jeudi , 27 avril 2017
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Sondage : KAMITATU, l’imposteur

Avoué de Moïse Katumbi qui l’a pris aux soins depuis qu’il a quitté le Gouvernement pour rejoindre sa croisade pour la présidence, Olivier Kamitatu a poussé le bouchon trop loin. Dans une démarche d’une imposture exécrable, ce brillant cadre sorti de l’ICHEC, en Belgique, a sorti son agence de sondage, BERCI, des oubliettes de sa petite histoire pour concocter un bidonnage prétendument présenté comme un sondage d’opinion et créditer l’ancien Gouverneur de l’ex-Katanga des préférences de vote des Congolais à la présidentielle. Pour mener à bien son imposture, Kamitatu s’est flanqué de Jason Stearns, chercheur américain aigri pour avoir été expulsé de la RDC en avril 2016 et qui est à la tête d’un organisme, le GEC, qui est financé, entre autres, par l’Open Society Initiative, organisme dit philanthropique de George Sorros, richissime homme d’affaires américain à la tête d’un lobby qui coache les radicaux de l’opposition depuis le séminaire de l’île de Gorée, au Sénégal, jusqu’à Genval, en Belgique, où est né le « Rassemblement ».

Le summum de l’imposture. Il n’y a pas de mot plus fort ou plus approprié pour qualifier ce qui est présenté comme un sondage d’opinion réalisé pendant cinq (5) mois par deux organisations sorties de nulle part. Il s’agit bien du sondage produit par le Bureau d’Etudes, Recherches et Consulting International (BERCI) et Congo Research Group (Groupe d’Etudes sur le Congo-GEC).

Qui sont les « sondeurs » ?

Le premier, BERCI, est une agence en cessation d’activités depuis près de vingt (20 ans). BERCI appartenait, en effet, à une association entre Francesca Bomboko, fille de feu Justin-Marie Bomboko, et Olivier Kamitatu, alors jeune homme d’affaires qui rejoindra le maquis de Jean-Pierre Bemba après la prise de pouvoir par l’Afdl lorsque l’Association des Jeunes Entrepreneurs du Congo (AJEC) dont il était membre fût fermée. Sa partenaire Francesca Bomboko tenta de maintenir le fonctionnement de la structure, mais pas pour longtemps. Aujourd’hui, Olivier Kamitatu milite pour la candidature de Moïse Katumbi à la présidence de la République et joue un rôle majeur dans la mobilisation des médias occidentaux à coups de billets verts pour la cause. Ceci n’est plus un secret sur la place de Bruxelles ou de Paris.

Le second, le GEC, est un nébuleux organisme de droit américain sorti de nulle part – il n’y a aucune indication sur la date de sa création sur son site Internet – et qui se donne la vocation de mener des recherches et des enquêtes sur la situation politico sécuritaire de la seule République Démocratique du Congo. Il est dirigé par un certain Jason Stearns, chercheur américain qui a été expulsé de la RDC en avril 2016 pour avoir trompé l’immigration sur sa résidence au pays et déclaré diriger un organisme non enregistré en RDC.

Avant de venir à Kinshasa, Stearns avait fait des commentaires sur les publications de Panama Papers dans lesquelles apparaissaient un membre de la famille présidentielle congolaise, attribuant à celle-ci une fortune non estimée à travers des allusions et des insinuations sans fondements factuels.

Ce n’est pas tout. Stearns est aussi connu pour ses rapports avec des organisations ayant des ramifications au sein de la classe politique congolaise, particulièrement l’aile radicale de l’opposition aujourd’hui réunie au sein du « Rassemblement ». Parmi ces organisations et médias, on peut citer l’International Crisis Group (ICG) et Bloomberg qui reçoivent des subsides d’un certain George Sorros, richissime homme d’affaires qui avait cofinancé le séminaire controversé des opposants et certains membres de la société civile congolaise à l’île de Gorée, au Sénégal.

En fait d’enquête, les publications du GEC avec Jason Steanrs sont, surtout ces deux dernières années, des réquisitoires systématiques contre le pouvoir et cela dans tous les domaines et en toutes circonstances.

Last but not least, le conseil consultatif du GEC en dit également long sur cette organisation pour préciser sa nature et faire suspendre une grosse hypothèque sur l’objectivité de ses publications. En fait, le conseil consultatif de cet organisme n’est composé que de trois personnes dont deux ont pour dénominateur commun les ennuis qu’ils ont eus avec le Gouvernement congolais, mais aussi leurs organismes d’appartenance.

