lundi , 18 décembre 2017
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Martin FAYULU, visage defigure
Martin FAYULU, visage defigure par un projectile d'un lacrymogène

Rapport de force sanglant en RDC

Inquiétude de la communauté internationale après les manifestations anti-Kabila du 19 septembre qui ont fait de 17 morts selon les autorités, plus de 45 morts selon l’opposition. Les Kinois étaient sortis en nombre à l’appel de plusieurs partis d’opposition, demandant la convocation de l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels.

Les Congolais ont exprimé leur colère lundi 19 septembre à Kinshasa, à Lubumbashi et à Goma. « Nous voulons que notre pays devienne un pays normal, explique un manifestant à la BBC. Un pays normal, c’est un pays avec alternance au pouvoir, à échéances régulières et selon la constitution » Bilan provisoire : 17 morts, dont 3 policiers. Des dizaines de blessés. Parmi eux, le député Martin Fayulu dit avoir reçu le projectile d’un policier sur la tête.

Ce bilan a été annoncé officiellement en fin de journée lors d’une conférence de presse du ministre de l’Intérieur, Évariste Boshab. Il a été confirmé à Jeune Afrique par Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement, qui rapporte également de nombreux dégâts matériels. Selon lui, plusieurs sièges de partis proches de la majorité présidentielle ont été brûlés ou saccagés et divers établissements bancaires pillés. C’est lors de l’incendie du siège de la ligue des jeunes du PPRD (majorité) à Limete que deux des policiers ont été tués.

L’opposition et la société civile parlent de leur côté d’un bilan humain beaucoup plus lourd, et d’un grand nombre d’arrestations.

Les violences ont éclaté en fin de matinée, peu avant le début de la manifestation prévue pour 13 heures. Des jeunes armés de pierres et la police antiémeute se sont affrontés à Limete, point de ralliement de la mobilisation, et quartier où se situe le siège de l’UDPS , le parti d’Étienne Tschisekedi. Très véhéments, des groupes de quelques dizaines à plusieurs centaines de jeunes ont affronté des policiers antiémeutes en lançant en français ou en lingala des « Kabila akende » (Kabila dégage !) ou « Kabila doit partir ».

Suite à ces échauffourées, « la manifestation de l’opposition a été annulée avant même d’avoir commencé », a affirmé Lambert Mende, annonçant également l’ouverture d’une enquête par le parquet.

Plusieurs journalistes ont été arrêtés en marge des rassemblements, avant d’être remis en liberté. Sonia Rolley, la correspondante de RFI qui avait été interpellée en fin de matinée a fait savoir sur son compte twitter qu’elle a été libérée dans la soirée. Du côté des autorités congolaises on parle d’une “interpellation administrative pour vérification d’identité”. Mais il en faut plus pour convaincre RFI qui exige des investigations sur cet “incident innaceptable”.

Radio France Internationale (RFI) a protesté en début d’après-midi contre l’interpellation de sa correspondante à Kinshasa, tandis que Washington en profite pour remonter les bretelles à Kinshasa après “l’obstruction physique et l’agression verbale” de son envoyé spécial.

[avec J.A.]

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