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RDC : 19 octobre, ville morte

Le rapport des forces entre la majorité, telle que reconfigurée à l’issue du dialogue politique de la cité de l’UA, et le Rassemblement des forces acquises au changement va se dessiner avec la signature de l’accord politique, mardi prochain, et la ville morte décrétée, le lendemain mercredi 19 octobre. Ces deux journées valent un test pour les deux camps. Mais, à l’UDPS d’Etienne Tshisekedi, son secrétaire général, Kabund, promet un franc succès de l’opération « ville morte » du mercredi 19 octobre 2016.

La conclusion du dialogue national de la cité de l’UA culmine, ce mardi, avec la signature de l’accord politique, dit global, entre la majorité, une fraction de l’opposition et un groupe de la société civile. La plénière d’aujourd’hui lundi est consacrée à la présentation de ce projet discuté le week-end par le groupe restreint mis en place afin d’aplanir les divergences entre la majorité et l’opposition. Même si le Rassemblement n’a pas rejoint ce dialogue, il reste que les participants ont laissé des ouvertures pour permettre à ce regroupement d’opposition de rejoindre le train qui ne serait plus loin du terminus.

Au Rassemblement, on n’entend pas se joindre au train piloté par Edem Kodjo. Autour de Tshisekedi, le front de refus se consolide. En retour, l’UDPS et le Rassemblement projettent une journée « ville morte » le mercredi 19 octobre 2016. Le secrétaire général de l’UDPS, Kabund, promet un franc succès de cette opération.

Mais, à la cité de l’UA, le Dialogue est entré dans sa dernière ligne droite. Dans ses conclusions, le Dialogue compte adopter un modus vivendi sur la gestion du pays pendant la période intérimaire qui va débuter à partir du 19 décembre 2016. Selon des indiscrétions, une période transitoire sera organisée jusqu’à la tenue des élections à la date probable d’avril 2018. La Céni (Commission électorale nationale indépendante) voulait des élections au plus tôt le 28 novembre 2018. Mais, l’Opposition a finalement obtenu de la Majorité la réduction de ce délai de six mois, se démarquant des projections initiales de la Céni.

Au terme du Dialogue, cette opposition gagne également la Primature, ainsi que l’entrée de plusieurs de ses membres dans le gouvernement « de large union nationale » qui sera chargé de la gestion de la transition.

Ce n’est pas pour autant que le Rassemblement désespère. Il est favorable au respect strict de la Constitution, s’accrochant au désir populaire d’alternance à la tête du pays. Les Congolais dans l’ensemble ne tiennent plus à revivre l’expérience de la pérennisation d’un homme aussi brillant soit-il à la direction du pays. Ce désir a été gravé dans la Constitution du 18 février 2006. C’est la flamme que tente de rallumer davantage le Rassemblement, face aux multiples manœuvres de la majorité présidentielle.

Deux logiques s’affrontent

Mardi et mercredi, ce sont ces deux logiques politiques qui vont s’affronter puisque depuis un temps au pays, la bipolarisation des approches a consacré également la recomposition de l’espace socio-politique. D’un côté ceux qui tiennent à offrir au président Kabila une rallonge en violant la Constitution « volontairement » et de l’autre ceux qui tiennent au respect de la Constitution par le respect strict de ses dispositions sur les mandats du chef de l’Etat.

Ceux qui manœuvreront à bon escient pourraient gagner en termes d’adhésion et aussi pousseront à la révision des positions en tenant compte de la volonté du peuple qui sera clairement exprimé. Reste que personne ne veut que ce combat démocratique quitte ce terrain pour celui de la violence aveugle. Tant des forces de sécurité que des manifestants. Il faut aussi éviter toute provocation qui irait dans le sens de diaboliser ou d’empêcher aux autres le droit de revendiquer la différence. Mais à tout prendre, il est clairement établi que la volonté populaire est connue et tout le monde cherche à s’en approcher.

Même au Dialogue national, tout est fait pour se rapprocher de la volonté populaire d’alternance en RDC, conformément à la Constitution du 18 février 2006 adoptée par référendum par la majorité des Congolais.

Est-ce à dire que le pont est définitivement rompu entre les « dialoguistes » de la cité de l’UA et le Rassemblement. Ce n’est pas évident. Dans tous les cas, le Dialogue de la cité de l’UA n’a pas réussi à dissiper les tensions pré-électorales en RDC. Bien au contraire, il en a créé davantage. Les prochains jours et mois promettent bien des étincelles. A peine adopté, l’accord politique de la cité de l’UA doit maintenant se mesurer à la force populaire de la rue.

Appel pour l’observation de la journée ville morte

1. Le 19 septembre 2016, le peuple congolais a constaté avec amertume la non-convocation, par la CENI, du corps électoral pour l’élection présidentielle et ceci en violation de notre constitution ;

2. Le même jour, par l’ampleur de la manifestation pacifique, organisée par l’opposition, le peuple congolais a signifié à Monsieur Kabila que son second et dernier mandat prend fin le 19 décembre 2016 à minuit,

3. Au lieu de répondre à cette interpellation massive du peuple congolais par la voie de la sagesse, Monsieur Joseph Kabila a choisi de réagir par la violence, en réprimant dans le sang les manifestations pacifiques, ce qui a coûté la vie à plus d’une centaine de nos compatriotes, devenus martyrs – que nous n’oublions jamais -, de la lutte pour la démocratie dans notre pays et le respect de notre constitution ;

4. Par ces atrocités, le pouvoir espérait ainsi intimider notre peuple et installer la peur en son sein ;

5. Monsieur Joseph Kabila multiplie des provocations inutiles, des arrestations arbitraires massives des membres de l’opposition ainsi que des leaders de la société civile ;

6. La République démocratique n’a jamais connu des telles dérives dictatoriales depuis son accession à l’indépendance ;

7. En conséquence, le Rassemblement appelle le peuple congolais à observer une journée ville morte, ce mercredi 19 septembre, en guise de carton jaune adressé à Monsieur Joseph Kabila.

Fait à Kinshasa, le 15 octobre 2016

Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA

Président du Conseil des Sages

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