Le premier se nomme Pascal Kambale. Ancien Directeur de l’Association  Zaïroise de défense des Droits de l’Homme (AZADHO devenue ASADHO après l’avènement de l’AFDL), cet avocat congolais avait dû s’exiler suite à des frictions avec le nouveau régime. Aujourd’hui, c’est lui qui représente l’Open Society Initiative, un organisme dit philanthropique créé et financé par George Sorros, le même, au sein du GEC. Pascal Kambale fait aussi des prestations auprès de HumanRights Watch, autre organisme de droit américain qui reçoit également des subsides de l’Open Society Initiative.

Le deuxième nom du conseil consultatif du GEC n’est autre que… Ida Sawyer. La même aussi ! Egalement chercheur pour le compte de HumanRights Watch, cette dame a longtemps mené des enquêtes en RDC et dont les rapports sont ce que l’on en sait. Comme Jason Stearns, Ida Sawyer a été reconduite à la frontière de la RDC en mai dernier. La Direction Générale de Migrations avait expliqué alors que l’intéressée était détentrice de deux visas d’établissement en cours de validité. « Ce qui est contraire à la loi », notait alors la DGM. Le premier visa octroyé en 2013 expirait le 8 août 2016. Le deuxième avait été octroyé en mai 2016 et devait expirer le 9 mai 2019. Ce deuxième visa avait été annulé pour « chevauchement ». Et au sujet de ladélivrance de ce deuxième visa, qui n’avait pas suivi la voie régulière, certains agents de la DGM avaient été sanctionnés.

Des aigris qui produisent un sondage foncièrement partial

Ces profils suffisent à démontrer la vacuité d’un soi-disant sondage qui s’est fait trahir, quant à l’authenticité de l’expression d’une réelle opinion et à son objectivité, par les antécédents et les statuts actuels de leurs auteurs qui sont des parties actives plus qu’intéressées dans le sujet même de ce sondage d’opinion. On a affaire à une communauté d’intérêts qui a voulu berner l’opinion en soudoyant des médias, dont certains connus pour leur sérieux, pour conférer quelque crédit à une telle imposture.

En tous cas, ce sera une grande première, ce soi-disant sondage qui vient ainsi allonger la longue liste des bidonnages en la matière. Il faudra, cependant, attendre de voir comment les spécialistes du domaine se détermineront par rapport à un tel document qui souille l’importance même des sondages dans la vie des sociétés démocratiques. En effet, nous sommes ici en plein mensonge, dans une odieuse manipulation qui n’avait pour but que de forcer l’opinion pour asseoir une fallacieuse thèse de la suprématie de Moïse Katumbi, patron d’Olivier Kamitatu au sein du G7 et du « Rassemblement », en perspective des élections.

D’ailleurs, il n’en fallait pas plus pour provoquer l’ire des autres acteurs membres du « Rassemblement », notamment les tshisekedistes pur-sang qui, eux aussi, crient au bidonnage.

Le contenu de l’imposture

Est-il encore besoin de s’attarder sur le contenu d’un document dont les contours ont déjà pipé les dés ? En tous cas, par rapport à la théorie même d’un sondage, on ne sait pas nommer ce document d’un sondage d’opinion qui a été mené durant 5 mois, soit de mai à septembre 2016, avec un questionnaire de 150 questions et un échantillon de 7.545 sondés soi-disant à travers toute l’étendue du territoire national. Si l’on s’en tient aux trois questions qui ont retenu l’intérêt de ce « sondage », on constate qu’il se voulait comme un instantané des intentions de vote de l’opinion congolaise à un moment donné. Généralement, pour photographier cette opinion, le sondage ne dure pas plus de trois jours, mais avec l’évolution de la technologie, ce n’est qu’une question d’heures ou de minutes. La question est alors de savoir quel est ce genre de sondage qui a eu besoin de cinq mois pour produire un instantané ou, plutôt, de savoir si, un « sondage » mené pendant cinq mois peut produire un instantané.

Bref, les spécialistes auront certainement le temps de nous éclairer en cette matière, mais retenons avec la commission française des sondages que « un sondage est, quelle que soit sa dénomination, une enquête statistique visant à donner une indication quantitative, à une date déterminée, des opinions, souhaits, attitudes ou comportements d’une population par l’interrogation d’un échantillon ».

Dossier à suivre

[Pascal Debré Mpoko/droite congolaise]

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