vendredi , 15 décembre 2017
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Un corp calciné, siège de l'UDPS, Kinshasa
Un corp calciné, siège de l'UDPS, Kinshasa

Dictature en RDC : La communauté internationale doit s’activer

Déboulonner une dictature n’est pas chose facile par principe. Ceci est d’autant plus difficile en Afrique où les chefs d’État trouvent plusieurs subterfuges pour demeurer au pouvoir. Le Congo-Kinshasa, empêtré dans un contexte social et politique bien particulier, vit depuis longtemps et continue de vivre sous la coupe de la dictature. Imbus d’eux-mêmes et indifférents aux appels lancés de toute part les priant de trouver une solution conforme aux prescrits de la constitution, les tenants du pouvoir ont cru qu’ils pouvaient tout se permettre et tout imposer au peuple congolais. Ils étaient tellement habitués à la légendaire attitude pacifiste des Congolais qu’ils s’imaginaient qu’il ne se passerait rien du tout. Ils avaient encore les préjugés voulant que le peuple congolais soit naïf, peureux, amorphe, en un mot, incapable d’actions d’éclats. La complicité de ses cadres corrompus, que d’aucuns appellent « nègres de service » et la mainmise de la communauté internationale ont creusé le lit pour la persistance de la dictature.

Cependant, il a fallu les quatre glorieuses journées du mois de janvier 2015 pour que tous s’aperçoivent qu’ils avaient un profil biaisé du peuple congolais. Ils ne s’imaginaient pas un seul instant que devant l’ampleur de la souffrance, la cruauté de la misère et les exactions de toutes sortes, la population puisse un jour réagir. Déboussolés par cette vive réaction, les caciques du pouvoir avaient dû revoir leurs copies. En dépit de cela, l’entêtement endiablé et le manque de réalisme ont eu, une fois de plus, le dessus sur le bon sens. Ils ne pouvaient penser et ne veulent pas penser autrement qu’en termes de la conservation du pouvoir à tout prix avec Kabila à la tête du pays.

C’est un comportement paradoxal qui frise à bien d’égards la paranoïa. Ceci d’autant plus que le bilan politique et social de l’auteur de cette crise, Kabila, qui ne veut se prononcer explicitement qu’il quittera le pouvoir au terme de son deuxième mandat, est catastrophique. Des défis en défis, ils ont poussé le pas très loin. Se croyant plus malins que tout le peuple congolais et comptant surtout sur la force militaire pour mâter toute résistance, ils ont cru que leur cycle de pouvoir serait ad vitae aeternam. Kabila, Mende, Kin Kiey et les autres griots chanteurs ne cessaient de claironner que le ciel ne tombera pas sur la tête des Congolais.

Tout en disant cela, il a fallu qu’il y ait des petites escarmouches pour qu’ils sortent l’artillerie lourde sur les rues pour tuer et massacrer la population. Devant un déferlement disproportionné de force et face au dénigrement et à l’abus de pouvoir, le peuple congolais qu’on disait amorphe se devait de se prendre en charge. Particulièrement, la jeunesse congolaise ayant compris pleinement les enjeux autour de cette crise entretenue à dessein et nourrissant la ferme volonté de quitter le désœuvrement chronique sans lendemain dans lequel elle était enfermée, elle a osé d’emprunter le chemin de l’espoir au prix du sacrifice suprême. Ainsi, déterminé que jamais, la population congolaise s’est levée débout pour braver la mort afin de retrouver la liberté, la dignité et le droit inaliénable de choisir ses propres dirigeants et d’aspirer ainsi à une alternance politique. Il fallait en arriver à ce sacrifice suprême, comme si déjà le nombre des morts causés par cette dictature ne suffisait pas.

Contrairement au passé, cette fois-ci la configuration d’un soulèvement populaire semble se préciser. En effet, les morts ne se comptent pas seulement du côté de la population, qui a manifesté, sans armes. On en compte aussi du côté des forces de l’ordre au service du régime sanguinaire. C’est donc une période très dure qui s’ouvre pour les gens au pouvoir. Le temps où ils dirigeaient le pays sans crainte d’être attaqués ou inquiétés est révolu. Désormais, c’est dans des bunkers où ils devraient diriger et exercer leurs fonctions.

Cependant, on pourrait éviter la catastrophe et le chaos généralisé en trouvant une issue politique inclusive à cette crise dans l’intérêt suprême de la nation. Car, qu’on se le dise, le Congo survivra à Kabila et, s’il est placé entre les mains des dirigeants responsables, conscients et compétents, il décollera en peu de temps au grand profit de tous.

La communauté internationale qui est appelée à accompagner ce processus devrait abandonner la rhétorique et s’activer, sans malice, afin que le libre choix du peuple soit réellement respecté. De son côté, le peuple congolais ne doit pas lâcher prise. Il doit lutter jusqu’au bout pour déboulonner la dictature afin que le sang de nombreux martyrs qui sont entrés dans l’olympe de la nation ne soit versé pour rien. Pour maintenir le statu quo. Il doit impérativement servir pour en découdre avec Kabila et ses suppôts. Tous.

[Mwamba Tshibangu]

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