lundi , 18 décembre 2017
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"Joseph KABILA" reçoit les les Evêques membres de la CENCO
"Joseph KABILA" reçoit les les Evêques membres de la CENCO

Dialogue : Retrait de l’Eglise catholique, un coup dur pour le distacteur de RDC

Depuis lundi 19 septembre dernier, date à laquelle l’opposition congolaise a choisi de battre le macadam pour signifier à Kabila son ferme refus de le voir prolonger son bail à la tête de l’Etat au-delà des délais constitutionnels, l’atmosphère est devenue irrespirable, tellement elle est chargée de soufre. Et bien malin celui qui dira avec exactitude quand elle va se dissiper. Car, tout indique que Joseph Kabila est disposé à aller jusqu’au bout de sa logique de confiscation du pouvoir, advienne que pourra. De ce fait, il ne se fait aucun scrupule face aux morts qui sont en train de s’accumuler dans les morgues de Kinshasa et aux corps calcinés qui en jonchent les rues. C’est dans ce contexte que l’Eglise catholique a décidé de suspendre sa participation au dialogue politique national pour marquer sa solidarité et sa compassion aux victimes de la violence digne de Néron, qui s’est abattue sur la capitale congolaise. Et pour reprendre sa place dans le train du dialogue, le clergé catholique exige d’abord l’engagement du pouvoir à respecter la lettre et l’esprit de la Constitution. Ce retrait de la très respectée Eglise catholique, constitue un coup dur pour le dictateur. Au plan domestique donc, il ne peut désormais compter que sur ses zélateurs pour l’accompagner dans le plan qu’il est en train de mettre en exécution pour s’accrocher au pouvoir.

L’actuel locataire de l’Elysée est en phase avec l’esprit de la Baule

Au plan extérieur, des voix s’élèvent de plus en plus pour lui signifier avec véhémence l’impératif du respect de la Constitution. Au nombre de ces voix, l’on peut s’arrêter sur celle de l’Elysée. En effet, François Hollande a qualifié, le mardi 20 septembre dernier, d’ « inadmissibles » les violences commises en République Démocratique du Congo où des élections doivent, selon lui, se tenir conformément à la Constitution. Le moins que l’on puisse dire est que ces propos sont de nature à revigorer les opposants congolais dans leur détermination à empêcher Joseph Kabila et sa cohorte de Raspoutine de violer la Constitution de la RDC. Et l’on n’en attendait pas moins de la part de François Hollande, lui qui était aux côtés de François Mitterrand quand celui-ci, alors président de la France, n’avait pas craint de remonter les bretelles aux présidents africains qui se refusaient maladivement à arrimer leur pays à la démocratie. C’était en 1990, à l’occasion du sommet de la Baule. De ce point de vue, l’on peut dire que l’actuel locataire de l’Elysée, en ce qui concerne la situation politique du Congo et l’attitude de son président, est en phase avec l’esprit de la Baule. Un autre élément qui peut conforter cette perception est qu’en 2012, pendant que le même François Hollande était en visite en RDC dans le cadre du sommet de la Francophonie, il n’avait pas eu besoin de porter des gants pour asséner à Joseph Kabila ceci : « Nous ne transigerons pas sur les élections, leur date et le processus constitutionnel ». Hier comme aujourd’hui donc, peut-on dire, François Hollande ne s’est pas encombré de circonlocutions et autres tournures euphémiques pour signifier à Kabila que les délais constitutionnels sont sacrés et que, de ce fait, il avait l’obligation de les respecter. De ce point de vue, nul ne peut faire le reproche à François Hollande d’avoir été complaisant avec Kabila fils par rapport à ses velléités de tordre le cou à la démocratie pour s’accrocher au pouvoir. Par contre, et malheureusement, l’on ne peut pas dire que le président français affiche la même attitude en ce qui concerne les autres dictateurs africains.

Notre intention n’est pas de plaider pour la cause du bourreau de la RDC

Le cas le plus choquant est celui de Denis Sassou Nguesso. On se souvient, en effet, que lorsque ce dernier, après un cumul de pouvoir de 30 ans, avait initié un référendum à l’effet de mettre en place une nouvelle Constitution taillée à sa mesure, François Hollande s’était fendu d’une déclaration que les démocrates congolais et africains ne sont pas prêts d’oublier de sitôt. Il avait notamment dit que le président Denis Sassou Nguesso était libre de consulter son peuple. Cette phrase assassine lui collera encore longtemps à la peau. L’on peut ajouter à ce manquement grave, le fait que François Hollande n’a éprouvé aucune gêne à dérouler le tapis rouge pour accueillir sur les bords de la Seine, un des membres de la satrapie africaine. Ce lundi 19 septembre, il était en effet tout sourire, sur le perron de l’Elysée, avec l’un des membres les plus emblématiques de la confrérie, c’est-à-dire Yoweri Museveni, l’homme qui n’avait pas craint, on se rappelle, de comparer l’Ouganda à sa bananeraie. Tout cela traduit le manque de cohérence de François Hollande dans ses rapports avec les dictateurs africains. Notre intention n’est pas de plaider pour la cause du bourreau de la RDC que représente Kabila, même s’il s’est dit profondément touché par les évènements du 19 septembre et a renouvelé son appel au dialogue. Une compassion qui s’apparente à des larmes de crocodile. La grande leçon que tous les peuples, qui ploient encore sous le joug des dictateurs en Afrique et ailleurs, doivent retenir est la suivante : il y a deux situations devant lesquelles la France, pour ne pas dire la Communauté internationale, peut monter sur ses grands chevaux pour traquer un dictateur. La première est quand la chute du dictateur est devenue imminente et irréversible, du fait de la colère populaire. La deuxième situation est quand le dictateur a l’outrecuidance de s’attaquer aux intérêts de la France. Dans le cas du Congo de Joseph Kabila, l’on peut se risquer à dire qu’il se retrouve dans les deux situations.

Cela dit, pendant que les autres sont en train de s’émouvoir de la tragédie qui se passe actuellement au Congo et de s’en offusquer, celui qui devrait être le premier à sonner le tocsin, c’est-à-dire Idriss Deby Itno en sa qualité de président en exercice de l’UA, n’en a pas daigné piper mot dans son adresse à la tribune des Nations unies. Il a préféré à cette actualité brûlante, l’accommodante question de la lutte contre le terrorisme où visiblement il est plus à l’aise.

« Le Pays »

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