lundi , 29 mai 2017
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RDC, le temps de la lucidité est venu

Alors qu’elle est constamment présente dans la vie politique de la République Démocratique du Congo depuis l’indépendance du pays jusqu’à ce jour, la communauté internationale ne fait pas l’objet d’une attention particulière dans le rôle qu’elle a joué hier, dans la responsabilité qu’elle assume aujourd’hui et dans l’horizon qui s’ouvre à elle au sein des multiples crises du système de gouvernance au Congo-Kinshasa.

Souvent, le discours qui court à son sujet dans la société congolaise obéit à deux poncifs incantatoires : celui de la communauté internationale comme force de salut  pour l’unité et la stabilité de la nation congolaise, et celui de la même communauté internationale comme puissance de domination et de destruction du pays dans sa volonté de souveraineté et de liberté.

En réalité, quelle que soit la bribe de vérité et l’éclat de réalisme qui caractérisent d’une manière ou d’une autre chacun de ces poncifs, ils ne creusent pas à fond ce que des pays comme les Etats-Unis, la France et la Belgique en tant que moteur de l’action du système international au Congo disposent en termes de poids, de présence et d’orientation dans la société congolaise. Cela soit en leur nom propre, chacun d’eux pris isolément, soit dans leur pression sur les institutions internationales aux plans financier, militaire ou humanitaire, soit par le biais des trusts privés et des mercenaires de service dont l’action est immense dans le destin du peuple congolais.

Une présence salutaire qui saute aux yeux

Le poncif le plus connu, c’est celui qui voit dans la communauté internationale comme réseau des pays les plus puissants de la planète une dynamique de salut pour la RDC depuis l’indépendance du pays.

Il est fondé sur des réalités visibles et indubitables. Au lendemain de l’autodétermination politique de la nation congolaise déjà, il a fallu l’intervention des forces des Nations Unies pour empêcher l’implosion de la jeune nation dans les sécessions funestes qui menacèrent son unité au Katanga et au Sud Kasaï. Ce fut une intervention dont le sens ne fut pas seulement l’exigence du respect du principe international de l’intangibilité des frontières issues de la colonisation, mais surtout des impératifs de la guerre froide où l’enjeu congolais pour la stabilité du monde était de taille entre l’Est et l’Ouest. On était en pleine géostratégie dont dépendra le destin du pays pour les années à venir à l’échelle des enjeux politiques et économiques. En plus, il y avait également l’enjeu humanitaire. Il était immense dans un pays gigantesque situé au cœur de l’Afrique, dont l’ordre mondial de la guerre froide ne pouvait pas supporter une tragédie à grande échelle, dans un contexte de fragmentation et d’émiettement que l’on nomma congolisation. Ce vocable désignait non seulement une dynamique de balkanisation, mais surtout l’explosion des forces du chaos avec de montagnes de cadavres et de gouffres d’hommes et de femmes livrés à la famine, au désespoir et aux affres du néant, comme cela fut le cas pendant les rebellions tragiques de Mulele, Soumialot et Gbenye.

Sans les Nations Unies, le Congo aurait sombré non pas seulement dans les turbulences de la guerre froide, mais surtout dans la chaleur et les fureurs de ses propres démons de division liés autant à une indépendance précipitée, à l’impréparation de ses élites face aux immenses tâches de la gestion d’un Etat moderne qu’à l’obscurité du chemin sur lequel toute l’Afrique s’engageait.

On a tellement entendu ce poncif sans en creuser à fond le sens qu’il est devenu une vérité de La Palisse, un mantra dont se délectent les amis congolais de la communauté internationale quand ils refusent d’analyser toute la dynamique du salut apporté au Congo par cette communauté juste après l’indépendance. Qu’est-ce que ce salut dévoile des intentions des pays occidentaux qui eurent le Congo en leurs mains et des autres protagonistes de la guerre froide qui ambitionnèrent d’avoir les Congolais dans leur escarcelle. Et les Congolais eux-mêmes, quelle vision ont-ils eu hier et ont-ils aujourd’hui des sauveurs de l’unité de leur pays et de la substance du salut dont ils bénéficièrent abondamment ? Ce ne sont pas là des questions que l’on entend souvent lorsqu’il est question des dithyrambes sur la MONUC ou la MONUSCO. On n’y évoque ni les intérêts économiques énormes des pays occidentaux au Congo, ni la naïveté politique des Congolais dans leur manque de culture géostratégique, ni tout le passé de mort qui a été caractérisé par la situation coloniale dans l’ensemble de l’Afrique. C’est à croire que le Roi Baudouin avait convaincu profondément la conscience congolaise dans son discours d’exaltation de l’héritage belge au Congo le 30 juin 1960.

