jeudi , 23 février 2017
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Sommet de Luanda : Absence remarquée du Rwandais KAGAME et de l’Ougandais MUSEVENI

24 heures après le sommet de Luanda, le président Kagame est arrivé jeudi matin à Brazzaville pour une visite officielle. Lorsqu’on imagine le rôle que jouent d’un côté, le président Paul Kagamé, et de l’autre, le président Yoweri Museveni dans la crise congolaise, leur absence à Luanda a intrigué.  Quelque chose s’est passé et c’est ce qui pourrait justifier le boycott de ces deux voisins de la RDC dans la capitale angolaise. Que le président Kagame traverse d’Est en Ouest la RDC pour se retrouver de l’autre côté du fleuve Congo ne peut qu’alimenter les conjectures. Il y a anguille sous roche.

Luanda commence à livrer ses secrets. L’absence remarquée du Rwandais Paul Kagame et de l’Ougandais Yoweri Museveni à ce sommet a intrigué.  Au lendemain de ces assises, Paul Kagame a fait le déplacement de Brazzaville. Pour quoi faire ? C’est qu’il  s’est passé des choses qui n’ont pas été reprises dans la déclaration finale.  La RDC reste une question à polémique au sein de la CIRGL et c’est la face cachée du sommet de Luanda.

Qu’est-ce qui s’est donc passé, mercredi dernier, dans la capitale angolaise ? 48 heures après ce sommet, bien des zones d’ombre entourent le sommet de Luanda qui s’est penché, entre autres, sur la situation tendue en République démocratique du Congo, au Burundi, en République Centrafricaine et au Soudan du Sud.

Cinq chefs d’Etat ont fait le déplacement de Luanda. Outre le président du pays hôte, José Eduardo dos Santos de l’Angola, on a noté la présence de Joseph Kabila de la RDC, Denis Sassou Nguesso de la République du Congo, Edgar Lungu de la Zambie, et Idriss Déby Itno du Tchad, également président en exercice de l’Union africaine. Les chefs d’Etat du Kenya, du Burundi, du Swaziland, de l’Afrique du Sud, du Soudan, de la Tanzanie et de l’Ouganda étaient représentés au plus haut niveau. Seul bémol du côté du Rwanda qui a délégué à cette rencontre son ambassadeur à Luanda.

Partenaires de la CIRGL, le président de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini Zuma, l’envoyé du secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands Lacs, Saïd Djinnit, ainsi que les représentants des pays membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont répondu à l’appel du président angolais.

Si les autres sujets inscrits à l’ordre du jour ont été traités sans accroc, de profondes divergences, apprend-on des sources diplomatiques, sont cependant apparues sur la question de la RDC.

De ces deux grands absents de la capitale angolaise, la grande surprise est venue du Rwanda. Kigali, qui n’a trouvé mieux que de se faire représenter par son ambassadeur en Angola, a affiché une attitude frisant la frustration. L’inquiétude était d’autant plus vive que, 24 heures après le sommet de Luanda, le président Kagame est arrivé jeudi matin à Brazzaville pour une visite officielle.

Selon le programme officiel rendu public par la présidence du Congo/Brazzaville, les deux chefs d’Etat ont eu, jeudi dans la soirée, un tête-à-tête. Un communiqué officiel devait fixer ces entretiens en haut lieu. On ne devait pas s’attendre à de grandes révélations dans ce communiqué final. Sans doute, on va se limiter aux formules alambiquées en vogue dans les us et coutumes diplomatiques.

Lorsqu’on imagine le rôle que jouent d’un côté, le président Paul Kagamé, et de l’autre, le président Yoweri Museveni dans la crise congolaise, leur absence à Luanda a intrigué.  Quelque chose s’est passé et c’est ce qui pourrait justifier le boycott de ces deux voisins de la RDC dans la capitale angolaise. Que le président Kagame traverse d’Est en Ouest la RDC pour se retrouver de l’autre côté du fleuve Congo ne peut qu’alimenter les conjectures. Il y a anguille sous roche.

D’ores et déjà, l’on pourrait facilement réfuter le fait que son absence à Luanda était liée à son calendrier très chargé. C’est la coutume en diplomatie. Ce qui est évident c’est que la vérité est en voie d’éclore. En effet, au sein de la CIRGL, des camps se sont formés. Au centre de la controverse, la question de la RDC. Aussi loin qu’ils soient, Londres, Bruxelles et Washington ont pesé de tout leur poids dans les dernières discussions à Luanda. Ce qui explique la platitude de la déclaration finale de Luanda, en déphasage avec les assurances présentées à l’ouverture du sommet par le président José Eduardo dos Santos.

