi, le président Kabila risque de démontrer qu’il garderait une dent contre le sphinx de Limete. Pourtant, dans l’état actuel de la crise politique en RDC, Tshisekedi est un pan de solution – sinon le plus important. En intégrant dans le modèle Moïse Katumbi, en exil forcé en Europe, il devient évident que la tripartite Kabila – Katumbi –  Tshisekedi est indissociable dans la recherche d’une sortie de crise en douceur dans le contexte actuel de la République démocratique du Congo.

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