jeudi , 23 février 2017
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RDC : Faut-il définir le statut des anciens chefs d’Etat

Au cours d’une interview accordée à Rfi, un des candidats favoris aux primaires de la Droite française, Nicolas Sarkozy, n’y est pas allé par le dos de la cuillère pour donner son avis sur la situation préoccupante de la RDC. « Au Congo-Kinshasa, le président Kabila fait repousser les élections et réprime violemment son opposition. Plus de cinquante morts le 19 septembre dernier. Quand François Hollande dénonce « des exactions venant de l’Etat congolais lui-même » et dit que c’est « insupportable », est-ce que vous êtes d’accord ou pas ? A cette question de Rfi, Nicolas Sarkozy répond : « Oui. Bon, je voudrais vous faire une proposition : je crois que l’une des choses les plus importantes pour l’Afrique, c’est de définir urgemment ce que pourrait être le statut des anciens chefs d’Etat ». En RDC, la proposition de loi du sénateur Modeste Mutinga sur le statut des anciens chefs d’Etat élus est bloquée au Sénat par la Majorité présidentielle, renseigne une source. Selon celle-ci, la MP estime « qu’on ne doit pas conjuguer l’actuel chef de l’Etat au passé ».

En France, la Droite et la Gauche restent liguées pour le respect de la Constitution en République démocratique du Congo. Après le président François Hollande et son ministre des Affaires étrangères, c’est au tour de Nicholas Sarkozy de demander au chef de l’Etat congolais de respecter la Constitution. Aussi, l’ancien président français plaide-t-il pour la définition « urgente » du statut des anciens chefs d’Etat africains.

Il ne se passe pas une semaine sans qu’une des voix fortes dans la communauté internationale ne clame le respect de la Constitution en République démocratique du Congo. C’est un soutien unanime et total qui se dégage au sein de la communauté internationale et des amis de la RDC en faveur de la préservation de l’ordre constitutionnel actuel et de la poursuite du processus électoral destiné à renouveler les animateurs des institutions publiques. C’est la seule voie qui garantit la paix et la stabilité dans le pays et la région.

Du président américain au secrétaire général des Nations unies en passant par le président français et son ministre des Affaires étrangères, le ministre belge des Affaires étrangères, le Pape François, sans oublier tous les envoyés spéciaux dépêchés à Kinshasa et dans la région des Grands Lacs, l’unanimité se dégage à ce que le pacte républicain de la RDC soit respectéet que les élections soient organisées dans un délai le plus court possible, afin de maintenir le pays sur la voie démocratique.

Mais, en dépit de cette salve d’appels au respect de l’ordre constitutionnel en RDC, le président de la République n’a pas encore daigné réagir, lui qui est le premier visé. Pire, Joseph Kabila ne donne aucun signe de vouloir quitter le pouvoir au 19 décembre, date d’expiration de son deuxième et dernier mandat à la tête du pays. Par contre, la majorité au pouvoir se cabre et se réfugie derrière l’arrêt de la Cour constitutionnelle en interprétation de l’article 70 de la Constitution pour proroger le bail de son autorité morale à la tête du géant Congo.

Sarkozy comme Hollande

Au cours d’une interview accordée à Rfi, un des candidats favoris aux primaires de la Droite française, Nicolas Sarkozy, n’y est pas allé par le dos de la cuillère pour donner son avis sur la situation préoccupante de la RDC.

« Au Congo-Kinshasa, le président Kabila fait repousser les élections et réprime violemment son opposition. Plus de cinquante morts le 19 septembre dernier. Quand François Hollande dénonce « des exactions venant de l’Etat congolais lui-même » et dit que c’est « insupportable », est-ce que vous êtes d’accord ou pas ?

A cette question de Rfi, Nicolas Sarkozy répond : « Oui. Bon, je voudrais vous faire une proposition : je crois que l’une des choses les plus importantes pour l’Afrique, c’est de définir urgemment ce que pourrait être le statut des anciens chefs d’Etat ».

En RDC, la proposition de loi du sénateur Modeste Mutinga sur le statut des anciens chefs d’Etat élus est bloquée au Sénat par la Majorité présidentielle, renseigne une source. Selon celle-ci, la MP estime « qu’on ne doit pas conjuguer l’actuel chef de l’Etat au passé ».

Pourtant, c’est depuis le 22 avril 2015 que le Sénat avait déclaré recevable « la proposition de loi portant statut des anciens présidents de la République élus ». Plus d’une année après, ce texte moisit toujours dans les tiroirs de la Commission Politique, administrative et judiciaire de la Chambre haute du Parlement.

La Majorité présidentielle ne veut pas lâcher prise dans son jusqu’auboutisme actuel pour imposer son schéma de gestion de la période post-19 décembre, en l’absence de la tenue d’élections dans les délais constitutionnels. Cette prise de position pourrait être justifiée par l’absence de garanties suffisantes pour épargner un chef d’Etat élu d’éventuelles humiliations après son mandat.

Le spectre du Burkina Faso ?

La situation en RDC demeure explosive. Une bonne frange de l’Opposition considère qu’au 19 décembre, l’actuel président de la République doit démissionner. Ce que la MP n’approuve aucunement. Du coup, toute la RDC est en alerte. L’on ne sait pas ce qui va se passer au courant de ce mois fatidique de décembre 2016.

Pour Nicolas Sarkozy, la situation de la RDC pourrait ressembler à celle du Burkina Faso ou du Niger, si l’on n’y prend garde. « Ce qui se passe en République démocratique du Congo n’est pas admissible. Mais c’est ce qui s’est passé au Niger avec le président Tandja. C’est ce qui s’est passé au Burkina Faso avec le président Blaise Compaoré », a relevé Sarkozy au micro de Rfi. Pour l’ancien président français, la solution reste dans le respect de la Constitution. « Il y a une constitution, que chacun respecte la Constitution. Et s’ils veulent la faire changer, ça doit être changé dans des conditions démocratiques », a-t-il soutenu.

L’ancien président français ne trouve pas « normal » l’attitude de Kinshasa de repousser à très loin les élections juste pour se maintenir au pouvoir.  « Il se trouve que pour le président Kabila, il a fait deux mandats. La Constitution prévoit qu’il ne peut pas en faire un troisième. Et il ne se donne même pas la peine de modifier la Constitution, il repousse simplement la date des élections. Personne ne peut considérer que c’est normal, s’agissant d’un pays qui doit être entre 80 millions et 100 millions d’habitants, un pays absolument considérable »,a expliqué le premier président de Républicains.

Comme pour prévenir, Nicolas Sarkozy redoute que le président congolais ne subisse le même sort que Mamadou Tandja (renversé en 2010 pour avoir tenté de prolonger son mandat à la tête du Niger) ou Blaise Compaoré (renversé en 2014pour avoir cherché à modifier la Constitution en vue de se maintenir au pouvoir).« J’avais dit au président Tandja que s’il faisait ça ce serait une catastrophe, ça l’a été. Et j’avais dit au président Compaoré, aussi, qu’il ne devrait pas faire cela ».

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