samedi , 25 mars 2017
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RDC : Article 64 de la Constitution sera appliqué

Unis comme un seul homme et pour la même cause, environ 100 organisations de la société civile et mouvements citoyens, coalisent pour une alternance politique pacifique, le 19 décembre 2016. Ils s’engagent à faire de l’article 64 de la Constitution, leur cheval de bataille.

Quelques jours seulement, après la signature de l’accord politique concluant les travaux du dialogue politique « made by Edem Kodjo » du camp Tshiatshi, des réactions fusent de partout, mettant en cause ce pacte qualifié d’une « tentative d’un coup d’Etat ». La dernière réaction en date, est celle d’une centaine d’ongs et mouvements citoyens qui s’engagent à conjuguer leurs actions pour barrer la route à toute action de nature à violer la Constitution et prolonger le mandat du président de la république, au-delà du délai constitutionnel.

Dans une déclaration commune signée, vendredi 21 octobre 2016 à Kinshasa, ces organisations ont exprimé leur position face à la crise politique qui prévaut en RD Congo (RDC). Parmi les signataires de ce document on note notamment, les célèbres mouvements citoyens Filimbi et Lucha. Mais aussi, les Ongdh ACAJ et Forum pour le chemin de la paix, du docteur Denis Mukwege.

Dénonçant « l’anarchie et le chaos », les signataires constatent que « le rêve démocratique de toute une génération s’évanouit peu à peu dans un sinistre nuage où se mêlent cupidité, corruption, égoïsme et bassesse d’une certaine classe qualifiée  de politique ». Le militant de « Lutte pour le changement (Lucha)», Claude Lubago qui a lu la déclaration martèle : « nous ne reculerons pas face à ceux qui veulent marcher sur la Constitution de nos espoirs ».

Ils affirment que le gouvernement congolais a tout mis en œuvre pour rendre impossible l’organisation et la tenue des élections qui, selon croient-ils savoir, devraient permettre la première alternance démocratique.

Accord « coup d’Etat»

Pour les signataires du document, l’accord politique signé mardi 18 octobre 2016, entre la Majorité présidentielle (MP) et une frange de l’opposition, est le « dernier épisode en date de la longue liste de combines anti-démocratique conçues dans l’unique but de se maintenir au pouvoir, envers et contre tout ».

Cet accord, disent-ils, « ne repose sur aucune base légale, bien au contraire : c’est une tentative d’un coup d’Etat pur et simple, contre la Constitution ». Par conséquent, ce document n’a « aucune légitimité, et ne peut engager que ses signataires », lit-on dans leur déclaration commune. Car, arguent-ils, «ses conclusions ne sont pas seulement contraires à la Constitution de la RDC, mais aussi à la Résolution 2277 du Conseil de sécurité de l’Onu ».

« Au plus tard le 19 décembre 2016 à minuit, le président de la République, Joseph Kabila doit quitter ses fonctions, puisqu’il aura accompli ses deux mandats successifs, conformément à la constitution dont il est le garant, et qu’il est le premier responsable de la non-tenue, dans les délais, de l’élection de son successeur », ont insisté les signataires de la déclaration.

D’après eux, le président de la république n’a « ni le droit, ni la légitimité de tirer quelque avantage que ce soit, de l’impasse intentionnellement planifiée et exécutée pour aboutir à la situation actuelle ». « La vacance doit être constatée et le président du Sénat assume l’intérim de la fonction de président de la république, conformément aux dispositions des articles 75 et 76 de la Constitution », poursuit le communiqué.

Toutefois, les signataires recommandent au Conseil de sécurité des Nations Unies de convoquer un autre forum réellement « inclusif », ayant pour objectifs : trouver un consensus sur les questions électorales ; mais aussi, gérer la période précédant les élections présidentielle et législatives.

Sit-in le 26 et 27 octobre

Par ailleurs, les signataires proposent, dans leur déclaration, que des garanties soient faites consenties à l’égard du président de la république et de ses proches, « à condition que ce dernier s’engage solennellement à rendre le pouvoir, le 19 décembre 2016 ». Ainsi, sollicitent-ils, l’implication des organisations sous régionales et de la Communauté internationale, afin que le Conseil de sécurité de l’Onu vote, « dans les plus brefs délais, (et dans tous les cas de figures, avant le 19 décembre 2016), une résolution allant dans ce sens ».

Par la même occasion, ils appellent le peuple congolais à s’exprimer pacifiquement sur l’ensemble du pays, les 26 et 27 octobre 2016. Pendant ces deux jours, ils prévoient un sit-in devant le siège de l’UA à Kinshasa et devant les Assemblées provinciales, pour ceux de l’intérieur du pays.

« La détermination populaire à protéger, par tous les moyens, sa constitution comporte bien d’inconnus. Mais, si c’est l’unique choix qu’on laisse à ce peuple martyrisé, appauvri et méprisé, pour obtenir le changement qu’il désire ardemment, personne n’aura l’audace de le juger », pense Carbone Beni, chargé de mobilisation au mouvement Filimbi.

« Chacun doit assumer ses responsabilités et personne ne pourra prétendre n’avoir rien vu venir », conclut-t-il.

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