samedi , 16 décembre 2017
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Photo des rebelles rwandais FDLR, a l'Est de la RDC.
Des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR)

RDC : Conflit de cohabitation

Le 18 juillet, dans la nuit, huit personnes ont été tuées et cinq autres blessées lors d’une incursion d’hommes armés à Kibirizi, localité située dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu).

Parmi les 8 morts, on compte 4 Nande et 4 Hutu. Parmi les victimes, il y a un enfant d’une année. L’attaque a été attribuée aux rebelles rwandais des FDLR coalisés avec les Maï-Maï Nyatura.

Les communautés ethniques autochtones accusent la communauté hutue d’être complice des FDLR.

Déjà le 13 juin, six personnes avaient été tuées et trois autres blessées à Buleusa, un village situé à environ 140 km au nord de Goma. D’ethnie Nande, le chef du village Joseph Kamuha avait affirmé que des hommes de sa communauté, secondés par des Hunde, avaient attaqué des Hutu soupçonnés d’avoir enlevé l’un des leurs. À Buleusa, Hunde et Nande se considèrent comme les populations autochtones et voient de manière générale les Hutu, rwandophones, comme des « étrangers », des « Rwandais ».

Qui sont les Hutu?

Originaires du Rwanda, les Hutu étaient déjà présents en petit nombre au Nord-Kivu à l’arrivée des Européens à la fin du XIXe siècle. Au cours de la première moitié du XXème siècle, ils y arrivent par vagues successives (avec des Tutsi), d’abord transplantés par le colonisateur belge à la recherche de main-d’oeuvre agricole pour les plantations du thé et du café, puis pour des raisons économiques ou politiques au gré de l’évolution de la situation du Rwanda.

Principalement agriculteurs et éleveurs, les Hutus (et les Tutsis) acquièrent des terres, toujours davantage. Sur fond de litiges identitaires et politiques, le conflit foncier (relatif au problème des terres) entre les Banyarwanda (Hutu et Tutsi, perçus comme étrangers) et les communautés autochtones (Nande, Hunde, Kobo, …) devient inévitable et il s’accentue au cours des années.

En 1994, après la prise du pouvoir, à Kigali (Rwanda), par la rébellion tutsie, plus de deux millions de Hutus rwandais ont fui au Congo, déstabilisant davantage un tissu social déjà ethniquement fragmenté. Actuellement, au Nord-Kivu, les réfugiés hutus rwandais seraient encore 200.000 environ.

Le vrai problème: les FDLR

Mais le vrai problème est la présence, à leurs côtés, d’un groupe armé, les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) qui, d’origine rwandaise et composé principalement de miliciens hutus rwandais, est impliqué dans une longue série de crimes contre l’humanité commis contre le peuple congolais: massacres de personnes, viols, vols, enlèvements, imposition de taxes illégales, prélèvements arbitraires sur la production de minerais et de bois, incendies de villages, …

En outre, les FDLR ont noué des alliances avec certains groupes armés congolais, tels que les Maï-Maï Nyatura, composés principalement de Hutu de Masisi; les Forces de Protection du Peuple (FPP), un groupe armé majoritairement hutu opérant dans le nord-est du territoire de Rutshuru; l’Alliance des Patriotes pour un Congo Libre et Souverain (APCLS), du « Général » hunde Janvier Karairi.

La réaction des communautés autochtones

C’est dans ce contexte que les communautés autochtones (Nande, Hunde, Nyanga, Kobo, …) du Nord Kivu accusent les Hutus locaux d’être des complices, ou même des membres des FDLR, auxquelles ils s’opposent en créant et en soutenant des groupes armés locaux de résistance, tels que les Maï-Maï Nduma Défense du Congo / Rénové (NDC / R), sous le commandement du « général » Guldon Shimiray Mwissa; l’Union pour la Protection des Innocents (UPDI) , composé principalement de membres provenant des ethnies Kobo et Nande et dirigé par Marungu Magua; et les Maï-Maï Mazembe.

Comment sortir de la spirale de la violence

Comme on peut le constater, en général, les différents groupes armés ont été créés sur une base ethnique et avec un soi-disant objectif de défendre les intérêts économiques et sociaux d’un groupe ethnique particulier. Souvent manipulés par des politiciens et des officiers militaires, au niveau local et national, ces groupes armés deviennent des simples instruments d’enrichissement personnel de leurs commandants militaires et de leurs parrains politiques. C’est ce qui semble être confirmé par certaines autorités traditionnelles locales de Rutshuru et des membres de la Baraza la Wazee, une structure qui comprend toutes les communautés ethniques du Nord-Kivu, selon qui  les tensions entre les groupes ethniques locaux sont souvent alimentées par certains hommes politiques en quête de positionnement à la veille des élections. Deo Tusi Bikanaba, vice-président de la Baraza la Wazee, a déclaré que la plupart des conflits enregistrés dans la province du Nord-Kivu ont presque toujours été créés et alimentés par des politiciens véreux et avides de pouvoir et c’est pour cela qu’il a demandé à la population de «ne pas prêter oreille à ces mauvais politiciens» et de «se dissocier des groupes armés qui ne font que tuer et commettre des crimes».

