samedi , 25 mars 2017
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RDC : KAMERHE, un traitre qui ne cessera jamais de nous surprendre

Coup de théâtre, lundi, à la Cité de l’Union africaine. Contre toute attente, l’Opposition partie prenante au dialogue, conduite par Vital Kamerhe, a suspendu sa participation à ce forum. Elle ne veut pas porter la responsabilité de l’enlisement de la crise politique en RDC, clame-t-elle. Cet incident révèle que l’Opposition semble avoir retrouvé la raison. Mais, le plus important est de maintenir la pression et aller jusqu’au bout pour le triomphe de la Constitution de 2006, gage de la stabilité à long terme de la RDC.

Vital Kamerhe ne cessera jamais de nous surprendre. Accusé de haute trahison par la majeure partie de l’Opposition pour avoir accepté de siéger au dialogue piloté par le facilitateur Edem Kodjo, il brille par son zigzag.

Le 1er septembre 2016, à l’ouverture officielle du dialogue politique à la Cité de l’UA, Kamerhe – le même – avait créé la surprise en tendant la main au Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement qui, derrière Etienne Tshisekedi, n’avait pas trouvé opportun de s’associer à Edem Kodjo.

Contre toute attente, il avait réussi à obtenir de la plénière du dialogue une suspension des travaux ; le temps de convaincre les indécis de l’aile dure de l’Opposition à rejoindre la table des négociations. Malheureusement, la « pêche miraculeuse » qui concerne « du gros poisson » n’a pas eu lieu. Kamerhe n’a pas, pour autant, baissé les bras. Quoique contesté par son propre parti, l’UNC, où l’ont quitté deux de ses fidèles lieutenants, en l’occurrence Jean-Bertrand Ewanga et André-Claudel Lubaya, Vital Kamerhe a tenu bon, restant fidèle à son schéma.

On l’a accusé de traitre et de tous les maux. Mais, le lundi 12 septembre 2016 à l’ouverture des travaux du dialogue, Vital Kamerhe a retrouvé ses marques. C’est donc lui, co-modérateur de l’Opposition au dialogue, qui s’est chargé de faire une déclaration qui a pratiquement remis toutes les pendules à l’heure. Sur un ton ferme, Kamerhe a déclaré que l’Opposition présente au dialogue suspendait sa participation aux travaux.

« La MP veut aggraver la crise…Notre position est non négociable », a-t-il répondu à une question de la presse. « Nous ne reviendrons, a promis Kamerhe, que si la MP accepte de commencer les élections par la présidentielle ». Elysée Dimandja de l’« Opposition au dialogue » a enfoncé le clou : « Nous avons fait une concession majeure, déjà nous allons au-delà du délai constitutionnel ».

La déclaration de Kamerhe a eu l’effet d’une bombe dans la Majorité présidentielle. Quoi qu’emportée par l’émotion, la MP a tenté de relativiser. C’est l’omniprésent She Okitundu qui a pris le courage de recadrer l’action de l’Opposition. De l’avis du sénateur She Okitundu, la déclaration de Kamerhe est à mettre sur le compte du marchandage, comme c’est le cas dans toute négociation. « Il s’agit d’une tactique de négociation. A la facilitation de faire son travail », a rétorqué le sénateur She Okitundu. C’est la preuve que la volte-face de Kamerhe a eu un effet de tsunami au sein de la MP.

Que reste-t-il à faire ?

Comme l’a si bien déclaré She Okitundu, c’est à Edem Kodjo de jouer clairement sa partition en vue de ramener à la table du dialogue l’« Opposition au dialogue ». Parviendra-t-il à obtenir gain de cause ? On ne peut que le lui souhaiter. Mais, on voit mal le facilitateur, totalement sevré par la MP, s’écarter de la stratégie de glissement.

Il ne faut pas oublier que le Togolais ne cache pas ses accointances « très prononcées » avec la famille politique du chef de l’Etat. Il a eu pour mission, entre autres, de faciliter un glissement en douceur du chef de l’Etat, Joseph Kabila, au-delà de la date fatidique du 20 décembre 2016. Un scénario que l’« Opposition au dialogue » a totalement rejeté dans sa déclaration du 12 septembre 2016.

Pour des délégués de l’Opposition présents à la Cité de l’UA, la reprise des travaux du dialogue est conditionnée par la priorisation dans la séquence des scrutins de la présidentielle. Seule élection, martèlent-ils, dont le deadline est clairement fixé dans la Constitution.

Est-ce que la MP se laissera guider dans cette voie qui réduit sensiblement les marges de manœuvre de son autorité morale ? Difficile à dire. Toujours est-il qu’au niveau du bureau du facilitateur, l’on fait état des négociations secrètes pour tenter d’assouplir la position de « déserteurs ». « Des consultations ont déjà commencé pour le retour de Kamerhe au dialogue », a confié Edem Kojdo la presse.

Néanmoins, pour l’instant, les travaux dans les trois commissions thématiques sont suspendus – le temps de convaincre « l’Opposition au dialogue » de reprendre le chemin de la Cité de l’UA. Ce qui n’est pas acquis d’avance. Car, l’« Opposition au dialogue » est bien consciente de son rôle.

Pour Kamerhe, Bussa, Makila et bien d’autres qui ont accepté de faire confiance à Edem Kodjo, c’est leur survie politique qui est en jeu. Ils savent pertinemment bien que le peuple – plus que jamais accroché à l’alternance démocratique telle que consignée dans la Constitution – les observe. Il les attend au tournant et exigera d’eux des comptes, si jamais ils sont tentés de trahir.

Il faut rappeler que le peuple congolais a atteint un degré de maturité politique tel qu’il n’est plus prêt à se laisser berner et entraîner dans des calculs politiques contre nature. Ce qui compte avant tout, c’est l’intérêt collectif et surtout la sauvegarde de la démocratie durement arrachée des griffes de feu le président Mobutu, un certain 24 avril 1990. Et ce peuple – qui a bravé tous les obstacles – ne permettra pas aux 285 délégués à la Cité de l’UA de lui voler son droit de décider de son avenir par la voie des urnes. A la Cité de l’UA, on tente de lui arracher le droit de déléguer son pouvoir aux dirigeants de son choix. Sans compter les dommages collatéraux qui pourraient s’en suivre.

Kamerhe et ses alliés de l’Opposition au dialogue ont bien fait de se ressaisir. Il s’agit, pour l’instant, de maintenir le cap, en accentuant la pression jusqu’à ce que la Majorité et ses affidés se plient enfin à la Constitution et à la résolution 2277 de l’Onu qui consacre, l’une et l’autre, le sacro-saint principe de l’alternance. C’est une ligne rouge que l’Opposition au dialogue ne devait pas franchir. Même si des sources indiquent qu’il existe dans des coins de la Cité de l’UA des « financiers » qui veillent au grain en recadrant les participants les plus durs ».

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