mardi , 28 mars 2017
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Diplomatie : Kinshasa est dans les sales draps

En cette fin du deuxième et dernier mandat de Joseph Kabila, la République démocratique du Congo semble inexistante sur le plan diplomatique. Plusieurs personnalités de la communauté internationale ont fait le tour de l’Afrique ces dernières semaines tout en évitant l’escale de Kinshasa. La démocratie semble éloigner Kinshasa de la communauté internationale.

La Majorité présidentielle a visiblement du mal à tirer un quelconque dividende politique de la non-tenue des élections dans les délais constitutionnels. La famille politique du chef de l’Etat pensait que le glissement ne sera que du pain béni pour elle. Que nenni ! Kinshasa est dans les sales draps. Et Dieu seul sait de quoi sera fait l’après-19 décembre.

De l’intérieur, les contestations sont grandissantes chaque jour qui passe. Au point qu’une bonne frange de l’Opposition, de la Société civile et de la population ne jure que par le départ du président sortant le 19 décembre 2016, dernier jour de son deuxième et dernier mandat, conformément à la Constitution. Filimbi, Lucha, Rassemblement sont autant d’organisations citoyenne et politique qui continuent de réclamer à cor et à cri le respect de la Constitution et la poursuite du processus démocratique en RDC. Leurs actions ne font que fragiliser le pouvoir de Kinshasa, le poussant à la faute dans la répression et la violation des droits et libertés des citoyens que les agences spécialisées de l’ONU ont promis de faire le monitoring en vue de voter des sanctions.

Même l’accord politique de la cité de l’Union africaine peine à s’imposer à toutes les forces vives de la nation. L’Eglise catholique ne l’a jamais signé, de même que certains acteurs politiques et de la Société civile. L’on envisage même la tenue d’un autre dialogue plus inclusif auquel devront prendre part les acteurs du Rassemblement.

De l’extérieur, le pouvoir de Kinshasa est tourmenté de toutes parts. Les Etats-Unis tiennent une liste de sanctions contre des personnalités congolaises qui persécutent la démocratie dans le pays. Trois officiers supérieurs de l’armée et de la police sont déjà dans l’œil du cyclone. Aussi, les USA, l’ONU et l’Union européenne font-ils pression sur Kinshasa pour que les élections, gage de paix et de stabilité en RDC, soient organisées dans un timing le plus rapproché possible des délais constitutionnels de décembre 2016.

Kinshasa s’isole

Les partenaires de la RDC ne se limitent pas seulement aux prises de position. Ils essaient aussi d’isoler politiquement Kinshasa. Non seulement que les autorités congolaises ne sont plus accueillies chaleureusement dans les capitales occidentales, mais aussi la capitale congolaise est superbement évitée par des personnalités du monde occidental en visite sur le continent noir. Les exemples sont légion.

De l’Américain John Kerry à la chancelière Angela Merkel d’Allemagne en passant par l’Israélien Benyamin Netanyahu, le président français François Hollande ou son Premier ministre Manuels Valls, personne n’a jugé utile de faire une escale à Kinshasa au cours de leurs récents voyages en Afrique.

Jusqu’au début de la semaine, le Premier ministre français, Manuel Valls, était en Afrique. Il a entamé depuis vendredi une tournée en Afrique de l’Ouest dans le but de renforcer les liens avec certains pays qui ont pu se sentir délaisser par la France ces dernières années. Il s’est rendu au Togo, au Ghana et en Côte d’Ivoire. Kinshasa n’a pas été au programme. Même lors de son voyage en juillet 2015 en Afrique centrale, François Hollande, qui a été jusqu’à Luanda, n’a pas daigné visiter la capitale congolaise.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a effectué à partir du 9 octobre un voyage de trois jours au Mali, au Niger et en Ethiopie avant de recevoir mercredi 12 octobre 2016 à Berlin les présidents du Tchad et du Nigeria. Presqu’à la même période, le secrétaire d’Etat américain John Kerry est arrivé le jeudi 13 octobre à Kigali, au Rwanda, pour participer à la 28ème réunion des parties au Protocole de Montréal sur la protection de la couche d’ozone. En dépit de sa prestigieuse place de deuxième massif forestier de la planète, la RDC n’a pas intéressé John Kerry.

De même, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, avait effectué, du 4 au 7 juillet 2016, une tournée en Afrique de l’Est, notamment en Ouganda, au Kenya, en Éthiopie et au Rwanda. C’était la première visite d’un Premier ministre israélien en exercice sur le continent africain depuis Yitzhak Shamir, en 1987. Au-delà du symbole d’Entebbe, entré dans l’histoire comme un raid légendaire des forces spéciales israéliennes, cette visite voulait marquer le renouveau des liens entre Israël et l’Afrique. Au cours de ce voyage, Benyamin Netanyahu a participé même à un mini-sommet sur la lutte contre le terrorisme. Kinshasa qui voit sa partie Est envahie par des terroristes a été superbement ignoré !

Bien d’autres visites en Afrique de très hautes personnalités du monde n’ont jamais intégré Kinshasa dans leurs agendas. Il en est des visites en Afrique de Barack Obama ou du président chinois en décembre 2015. Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a été en août 2016 à Nairobi dans le cadre de la Ticad 6. Avant lui, le Premier ministre indien Narendra Modi a effectué une tournée en juillet 2016 au Mozambique, au Kenya, en Tanzanie et en Afrique du Sud.

Cet isolement brouille même le message de Kinshasa. En août dernier, le gouvernement congolais, par le truchement de son porte-parole, avait lancé un appel à la communauté internationale pour l’aider dans la lutte contre le terrorisme, notamment à Beni et dans toute la zone de l’Est. Aucune capitale occidentale n’a répondu à cet appel. Même Kampala n’a pas jugé opportun d’engager ses troupes dans la traque des terroristes qui se trouveraient en RDC.

Kinshasa paraît vraiment comme un trou diplomatique que les radars  des capitales occidentales ignorent superbement à cause de la forfaiture de la Majorité présidentielle voulant fouler aux pieds le processus démocratique.

[lePotentiel]

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