De la guerre froide à la mondialisation ultralibérale : une trame douloureuse

Beaucoup de Congolais qui réfléchissent au destin de leur pays dans les mailles de l’ordre mondial après la colonisation exaltent, quant à eux, un autre poncif : celui de leur pays comme champ du nouvel esclavage. Au lieu de parler du salut par l’intégration du Congo uni et stable dans le processus de globalisation actuelle de la planète, ils parlent plutôt de la continuité du système d’exploitation, de domination, d’asservissement et de destruction du continent par l’Occident depuis l’irruption des Blancs dans la trajectoire vitale des Noirs au début des temps modernes. Ils adoptent le point de vue du discours de Lumumba le 30 juin 1960. A leurs yeux, nous sommes aujourd’hui encore, avec la République Démocratique du Congo, dans une logique dont les grandes stations de calvaire africain que sont la traite des nègres, la colonisation, la néo-colonisation et la mondialisation néolibérale. On n’est sorti ni des profondeurs du système léopoldien ni des mailles de la colonisation belge. Il ne faut d’ailleurs pas attendre que la communauté internationale, compte tenu de son histoire même, change de fusil d’épaule dans la crise congolaise. Ce qui l’intéresse et qui fait partie de son être même, ce sont ses intérêts liés à des mécanismes précis de fragilisation de l’Afrique en générale et du Congo en particulier.

Depuis le temps de mes études universitaires jusqu’à ce jour, l’Afrique a tellement répandu ce poncif qu’elle en a fait sa grille de lecture de tout ce qui se passe de catastrophique sur ses terres. Elle voit partout la main invisible de l’Occident, nom réel de la communauté internationale à ses yeux. La grille a servi à lire la crise ivoirienne il n’y a pas longtemps. Elle est servie dans nos pays dans la lecture africaine de la crise en Lybie. En RDC, C’est depuis l’assassinat de Lumumba et le tour de passe-passe politique par lequel Mobutu est sorti du chapeau de l’Occident dans un coup d’Etat macabre qu’on sait que les intérêts de l’Occident priment sur la vie des populations congolaises. En 32 années de dictature sanglante et durant toute la période de la guerre froide, la communauté internationale a soutenu l’insoutenable système du mobutisme, contre le peuple du Congo. Il a fallu que tombe le mur de Berlin et que Mobutu cesse d’être utile dans les nouveaux enjeux de la mondialisation pour qu’une nouvelle politique américaine de la renaissance africaine émerge et chasser le Maréchal du pouvoir, dans un montage lugubre dont le prix pour les populations congolaises fut tragique, avec des guerres de prédation, d’exploitation et d’ambitions balkanisatrices où le pays gémit encore. Conséquence de cette politique : le Congo a été profondément déstabilisé, précipité dans un cyclone politique dont on exige maintenant que la communauté internationale le sorte en jouant le rôle d’accompagnement et d’arbitrage dans le dialogue entre politiciens congolais. Ces hommes et ces femmes dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils souffrent d’amnésie sur l’histoire de leurs pays en croyant que la solution à la crise congolaise viendra de la bonté et de la bonne foi de l’Occident.

Une logique pour s’orienter dans la situation actuelle du monde

Quand je vois ressurgir aujourd’hui des poncifs comme celui du salut de la nation congolaise par la communauté internationale ou celui du naufrage du Congo sous la poussée du méchant et bougrement cannibale Raminagrobis qu’est l’Occident, je me demande s’il n’est pas temps de regarder plus sereinement les réalités pour élaborer une nouvelle stratégie congolaise des règlement des problèmes congolais, avec de nouvelles clés pour ouvrir les portes de l’avenir.

