mardi , 28 mars 2017
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Sanctions ciblées : Washington frappe encore en RDC

Le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) a sanctionné, mercredi, les hauts officiers de la sécurité congolaise. Il s’agit des généraux Gabriel Amisi Kumba de la et John Numbi. L’OFAC désigne spécifiquement John Numbi « pour son engagement dans des actions ou des politiques qui sapent le processus ou les institutions démocratiques en RDC, et Gabriel Amisi Kumba pour être à la tête d’un groupe armé qui a menacé la paix, la sécurité et la stabilité de la RDC », lit-on dans le communiqué de l’institution américaine, précisant qu’à « la suite des actions initiées aujourd’hui, tous les avoirs des individus désignés relevant de la juridiction des Etats-Unis sont gelés, et il est généralement interdit aux ressortissants américains de se livrer à une quelconque transaction avec eux ». Pour le porte-parole du gouvernement congolais, « ce schéma américain correspond à celui qui a conduit au chaos des pays comme la Libye et le Sud-Soudan, aujourd’hui menacés de disparition, après avoir été soi-disant aidés par ceux qui se sont arrogés le rôle de maîtres du monde et pour lesquels  sont versés maintenant des larmes de crocodile ».

Washington poursuit avec les sanctions ciblées contre les personnalités de la République démocratique du Congo (RDC). Le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor des Etats-Unis a sanctionné, mercredi 28 septembre 2016, les hauts officiers de la sécurité congolaise. Il s’agit des généraux Gabriel Amisi Kumba et John Numbi, respectivement commandant de la première zone de défense de l’armée congolaise et ancien chef de la Police nationale congolaise (PNC).

L’OFAC désigne spécifiquement John Numbi « pour son engagement dans des actions ou des politiques qui sapent le processus ou les institutions démocratiques en RDC, et Gabriel Amisi Kumba pour être à la tête d’un groupe armé qui a menacé la paix, la sécurité et la stabilité de la RDC », lit-on dans le communiqué de l’institution américaine, précisant qu’à « la suite des actions initiées aujourd’hui, tous les avoirs des individus désignés relevant de la juridiction des Etats-Unis sont gelés, et il est généralement interdit aux ressortissants américains de se livrer à une quelconque transaction avec eux ».

« Des agents de l’Etat congolais ont continué de violer les droits politiques et les libertés publiques du peuple congolais, comprenant l’implication dans la détention de représentants de la société civile et de l’opposition pour des raisons politiques, des violations des droits de l’homme fondamentaux et l’usage illicite de la force », poursuit le communiqué.

Il relève que « dans plusieurs régions du pays, les forces de défense et de sécurité ont violemment réprimé des manifestations organisées pour faire pièce à un nouveau projet de loi électorale qui, comme beaucoup de gens le craignent, permettrait au Président Kabila de briguer un troisième mandat ».

Par conséquent, les Etats-Unis se disent « alarmés » par les violences qui se sont produites à Kinshasa la semaine dernière, causant ainsi la mort de « dizaines de civils et de plusieurs policiers ainsi que la destruction des sièges de deux partis politiques de l’opposition par les forces de sécurité gouvernementales ». Et pour Washington, « ces actions ont sapé les institutions et le processus démocratiques et menacé la paix, la sécurité et la stabilité de la RDC et de son peuple ».

Pourquoi Gabriel Amisi Kumba ?

Le Général-Major Gabriel Amisi Kumba, dit « Tango fort » est un commandant des Forces armées de la RDC (FARDC). Il est le chef des unités FARDC dans la Première zone de défense, qui couvre l’ex-province du Bandundu, le Kongo Central, l’ex-province de l’Equateur et Kinshasa. Selon les USA,  ses unités auraient participé à une répression violente des manifestations politiques et à des exécutions extrajudiciaires.

« Des violations accrues des droits à la liberté d’expression, d’association et de rassemblement pacifique ont été rapportées dans les provinces de l’ouest du pays, plus particulièrement à Kinshasa. Les soldats des FARDC ont utilisé la force de manière excessive et des armes mortelles pendant les manifestations et les rassemblements politiques, particulièrement au cours des manifestations organisées par des leaders de l’opposition et des acteurs de la société civile en janvier 2015 », indique le communiqué.

Les américains estiment que, « bien qu’Amisi ait été impliqué dans de graves violations de droits de l’homme et du droit humanitaire international en sa qualité de commandant de l’armée et ce, depuis 2002 ». Ils croient savoir qu’ « il n’a jamais été poursuivi pour ces crimes ».

Pourquoi John Numbi ?

Le Général John Numbi est l’ancien inspecteur général de la PNC. Il aurait été impliqué dans des actes d’intimidation pour assurer la victoire de candidats associés à la coalition de la Majorité présidentielle (MP) du Président Kabila. Ce, pendant les élections de gouverneurs de mars 2016, dans les quatre provinces issues de l’ex-Katanga.

A en croire OFAC, Numbi aurait menacé de tuer les candidats de l’opposition qui ne s’étaient pas retirés de la course volontairement et, « le jour même au cours duquel ces échanges auraient eu lieu, trois candidats se sont retirés ».

John Numbi aurait aussi donné aux députés provinciaux un code numérique unique qui devait être écrit sur chacun de leurs bulletins de vote afin qu’il puisse vérifier les suffrages remportés après l’élection. Pour les Etats-Unis, bien qu’il ne soit plus un responsable du gouvernement congolais, Numbi reste apparemment « un conseiller influent du Président Kabila » dit le communiqué.

Réaction

En réaction, le gouvernement congolais, par le biais de son porte-parole, Lambert Mende, a également réagi. Dans un communiqué publié, jeudi 29 septembre 2016, il s’interroge sur la « logique et les motivations » des autorités américaines.

Pour Lambert Mende, « ce schéma américain correspond à celui qui a conduit au chaos des pays comme la Libye et le Sud-Soudan, aujourd’hui menacés de disparition, après avoir été soi-disant aidés par ceux qui se sont arrogés le rôle de maîtres du monde et pour lesquels  sont versés maintenant des larmes de crocodile ».

Le porte-parole du Gouvernement affirme que la RDC est déjà « victime de ces schémas imposés de la part des mêmes Etats qui n’ont jamais, jusqu’à ce jour, rendu compte des stratégies naguère vécues par son peuple, notamment avec l’ignoble assassinat de son élu Patrice Emery Lumumba ».

De l’avis de certains observateurs, les relations entre Washington et la RDC ne sont pas au beau fixe. Surtout, avec le récent appel des USA à ses ressortissants résidant en RDC, leur demandant d’évacuer le pays.

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