samedi , 27 mai 2017
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RDC : Blocage du dialogue politique

La communauté internationale hausse ton : « Toutes les parties prenantes (…) ont la responsabilité d’agir dans le strict respect de la loi et des droits de l’homme, et devront faire face aux conséquences de leurs actes en cas de manquement », ont lancé l’Union africaine, l’Organisation des Nations unies, l’Union européenne, aux protagonistes de la crise congolaise. Voilà concernant la répression policière. Mais tous exigent également l’organisation d’un dialogue « inclusif », avec toutes les parties prenantes. « Les groupes politiques qui ne font pas partie des négociations en cours » sont invités « à jouer un rôle plus constructif en vue de contribuer à la tenue d’élections crédibles le plus tôt possible ».

Le dialogue national n’a toujours pas repris à Kinshasa après les violences des 19 et 20 septembre. La suspension de la participation de la délégation de l’opposition, les vives critiques de l’Eglise catholique et le boycott du Rassemblement d’Etienne Tshisekedi pourraient déboucher sur le départ du facilitateur de l’Union africaine (UA), Edem Kodjo.

Le blocage du dialogue politique, censé mettre sur pied un calendrier électoral et statuer sur l’avenir de Joseph Kabila après la fin de son mandat, paraît de plus en plus inextricable. Les deux jours de manifestations anti-Kabila, qui ont fait au bas mot une trentaine de morts à Kinshasa, avaient déjà sérieusement plombé le forum, alors que majorité et opposition s’étaient mis d’accord sur un « glissement » du calendrier d’au moins 16 mois pour réviser intégralement le fichier électoral corrompu de 2011.

Les violentes manifestations des 19 et 20 septembre ont semblé apporter une réponse cinglante de la population à ce qui ressemblait à un maintien au pouvoir du président Kabila. Deux points décisifs restaient pourtant en suspens : la date des prochaines élections (toujours inconnue aujourd’hui) et l’avenir de Joseph Kabila au soir du 19 décembre, dernier jour de son mandat officiel.

La majorité, seule au dialogue

Après la répression sanglante de Kinshasa, et l’arrêt pendant 48 heures du dialogue, c’est la délégation de l’opposition qui a décidé de ne pas revenir à la table des discussions, vendredi 23 septembre. Un nouveau coup dur pour la facilitation. La mobilisation des 19 et 20 septembre a forcé Vital Kamerhe à prendre un peu de distance avec le forum. Par respect pour les nombreuses victimes, mais aussi pour réitérer ses préalables : un délai court et une date claire pour l’organisation de la présidentielle, la certitude que Joseph Kabila ne briguera pas de nouveau mandat et une recomposition de la Commission électorale (CENI). Une suspension de la délégation de l’opposition qui intervient après celle de l’Eglise catholique et de la société civile qui reprochent également au président Kabila de vouloir s’accrocher au pouvoir.

Le facilitateur et la majorité présidentielle se retrouvent donc bien seuls dans un dialogue qui vire au monologue : le Rassemblement de Tshisekedi et Katumbi le boycottent, alors que Vital Kamerhe, l’Eglise catholique et la société civile ont claqué la porte.

Kodjo et le dialogue « made in Kabila »

Pendant ce temps, la communauté internationale hausse ton : « Toutes les parties prenantes (..) ont la responsabilité d’agir dans le strict respect de la loi et des droits de l’homme, et devront faire face aux conséquences de leurs actes en cas de manquement », ont lancé l’Union africaine, l’Organisation des Nations unies, l’Union européenne, aux protagonistes de la crise congolaise. Voilà concernant la répression policière. Mais tous exigent également l’organisation d’un dialogue « inclusif », avec toutes les parties prenantes. « Les groupes politiques qui ne font pas partie des négociations en cours » sont invités « à jouer un rôle plus constructif en vue de contribuer à la tenue d’élections crédibles le plus tôt possible ».

Concernant les principaux opposants, Etienne Tshisekedi et Moïse Katumbi, l’un des points d’achoppement s’appelle Edem Kodjo, le facilitateur de l’Union africaine. Le Togolais est jugé « trop proche du pouvoir » dans un dialogue voulu et convoqué par le chef de l’Etat lui-même. Le Rassemblement rejette un dialogue « made in Kabila », qui selon eux, n’a d’autre but que de légitimer le maintien au pouvoir du président congolais au-delà des limites de son mandat.

Vers un nouveau dialogue ?

En visite, chez Etienne Tshisekedi à Kinshasa, plusieurs diplomates occidentaux ont évoqué la délicate question du facilitateur, que la rue kinoise appelle désormais « le complicateur ». Le ministre des Affaires étrangères belge, Didier Reynders a avancé un nouveau nom pour remplacer le Togolais. Il s’agit de Saïd Djinnit, l’ancien envoyé spécial de l’ONU pour les Grands lacs.

Du côté du Rassemblement, plusieurs autres noms circulent comme Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies ou Joaquim Chissano, l’ex-président mozambicain. Mais rien n’est encore fixé et pour le moment, il n’est pas sûr que le seul nom de Saïd Djinnit suffise à ramener les principaux leaders de l’opposition autour de la table du dialogue. Les opposants exigent également la libération des prisonniers politiques et l’arrêt des poursuites judiciaires à l’encontre de Moïse Katumbi. Des préalables encore inacceptables pour le camp présidentiel. Jusqu’à quand ?… puisque le temps presse. Une chose est sûre, les jours d’Edem Kodjo semblent comptés à Kinshasa.

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