On sait aujourd’hui que la communauté internationale est une fiction dont se servent les grandes puissances pour masquer les pivots de leurs propres politiques et les leviers de leurs intérêts vitaux. Depuis les guerres américaines en Irak et les interventions françaises en Lybie et en Côte d’Ivoire ou au Mali, nul n’ignore que l’utilisation du système international fonctionne comme une manipulation à petite ou à grande échelle pour valider l’idée que tel ou tel pays puissant du Conseil de sécurité des Nations Unies ou de l’OMC utilise pour justifier sa propre politique, qu’elle soit bonne ou désastreuse, juste ou injuste, justifiée ou injustifiable. Il y a des moments où la manipulation se fonde sur des raisons valables et prend des allures de raison éthique. Il y en d’autres où tout baigne dans du pur machiavélisme et dans les mensonges les plus sinistres, avec une utilisation sophistiquée des moyens de communication modernes pour justifier l’injustifiable,  pour faire passer l’injuste comme la justice même, pour nommer salut les plus désastreux des calamités infligées aux populations.

La communauté internationale joue sur le charme ou sur la terreur à partir d’un vaste clavier de possibilités de puissance dont les chefs d’orchestre ou les chefs de guerre sont ceux que Jean Ziegler désigne par l’expression de Maîtres du monde. Ceux-ci ne sont pas seulement les Etats et leurs politiques d’intérêts vitaux. Ce sont également les forces économiques et financières du système de la rationalité néolibérale dont les mailles entourent toute notre planète aujourd’hui. Ce sont aussi les forces des médias internationaux dans leur orientation des imaginaires sociaux, partout où ils sont capables de manipuler les consciences et les esprits.

Dans une telle situation, se donner pour interpréter le monde et les réalités locales ou nationales des instruments qui jugent du salut ou de la damnation en faisant confiance à ce que la communauté internationale dit d’elle-même et présente comme image de son action, c’est se conditionner pour être manipulé ou trompé sur ce que les grandes puissances sont et ce qu’elles veulent être dans le monde tel qu’il est aujoud’hui.

La meilleure manière de juger une situation donnée et de l’orienter de manière féconde dans l’interprétation des faits, c’est de sortir de la logique manichéiste du bien et du mal, de la lumière et des ténèbres, du salut et de la damnation, pour décider d’entrer en soi-même, d’analyser les choses à partir de soi-même et de regarder tous les paramètres dans leur complexité et dans leur ambiguïté. On utilisera alors une grille d’analyse que l’on doit désigner par l’expression de dialectique du parfois.

Dans le cas de la communauté internationale comme fiction utile, cette dialectique du parfois peut être présentée ainsi :

  • Parfois la communauté internationale dit vrai et refuse le mensonge
  • Parfois la communauté internationale dit faux et refuse la vérité
  • Parfois la communauté internationale dit vrai et dit faux en même temps.
  • Parfois la communauté internationale ne dit ni vrai ni faux.

Pour appliquer cette dialectique, il est important de savoir qu’elle ne concerne pas seulement la parole de la communauté internationale, mais aussi son jugement et son action. Il faut être solide et serein en soi-même pour savoir déceler à quel moment faire fonctionner l’une ou l’autre des dimensions du « parfois » dans la perception que l’on a de la parole, du jugement et de l’action de la communauté internationale, avec justesse. La solidité et la sérénité dont il est question ont un nom : la consistance intérieure et la liberté de pensée pour mener une analyse dont le seul parti-pris acceptable est celui des intérêts vitaux de son propre pays.

Sans cette consistance intérieure, sans cette liberté de penser par soi-même et pour la concrétisation de ses propres idées-forces dans l’intérêt de son propre pays dans son ensemble, il est hasardeux de confier à ce qu’on appelle la communauté internationale l’accompagnement et l’arbitrage des conflits politiques de sa propre nation.

C’est cette erreur que le monde politique de la République Démocratique du Congo commet depuis des décennies.

Le temps d’inventer des solutions congolaises aux problèmes du Congo

La première grande erreur de la classe politique congolaise, c’est de manquer de centre de gravité intérieur à partie duquel elle fait appel à la communauté internationale dans les problèmes politiques du Congo. Elle n’a pas la force de se penser elle-même selon les principes fondamentaux que tout Etat sérieux doit mettre en œuvre dans ses relations avec le monde extérieur. Notamment :

  • Le principe responsabilité : savoir qu’en toute chose, ce que l’on veut et ce que l’on fait dépend de soi-même et de la manière dont on s’organise pour manifester ses forces d’être et ses capacités d’action, de manière concrète, pragmatique.
  • Le principe utopie : penser et vivre son destin à partir de grandes utopies, de grands desseins et de grandes ambitions que l’on déploie pour imposer de soi une grande et forte image dans le monde.
  • Le principe solidarité : travailler avec toutes les forces vives de la nation et dans la solidité d’une identité nationale construite sur des forces d’identités tribales unies pour un projet d’un être-ensemble fertile.
  • Le principe novation : développer une dynamique de créativité pour affronter les situations avec de solutions nouvelles, voire inattendues.