En particulier, on devrait:

* Accepter le pluralisme ethnique comme une dimension essentielle de la société. Dans cette logique, il est important de promouvoir la coexistence harmonieuse entre les différents groupes ethniques, dans la conviction de former un seul peuple. La constitution et les textes législatifs indiquent les conditions d’appartenance à ce peuple unique. Souvent à l’origine de troubles sociaux, la distinction entre communautés autochtones et communautés non autochtones serait ainsi relativisée et cela pourrait contribuer à réduire les conflits.

* Promouvoir des projets de développement communautaire dans les domaines de l’agriculture, de la santé et de l’éducation. Cela faciliterait la collaboration entre les différentes communautés, en les aidant à surmonter les conflits.

* Mettre continuellement à jour la base de données des réfugiés et des personnes déplacées, leur assurer l’aide humanitaire et suivre leurs déplacements. Cela permettrait d’éviter qu’ils soient objet de recrutement par les groupes armés locaux ou étrangers et les réseaux criminels.

* Assurer le bon fonctionnement des forces de sécurité, en améliorant les chaînes de commandement et en leur fournissant tous les moyens nécessaires, afin d’assurer la sécurité des personnes et des biens. Cela permettrait de limiter le phénomène du recours aux groupes armés comme moyen de «autodéfense» et pourrait faciliter les opérations militaires entreprises pour leur neutralisation.

1. LES FORCES DEMOCRATIQUES ALLIEES (ADF)

Le 5 juillet, au moins neuf personnes, dont cinq femmes, ont été tuées par des présumés rebelles ADF dans les localités de Tenambo, Nzanza et Mamiki, dans la cité d’Oicha, à 30 Km de la ville de Beni (Nord-Kivu). L’Administrateur du territoire, Amisi Kalonda indique que ces présumés ADF ont opéré de 4 heures à 6 heures sous une forte pluie. Alors que certains combattants pillaient les habitations, vivres et petits bétails, d’autres tiraient des coups de feu en l’air ou sur la population, soit massacraient à coup de machettes.

Pour Teddy Kataliko, président de la Société civile de Beni, les forces de sécurité n’ont pas anticipé cette menace des ADF, parce que ces derniers avaient fait circuler des tracts dans la ville de Beni et dans le territoire qui porte le même nom, annonçant une attaque imminente. Il appelle les autorités à collaborer beaucoup plus avec la population et de prendre au sérieux les messages qui arrivent.

Le Porte-parole de l’opération Sokola 1, Mak Azukay conteste cette version. Il renseigne les troupes FARDC sont en alerte depuis plusieurs semaines. Il précise que l’ennemi [ADF] a tout simplement profité de la pluie pour opérer. Des sources locales rapportent que de nombreux civils quittent l’Est de la cité d’Oicha et se dirigent vers l’Ouest, pour se mettre à l’abri.

L’attaque a eu lieu à près de 200 mètres d’une position des Forces armées de République démocratique du Congo (FARDC) et à 3 kilomètres d’une position des casques bleus malawites.

Selon les activistes de la région, ni les FARDC, ni la Monusco, ne sont intervenus, malgré les appels à l’aide de la population et les tirs. Selon des témoins, «les assaillants avaient un uniforme militaire complet, avec des foulards arabes autour du cou et des bandeaux rouges autour de la tête». «Ils avaient été repérés la veille par des jeunes qui avaient failli tomber entre leurs mains», poursuit un militant de la société civile, qui assure que ces jeunes ont été interrogés par les forces de sécurité avant d’être libérés à 20h. «On demande toujours à la population de collaborer, mais quand on le fait, ils ne font rien», dénonce encore cet activiste, insistant sur le fait d’avoir lui-même appelé l’ONU et l’armée au début de la tuerie. Une version que l’armée dément, assurant être intervenue dès la première minute et avoir même tué un assaillant, une femme «rebelle ADF».

2. LES FORCES DEMOCRATIQUES POUR LA LIBERATION DU RWANDA (FDLR) ET ALLIES

Le 23 juin, appuyée par la Monusco, l’armée a démantelé la position des rebelles rwandais des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) à Kazaroho, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Lors de cette opération, on a libéré 6 personnes retenues en otage sur la route Kibirizi-Rwindi.