Kinshasa n’a pas obtenu un chèque en blanc, au terme de la rencontre de la capitale angolaise. Ce n’est pas un fait de hasard que le communiqué final de Luanda, dont Top Congo Fm a rapporté une séquence, ait clairement invité « le gouvernement congolais à créer un climat d’apaisement pour les acteurs n’ayant participé au dialogue ». Qu’est-ce à dire ? Le dialogue de la cité de l’UA, avec en corollaire l’accord politique qui en est sorti, n’a pas décanté la situation. Il faut poursuivre les négociations et élargir le cadre des discussions aux principaux protagonistes. A l’instar du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, plateforme politique de l’Opposition qui renferme en son sein des acteurs majeurs de la politique congolaise.

La face non révélée de l’iceberg

Les non-dits du sommet de Luanda commencent à filtrer, car des langues se délient sans se faire prier. L’euphorie attendue n’est au rendez-vous aussi bien dans l’Opposition que dans la Majorité présidentielle. Le message confus renvoyé par le communiqué final trahit le malaise qui a prévalu pendant les travaux.

Kagame et Museveni, deux absents de taille, ont fait peser un lourd ombrage sur le déroulement des travaux. Ces derniers, renseignent des sources diplomatiques, qui avaient reçu l’envoyé spécial américain dans la région des Grands Lacs avaient promis de ne point jouer le jeu de la SADC qui tient à maintenir une gouvernance sans vision en RDC.

Si les chefs d’Etat de la SADC ont apporté leur soutien à l’accord politique de la cité de l’UA, il n’en est rien de certains autres qui estiment que le problème de la RDC ne peut être résolu que dans le cadre de l’amélioration qualitative de la gouvernance du pays avec une vision claire. Plusieurs chefs d’Etat de la CIRGL ont fait prévaloir cette vision. Des sources présentes à Luanda indiquent que le Tchadien Idriss Déby Itno, président en exercice de l’UA, n’a pas exclu l’hypothèse de revisiter l’accord politique du 18 octobre 2016.

La communauté internationale embouche la même trompette. Les Etats-Unis, qui avaient monté et piloté la fin du régime Mobutu, estiment que l’heure est venue de tourner définitivement cette page noire de l’histoire de la RDC et de la sous-région. Dans leur approche, le pays de l’Oncle Sam privilégie la stabilité par la bonne gouvernance au détriment de son imposition par la force. Le schéma antérieur ayant démontré ses limites pour le cas précis de la RDC, Washington pense que le moment est venu de tourner la page de l’AFDL, enclenché en 1997 par la chute de Mobutu.

La fin constitutionnelle du mandat du président Kabila était l’occasion rêvée par les Etats-Unis, l’Union européenne et les Nations unies pour se réconcilier avec le peuple congolais, en organisant des élections crédibles devant ouvrir grandement la voie à l’alternance démocratique. Ce postulat a été présenté à tous les chefs d’Etat de la région.

C’est la tâche confiée à Tom Perriello, envoyé spécial des Etats-Unis dans la région des Grands Lacs. Partout où il est passé, il a fait passer le message. Il y a peu, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, est allé à Kigali pour répercuter le message, c’est-à-dire l’impératif d’une alternance démocratique en RDC.

Afin de ne point cautionner ce qui est sorti de la cité de l’UA renvoyant aux oubliettes la tenue de la présidentielle censée ouvrir la voie à l’alternance, les présidents Kagame et Museveni n’ont pas daigné effectuer le déplacement de Luanda. L’ombre de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis plane sur leur attitude. En diplomatie, c’est un message fort.

En dépêchant des émissaires, n’ont-ils pas étalé publiquement leur désaccord sur ce qui se complotait à Luanda ? Nenni ! Kagame et Museveni ne tiennent plus à être associés à ce qui peut arriver en RDC, étant donné le souvenir pénible qu’ils ont laissé au peuple congolais.  Convaincus de l’irréversibilité de la dynamique qui s’est installée à Kinshasa, Kampala et Kigali tendent désormais de soigner leur image dans l’imaginaire populaire congolais.

Vis-à-vis de la communauté internationale, Kigali joue au Ponce Pilate. En effectuant le déplacement de Brazzaville, Kagame est allé aux nouvelles. Denis Sassou Nguesso lui a certainement fait le rapport des apartés de Luanda et tout ce qui en est sorti. A son tour, le Rwandais ira sans doute conférer avec son éternel complice, Museveni, en vue d’une position commune.

Dans la région des Grands Lacs, des lignes sont en train de bouger.   Au centre de la manœuvre, l’alternance démocratique en RDC.

[lePotentiel]

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