jeudi , 23 février 2017
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Dialogue : KATUMBI à la manoeuvre pour un nouveau plan ?

En fait de bataille pour l’inclusivité du dialogue, le G7 cherche plutôt à régler ce forum national sur la mesure du seul Moïse Katumbi. Parlant de décrispation, Katumbi cherche à se dépêtrer de ses ennuis judiciaires personnels et, d’autre part, en parlant de facilitation internationale élargie, il cherche à insérer une représentation américaine dans le panel de soutien au Facilitateur. Heureusement que les Congolais sont vigilants et ne laisseront pas passer cette forfaiture impérialiste.

Dans le camp du refus de participer au dialogue, l’on compte le groupe des 7 partis politiques appelés G7. Alors qu’il fait partie du Rassemblement, le G7 se distingue par une démarche solitaire qui, dans le fond, ne se distingue pas de celui, commun, du Rassemblement.

Cette démarche en solo n’est pas fortuite en soi. Elle révèle la nature même du Rassemblement qui, en fin de compte, se révèle comme un enclos où le G7 et son maître, Moïse Katumbi, ont apprivoisé ou neutralisé un bon nombre de partis politiques, à commencer par l’UDPS, pour les écarter de la course à la présidentielle. L’on se souvient, en effet, que c’est Katumbi qui avait appelé l’opposition à se désigner un candidat unique pour la prochaine présidentielle. Un appel pour lequel il avait été vite rabroué par Félix Tshisekedi pour l’UDPS et Vital Kamerhe pour l’UNC et de la Dynamique de l’opposition au motif qu’à l’époque, le sujet n’était pas à l’ordre du jour. En réalité, personne, dans l’opposition, n’avait envie d’affronter Katumbi aux primaires pour cela, craignant que ses billets verts ne fassent la différence…

L’ancien Gouv’ de l’ex-Katanga a, cependant, poursuivi sa croisade, cette fois-ci en éliminant de potentiels concurrents. Si, à ce jour, l’équation Tshisekedi semble pliée dans le carcan du Rassemblement, il reste à l’abordage Vital Kamerhe contre qui l’on est en train de faire le vide avec des départs de son parti, l’UNC. Qu’on ne se trompe pas, il n’y a pas de fumée sans feu…

Pour ce qui est du dialogue, et pour revenir au sujet de départ, nous disions plus haut que le G7 se distingue par une démarche solitaire qui ne diffère pas des autres dans le même camp du refus. La réalité est qu’en fait du G7, nous faisons face à un seul individu qui cherche à prendre en otage tout un dialogue national pour ses intérêts personnels.

En fait de préalables posés, qui tournent autour de la résolution 22-77, particulièrement sur les questions de décrispation politique et de facilitation internationale, tout se ramène à la seule personne de Moïse Katumbi. En effet, lorsque le G7 continue de parler de mesures de décrispation politique alors que le Gouvernement en a donné suffisamment de gages avec la libérations des détenus dits politiques et d’opinion, le G7 tient plutôt le dossier judiciaire personnel de Moïse Katumbi contre la famille Stoupis à Lubumbashi. C’est, d’ailleurs, pour cette raison qu’un groupe de membres pro Tshisekedi du Rassemblement avaient claqué la porte de cette plate-forme, estimant qu’ils ne pouvaient pas accompagner les gens qui font de leurs « ennuis judiciaires » tout un combat politique. Suivez leur regard…

Et pour ce qui est de la facilitation, lorsque le G7 (lisez Katumbi) exige une « facilitation internationale élargie », c’est, en réalité, pour obtenir une place au profit des Etats-Unis d’Amérique dans le panel de soutien au facilitateur de l’Union Africaine. Le G7 l’avait déjà exprimé dans une déclaration datée du 5 août 2016, mais l’on n’y avait pas fait grand attention. La seule différence entre le G7 et le Rassemblement à ce sujet est que cette dernière plateforme ne veut pas de la tête d’Edem Kodjo, ce qui n’est pas le cas pour le G7.

Les amours de Katumbi pour les Américains ne sont plus à cacher. Jeune Afrique avait, en effet, révélé récemment l’existence d’une ONG de droit américain, United for Africa’s Democratic Future (« unis pour l’avenir démocratique de l’Afrique »), créée en 1995 par Katumbi avec pour mission spéciale d’obtenir le renversement de Joseph Kabila. Dans cette Ong se retrouvent des personnalités très branchées avec les milieux institutionnels officiels américains. On y retrouve des noms tels que Johnnie Carson, ex-Secrétaire d’État adjoint chargé des Affaires africaines et actuel « Monsieur Afrique » de Hillary Clinton ; le général James Jones, ex-Conseiller à la sécurité nationale de Barack Obama. Jeune Afrique révélait que « c’est à la société de ce dernier, Jones International Group, que Katumbi avait fait appel pour embaucher le conseiller en sécurité Darryl Lewis, arrêté en avril à Lubumbashi et accusé de mercenariat avant d’être expulsé ». Et de poursuivre en révélant encore que « Quelques jours plus tôt, Carson et Jones avaient cosigné une tribune dans le Washington Times intitulée « Kabila doit partir à la fin de son mandat ». Ce groupe a aussi des contacts en Europe pour plus d’efficacité et d’influence. Il s’agit, entre autres, de Cécile Kyenge, ancienne Ministre italienne d’origine congolaise, aujourd’hui députée européenne. Kyenge est dans le groupe des eurodéputés qui avait récemment mené une campagne pour des sanctions contre les autorités congolais à la même période que des congresmen et sénateurs américains le faisaient aux USA.

Le support financier de tout ce monde est assuré, entre autres, par la firme suisse Glencore et l’américaine Freeport-McMoRan, deux principaux acteurs miniers du Katanga à l’époque où Katumbi en était le Gouverneur.

En fin de compte, il faut déplorer et dénoncer cette façon de vouloir régler tout un forum national sur mesure pour satisfaire les lubies d’un individu et ses parrains impérialistes qui n’ont de cesse de créer des conditions d’un chaos pour s’emparer du pouvoir. Heureusement que le peuple congolais est vigilant…

[Pascal Debré Mpoko/la droite congolaise]

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