samedi , 25 mars 2017
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La RDC prise en sandwich

Des gouvernementaux de même que des ONG nationales et internationales se sont mis en branle  et ont inondé la toile de dossiers relatifs aux scandales financiers et autres massacres des populations dont seraient coupables les autorités congolaises. La MP devrait prendre ces dénonciations au sérieux et comprendre que son autorité est menacée d’isolement diplomatique et beaucoup davantage. Ce vent qui souffle à la fois des USA et de l’Europe indique la RDC est prise en sandwich.

Pourquoi avoir choisi ce moment précis pour déterrer des dossiers qui font état de scandales financiers et de massacres des populations dont seraient coupables les autorités de la RDC ? La question est toutes les lèvres tant à Kinshasa qu’ailleurs. L’ex-colonie belge traverse une zone de fortes turbulences. Il s’agit d’une forte tension préélectorale entretenue par la majorité au pouvoir (MP) et l’Opposition qui se renvoient la balle concernant les dépassements des délais constitutionnels. La discordance sur le calendrier électoral et la gestion de la période de transition a conduit à des affrontements meurtriers entre les manifestants et les forces de l’ordre les 19 et 20 septembre 2016.

Le fond du problème c’est que, malgré les déclarations de bonne intention des uns et des autres, le rapprochement entre les deux parties reste une gageure. Le dialogue lancé sur les chapeaux de roue sous la houlette de la MP bat de l’aile du fait de son manque d’inclusivité. L’Opposition, représentée par le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, l’a boycotté pour des raisons formulées sous forme de préalables auxquels ni la MP ni la facilitation n’a daigné réserver une suite favorable. Et dire que le facilitateur désigné par l’Union africaine a été récusé par le Rassemblement qui lui reproche son inféodation au pouvoir de Kinshasa.

En guise de réplique aux travaux de la Cité de l’Union africaine, le Rassemblement a tenu son conclave à Limite et rendu publiques les conclusions le 4 octobre 2016. Comme on pouvait le craindre, celles-ci ne sont pas à même de baisser la tension sur le terrain. Les conclavistes ont renouvelé le préavis signifié le 19 septembre à Joseph Kabila et promis à ce dernier un carton jaune le novembre prochain avant le carton rouge réservé pour le 19 décembre 2016. C’est dire que le semblant d’accalmie actuelle cache pas mal de surprises. Pas agréables du tout. Chaque protagoniste a campé sur sa position.

Ce climat délétère est interprété de diverses manières au niveau international. D’aucuns, proches de l’Opposition  et donc du peuple congolais, ont accusé Kinshasa d’avoir fait un usage disproportionnel de la puissance publique à l’endroit des manifestants les 19 et 20 septembre 2016.  Ils ont exigé des enquêtes pour que des responsabilités soient établies et que les coupables soient traduits devant la justice. Washington, Paris, Bruxelles, etc. n’ont pas caché leur préoccupation face à ce spectre de guerre civile qui se profile à l’horizon.

Du coup, une unanimité s’est dégagée au niveau international : il faut sauver la RDC, particulièrement le peuple congolais, victime d’antagonismes politiques.  Cette compassion à l’endroit du peuple congolais  a poussé gouvernements et organisations non gouvernementales (ONG) à accentuer la pression sur le pouvoir de Kinshasa afin de l’obliger à libérer le processus électoral, d’une part, et à rendre le tablier le plus tôt possible, d’autre part.

Pour y arriver, cette coalition de gouvernements et ONG est allée déterrer des dossiers dits sales. Il s’agit de dossiers sur les scandales financiers et des massacres des populations dont les bonzes du régime de Kinshasa et leurs partenaires étrangers se seraient rendus coupables.

Le Net est inondé de ces dossiers dont certains remontent à dix, quinze ans. Ce n’est pas moins un message que la MP devrait prendre au sérieux. L’histoire récente et ancienne est riche en illustrations. Car, le but poursuivi par ces dénonciations est d’affaiblir le pouvoir de Kinshasa et lui indiquer que la RDC n’est pas le Burundi, ni le Congo-Brazzaville. L’étau se resserre autour de Joseph Kabila, la seule planche de salut dans l’élan vers la signature d’un compromis politique avec l’Opposition dans un cadre plus inclusif que celui de la Cité de l’Union africaine.

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