Le 1er juillet, la coalition de l’Alliance des Patriotes pour un Congo Libre et Souverain (APCLS) et Nyatura ont simultanément attaqué, dans la matinée, plusieurs positions des FARDC dans la région de Lukweti, Lwibo et Kinyumba, en territoire de Masisi (Nord-Kivu).

Des sources militaires dans la région parlent de plusieurs morts dans les deux camps. Certaines parlent de 6 morts du côté de l’armée congolaise et de 6 à 8 combattants tués dans les rangs de la coalition APCLS-Nyatura. Avant d’attaquer Lukweti, Lwibo et Kinyumba, cette coalition avait attaqué les positions des FARDC à Kinyumba.

Le 7 juillet, les Maï-Maï de Nduma Defense of Congo/Rénové (NDC/R), venus de la région d’Ikobo, en territoire de Walikale, et les Maï-Maï Mazembe ont lancé, un assaut dans quatre localités de la chefferie de Bwito (Rutshuru). Il s’agit de Katobo, Kitanda, Kitunda et Kikuku, où ils y ont délogé la force de la coalition rebelle Nyatura-FDLR, deux groupes armés issus respectivement des deux communautés hutues congolaise et rwandaise. Des sources locales parlent d’un bilan d’une trentaine de morts. Les déplacés hutus qui se trouvaient à Kikuku et dans les environs ont fui vers les localités de Bwalanda et Nyanzale, situées à 12 km de Kikuku.

Le 14 juillet, deux personnes ont trouvé la mort et deux autres ont été blessées dans une attaque de la position des FARDC à Tongo-Rusheshe, dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu). Selon la société civile locale, les affrontements ont duré environ deux heures. Après un repli stratégique des FARDC, les assaillants, identifiés comme des rebelles hutus rwandais des FDLR, ont incendié le campement des FARDC.

Le 18 juillet, dans la nuit, huit personnes ont été tuées et cinq autres blessées lors d’une incursion d’hommes armés à Kibirizi, localité située dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu).

Parmi les 8 morts, on compte 4 Nande et 4 Hutu. Parmi les victimes, il y a un enfant d’une année et des femmes, tuées dans leurs propres domiciles. Selon les habitants de Kibirizi, les assaillants ont opéré en toute quiétude, pendant deux heures, en passant de maison à maison, sans aucune intervention des FARDC. Certaines communautés attribuent cette attaque aux rebelles des FDLR coalisés avec les Maï-Maï Nyatura. Certaines ethnies accusent la communauté hutu d’avoir planifié cette incursion avec l’appui des FDLR. Des jeunes de Kibirizi en colère ont même lapidé un civil, soupçonné d’être de connivence avec les assaillants. La majorité des Hutu ont quitté Kibirizi, à cause de l’insécurité. Selon d’autres sources, ces affrontements entre Hutus et Nandés ont fait dix morts et au moins six blessés. Comme l’explique un habitant de Kibirizi: «La communauté hutu est venue attaquer la communauté nandé, pour se venger de l’assassinat d’un de ses membres le week-end dernier. Ils ont tué six Nandés par balle et brûlé huit de leurs maisons. Les FARDC sont intervenues après que le forfait a été commis, mais ça n’a pas suffi à calmer les Nandés qui ont tué plusieurs Hutus en représailles. Le bilan est donc de dix morts: quatre Hutus et six Nandés».

Le 22 juillet, vers 18h30,  les miliciens Hutu Nyatura alliés aux FDLR ont fait incursion à Bwalanda, en Territoire de Rutshuru. Ils se sont introduits au domicile de Janvier Mupenda, un Notable de la Communauté hunde et ils l’ont fusillé. A leur tour, les Hunde et Nande se sont mis à incendier les habitations des Hutu qui, la veille, venaient de quitter le village. Au total 35 habitations de Hutu ont été réduites en cendres. Et, 3 civils hutu qui étaient dans deux maisons différentes sont morts calcinés dans les habitations incendiées. La coalition Nyatura/Fdlr risque de revenir à Bwalanda pour venger les 3 Hutu morts calcinés et les 35 habitations incendiées.

Depuis le début de l’année, plusieurs dizaines de personnes sont mortes dans cette zone lors d’affrontements opposant les Nande aux Hutu. Les Nande accusent les Hutu congolais d’être complices des rebelles hutu rwandais des FDLR pour les chasser de leur territoire. Les Hutu congolais, qui ne nient pas être à la recherche de nouvelles terres agricoles, accusent les Nande de violer leur droit constitutionnel à s’installer où ils le veulent.