Depuis l’indépendance, l’absence de sensibilité à ces principes et à leur cohérence à fait que la classe politique congolaise se tourne toujours vers la communauté internationale pour être accompagnée et subir l’arbitrage de facilitateurs proposés par des instances qui n’ont pas souvent une idée claire sur ce que le Congo veut être et réaliser comme Etat dans l’ordre mondial actuel. Quand des médiateurs et les facilitateurs étrangers arrivent, ils ont en face d’eux des hommes politiques dépourvus de consistance intérieure et de cohérence logique dans ce qu’ils peuvent faire ensemble. Les arbitres sont dépaysés et leur jugement est obscurci au point qu’ils finissent par jeter l’éponge.

La deuxième erreur de la classe politique congolaise, c’est de ne pas voir que la communauté internationale est elle-même déjà « congolisée » quand elle traite de problèmes du Congo. Dire que la communauté internationale est déjà « congolisée » signifie qu’elle est fragmentée en réseaux et factions qui manquent de cohérence et  de capacité d’agir ensemble en vue d’un même projet.

C’est dans cette fragmentation, cette incohérence et cette absence de dynamique d’action commune que s’inscrit la pertinence de la dialectique du parfois.

On l’a vu au temps de Mobutu : des fois la France condamnait une décision politique zaïroise et menaçait le Zaïre des sanctions internationales et Mobutu recevait en même temps le soutien de la Belgique avec des déclarations d’amour de la bouche même du Premier Ministre belge, comme le fit W. Mertens il y a des décennies déjà. Quand l’Américain Richardson est venu signifier au Maréchal qu’il n’aurait plus de soutien des Etats-Unis et qu’il devait quitter le pouvoir, Jacques Chirac a réaffirmé au président congolais tout son appui pour qu’il reste à la tête du Zaïre, avec la promesse d’intervenir auprès du pouvoir américain pour « arranger » la situation. La Belgique a pu être traitée de petit pays par Mobutu grâce aux garanties de la fidélité américaine à la politique du pays du Grand Fleuve.

Tout cela signifie qu’il n’y a pas eu une vision commune des grandes puissances contre le chef d’Etat zaïrois. Celui-ci a pu jouer une puissance contre l’autre sans problème.

En plus, les entités que l’on désigne par le terme de communauté internationale ne se trouvent à un même niveau de compréhension des situations à problème ni à un même niveau d’analyse de ce qui est spécifique au Congo. L’ancien colonisateur belge ne voit pas le Congo à la même échelle d’intérêt que la puissance américaine. La France confond tellement le Congo avec son pré-carré qu’on se demande si les idiosyncrasies congolaises et les subtilités politiques de nos terroirs peuvent lui être totalement transparentes. Quand on ajoute à cela les situations des structures financières de chaque pays et les poids différents des trusts capitalistes de chacune des puissances au Congo, il est difficile de s’attendre à une entente sereine de l’Occident comme un bloc monolithique face au présent et à l’avenir de la RDC. Les choses se compliquent plus encore lorsqu’on considère les intérêts des puissances émergentes comme la Chine et l’Inde en Afrique ainsi que les attentes et les intérêts du Japon face aux richesses congolaises.

Dans ce contexte disloqué, attendre une réponse unique de la communauté internationale à la crise politique actuelle de notre pays est un leurre. Il n’y a qu’à voir la différence entre la fermeté des Etats-Unis sur le respect de la Constitution par le président Joseph Kabila et le louvoiement des forces de l’ombre dans l’Union Européenne pour savoir qu’une entente entre politiciens congolais sur ce qu’il y a lieu de faire pour sortir de la crise est impossible rien qu’en misant sur les conseils venus de l’extérieur.

