jeudi , 27 avril 2017

RDC, éviter la guerre

Selon l’ambassadeur de la République d’Angola en RDC : Si ça tourne mal en RD Congo, tous les voisins auront des problèmes… « , fait savoir le diplomate angolais. Il ne faut pas tomber dans le piège de ceux qui ont fait que la Libye, jadis un pays prospère, soit aujourd’hui une nation en lambeaux, après le départ de Kadhafi « . Emilio Guerra a appelé les Congolais à ne pas voir en l’implication de son pays dans la recherche de la solution à la crise Rd congolaise comme « une ingérence, non. Nous n’avons aucun intérêt de voir la RDC s’enfoncer dans la guerre « , a insisté le diplomate angolais. Précisant qu’il sait de quoi il parle,  » l’Angola a une expérience de 27 ans de guerre et 14 ans de paix… « .

Emilio Guerra s’exprimait hier jeudi 10 novembre au cours d’une conférence de presse en sa résidence officielle à la Gombe. Ce face-à-face avec les hommes et femmes des médias intervient un jour avant la commémoration, ce vendredi 11 novembre, du 41ème anniversaire de l’accession de l’Angola à la souveraineté nationale et internationale.

A l’occasion, l’Ambassadeur Emilio Guerra a dévoilé les éléments qui fondent la politique extérieure de son pays. Celle-ci, affirme le diplomate angolais,  » est basée sur la Charte des Nations-Unies et d’autres instruments tels que l’Union africaine, la SADC ou la CIRGL qui sont des guides de la politique extérieure de l’Angola.  » L’ambassadeur Guerra explique que  » la paix dans les pays des Grands-Lacs occupe une place de choix dans la politique extérieure de l’Angola. C’est ce qui justifie d’ailleurs la tenue, les 26 et 27 octobre derniers, à Luanda, du sommet de la Cirgl pour évaluer l’application de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. »

Les chefs d’Etat présents à cette rencontre consacrée essentiellement à la crise rd congolaise, avaient entériné les conclusions des travaux du dialogue de la Cité africaine. Non sans appeler ceux des Congolais qui s’étaient volontairement mis à l’écart de ces assises, notamment les membres du Rassemblement, à s’y impliquer, pour plus d’inclusion. Avant eux, il y a eu l’Union africaine par la voix du président Idris Deby et l’ONU qui en avaient pris acte. L’Angola, a-t-il dit, ne pouvait qu’emboucher la même trompette tout en encourageant tous les acteurs de la scène politique congolaise à un sursaut patriotique.

Emilio Guerra a prévenu les Congolais :  » Il ne faut pas tomber dans le piège de ceux qui ont fait que la Libye, jadis un pays prospère, soit aujourd’hui une nation en lambeaux, après le départ de Kadhafi « . Pour le diplomate angolais, c’est parce que  » les Libyens n’ont pas veillé sur leurs intérêts… « , a déploré le diplomate angolais.

Sur le plan économique, l’Ambassadeur Emilio Guerra a reconnu que depuis 2008, l’Angola souffre énormément de la crise économique et financière internationale.  » Néanmoins, on se bat pour maintenir le secteur de la santé, l’éducation, l’environnement… « . Cependant, a-t-il affirmé, l’Angola essaye de juguler cette crise en dépit de la chute spectaculaire du prix du baril du pétrole. Parmi les stratégies arrêtées, l’ambassadeur a cité la diversification de l’économie.  » Le pétrole seul est source de malheur. Nous avons pris la décision de diversifier l’économie. Nous nous étions endormis sur le laurier du pétrole qui nous a trahis… « , s’est exprimé l’ambassadeur Guerra.

Abordant la question des élections dans son pays, il a rassuré que le gouvernement angolais et la Commission électorale se préparent déjà à la tenue des élections l’année prochaine.  » C’est depuis 2013 que les opérations d’enrôlement de nouveaux électeurs ont débuté, ainsi que l’actualisation du fichier électoral. Car 7 millions d’électeurs sont attendus aux urnes pour élire leur président et les nouveaux députés nationaux.  »

L’objectif, soutient Emilio José de Guerra, est de rendre irréversible la démocratisation dans le pays.

DOS SANTOS, CANDIDAT EN 2017 ?

L’ambassadeur Emilio Guerra a fait remarquer que son pays devait organiser, depuis bien longtemps déjà, des élections. Mais c’est cette longue guerre de 37 ans qui a tout perturbé. C’est ainsi qu’après la mort de Jonas Savimbi, la priorité était d’abord de remettre le pays sur les rails. Notamment en reconstruisant le pays (routes, ponts, barrages hydroélectriques etc.)

En plus, a-t-il ajouté, il fallait une Constitution qui s’adapte aux nouvelles réalités du pays. Cela est passé par un référendum, et le peuple a tranché. Ainsi, le président n’a droit qu’à un mandat de sept ans, renouvelable une seule fois. Le premier mandat d’Edouardo s’achève en 2017.  » S’il le souhaite, il pourra se représenter encore « , a signifié l’ambassadeur Guerra.

REPONSE DE DOS SANTOS A TSHISEKEDI

Répondant à une question de la presse sur la présence d’un émissaire du président Dos Santos chez Etienne Tshisekedi, ce, quelques jours après le sommet de la Cirgl à Luanda, Emilio Guerra a indiqué que cet envoyé spécial était porteur d’une lettre du président angolais, en réponse à une correspondance que le président du Conseil des Sages du Rassemblement lui avait adressée, vers fin septembre. « Nous ne connaissons rien du contenu de cette lettre. Et ces genres d’informations ne se traitent pas en public « , a-t-il souligné.

[Didier KEBONGO et Fyfy TANGAMU]

Sur kongoTIMES!

A lire aussi

RDC : Diminution de l’espace démocratique

La diminution de l’espace politique en RDC a fait l’objet des entretiens entre Andrew Gilmour …

Laisser un commentaire

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l'utilisation de cookies.

Plus d'information

Les paramètres des cookies sur ce site sont mis à « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience possible de navigation. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou vous cliquez sur « Accepter » ci-dessous , vous consentez à ce sujet.

Fermer