Faute d’une analyse de la situation congolaise par les Congolais eux-mêmes comme force unie autour des intérêts de leur pays, il n’est pas possible que la communauté internationale trouve une solution unique qui rassemblerait les Congolais qui n’ont pas eux-mêmes de consistance intérieure pour affronter les problèmes à l’interne. Quand bien-même la communauté internationale aurait la possibilité d’accompagner la crise congolaise et de dirimer les débats entre Congolais, les perceptions du Congo que chaque membre de cette communautés a comporte tellement de possibilités de vérité et de mensonge, de lumière et d’ombre, d’exactitude et d’erreur, de salut et de damnation que la dialectique du parfois que l’on mettrait en jeu pour les analyser rendrait le problème infiniment opaque.

Faire une absolue confiance à l’accompagnement et à l’arbitrage de la crise politique congolaise par  les puissances occidentales ou par n’importe quelle puissance mondiale extérieure au Congo serait une erreur monumentale. C’est cette erreur, la troisième, que commettent les politiciens congolais. Ils n’ont pas une maîtrise suffisante de la dialectique du parfois dans sa complexité pour comprendre que la solution aux problèmes congolais doit être congolaise et qu’elle commence par une conversion du Congo à ses propres intérêts, selon les quatre principes de responsabilité, d’utopie, de solidarité et de novation.

Toutes les solutions qui n’obéiraient pas à cette trame du sérieux des Congolais eux-mêmes par rapport à eux-mêmes seraient de la fiction semblable à la fiction de la communauté internationale elle-même.

Comment peut-on manifester le sérieux des Congolais par rapport à eux-mêmes, dans la situation actuelle d’un dialogue politique qui est bloqué complètement ?

En considérant les différents niveaux d’un dialogue qui se voudrait solide et fertile, le sérieux serait de le faire jouer à toutes les échelles où les blocages peuvent sauter à partir de l’honnêteté, de la consistance intérieure et du souci de la nation dont les acteurs politiques devront faire montre :

  • L’échelle de la rencontre directe entre le président de la République, Joseph Kabila et de l’opposant principal, Etienne Tshisekedi. S’ils sont incapables de se parler face à face et de se dire face à face les vérités susceptibles de faire triompher le sens qu’ils ont de la destinée du Congo, rien ne sert d’imaginer que le Congo a des chefs à la hauteur de la situation. Le peuple congolais ferait mieux de les oublier et de les plonger ipso facto dans les poubelles de l’histoire. C’est maintenant ou jamais que Kabila et Tshisekedi doivent sortir du petit jeu des rencontres entre leurs subalternes afin de sauver la nation congolaise par leur engagement dans un dialogue directe et responsable, les yeux dans les yeux.
  • L’échelle des responsables politiques qui ont le souci du Congo et de la destinée congolaise. Ils devraient mettre leurs intérêts individuels en berne pour faire briller l’intérêt de la nation au ciel des utopies du peuple.
  • L’échelle des discussions citoyennes entre toutes les forces vives de la nation. Cela peut et doit se faire dans  une perspective qui situe les problèmes au-delà des querelles politiciennes partisanes. Tous nos terroirs entreraient dans des recherches profondes sur les solutions à la crise politique de notre pays, solidairement.
  • L’échelle du dialogue national à la sénégalaise, où chaque citoyen peut s’adresser directement au président de la République à une occasion déterminée, à travers les médias ou à travers les périodes de tournées présidentielles dans le pays.
  • L’échelle des heures de vérité entre les élus nationaux et leurs électeurs ou entre les élus eux-mêmes sur des questions d’intérêt général pour sauver le pays avec de solutions innovantes.

Quand on cherche des solutions congolaises aux problèmes de la nation congolaise, faire jouer tous ces niveaux de dialogue évite de donner à la communauté internationale plus de place qu’il ne faut dans la crise politique au Congo et de réduire son rôle à celui de vrais amis qui aident les Congolais à se rencontrer pour discuter en profondeur et en vérité, avec confiance et sérénité pour bâtir un pays plus beau qu’avant. Pour savoir qui sont les vrais amis et qui sont les faux, il faudra voir qui, parmi les membres de la communauté internationale au chevet du Congo, sont vraiment capables d’unir les Congolais et qui cherchent à les diviser par des conseils fallacieux où la politique se pense et se vit en termes de violence, de conservation du pouvoir à tout prix et de destruction du tissu social national dans le goût de l’avoir pour détruire l’être.

Le temps de la lucidité est venu pour la classe politique congolaise et pour la nation tout entière.

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