Le 25 juillet, des sources de la Société civile ont affirmé que trois personnes ont été abattues à la suite des accrochages survenus, depuis quatre jours, entre les miliciens de l’Alliance des Patriotes pour un Congo Libre et Souverain (APCLS) de Janvier Kalahari et les Raïa Tujigemeye du groupe Nyatura, à Butale, en territoire de Masisi (Nord-Kivu). Au terme de ces combats, l’APCLS a réussi à déloger les Raïa Tujigemeye de la localité de Butale. Ces derniers, opérationnels dans la région depuis une semaine, ont trouvé refuge vers les localités de Kimoka et Kiziza, dans le groupement de Bashali Mokoto. Ces affrontements ont provoqué une panique dans la contrée, où de nombreux habitants ont abandonné leurs maisons et se ruent vers Burungu et Nyakabingu.

3. BULEUSA: DU CONFLIT AU PACTE DE PAIX?

De 1999 à 2015, la localité de Buleusa s’est retrouvée sous la coupe des rebelles hutu rwandais des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), présents au Kivu depuis 1994.

En novembre 2015, la population (Hutu et Kobo) fuit le village à l’approche de groupes maï-maï (milices congolaises d’autodéfense) qui finissent par déloger les combattants des FDLR.

Avant de décrocher, les FDLR brûlent des maisons. En quelques jours, 90% des habitations sont incendiées, selon la Mission de l’ONU au Congo (Monusco).

Les Kobo, communauté autochtone du groupement d’Ikobo (dont Buleusa est le chef-lieu), sont rentrés les premiers, à partir de janvier, après que l’armée régulière eut repris la localité.

Les Hutu on suivi en mars. Mais ils ne sont pas les bienvenus. Avec les FDLR, « ils étaient les tenants de Buleusa », explique Petro Kasereka Bwanandeke, chef de la localité.

Les Kobo gardent un douloureux souvenir de l’occupation. « C’était vraiment un calvaire », dit Masumbuko Malikanda, secrétaire du groupement, en ajoutant: « on payait des taxes aux FDLR, on cultivait pour eux parce qu’ils étaient armés, il leur fallait les plus belles femmes ». « Ils ont commis des violences, des tortures », ajoute-t-il, parlant aussi des viols « occasionnels », pas « systématiques », commis par les miliciens.

Face au ressentiment de leurs voisins, les Hutu de Buleusa créent un camp sur les hauteurs de la ville. Mais n’ayant rien pour subsister, « ils ont commencé à piller les vivres des autochtones », dit M. Roger Kungerwa Bihango, un fonctionnaire provincial nommé délégué du gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, dans ce village.

Il y a des affrontements à plusieurs reprises, des morts. Hutu et Kobo s’accusent mutuellement de bloquer l’accès des champs de l’autre communauté. Chez ces agriculteurs, tout le monde a une machette pour travailler: les choses peuvent vite dégénérer.

Mi-juin, des combattants maï-maï ont brûlé le camp hutu. Les Casques bleus postés à l’entrée du village sont intervenus et ont tué six assaillants. Côté kobo, on accuse la Monusco d’avoir tué des civils. Après l’attaque, les Hutu se sont réfugiés au sommet de la colline, près des soldats, où ils s’entassent sous des huttes dans des conditions de misère. Rejoints par d’autres Hutu venus des territoires voisins de Rutshuru et Masisi, ils sont aujourd’hui plus de 2.500, dit M. Kungerwa.

Pour les Kobo, le camp servirait de refuge à des FDLR, et la crainte est de voir les autres Hutu – ceux qui ne viennent pas de Buleusa – accaparer leurs terres. On accuse la Monusco (qui ravitaille le camp) et les autorités de n’en avoir que pour les Hutu.

Originaires du Rwanda, les Hutu étaient présents en petit nombre au Nord-Kivu à l’arrivée des Européens à la fin du XIXe siècle. Au XXe, ils arrivent par vagues successives (avec des Tutsi) d’abord transplantés par le colonisateur belge à la recherche de main-d’oeuvre agricole, puis pour des raisons économiques ou politiques au gré de l’histoire mouvementée du Rwanda dans la deuxième moitié du siècle.

Travailleurs, ils acquièrent des terres, toujours davantage. Sur fond de litiges identitaires et politiques exacerbés par le pouvoir finissant du dictateur Mobutu Sese Seko, le conflit foncier entre Banyarwanda (Hutu et Tutsi, perçus comme des étrangers) et communautés autochtones débouche sur des massacres interethniques faisant plusieurs milliers de morts en 1993. Les Banyarwanda fuient en masse à l’est de la frontière.

L’année suivante, après la prise du pouvoir à Kigali par la rébellion tutsi, plus de deux millions de Hutu rwndais se réfugient côté congolais, fragilisant un peu plus un territoire morcelé en une mosaïque ethnique, et contribuant à l’avènement des deux conflits qui vont ravager le Congo entre 1996 et 2003.

Selon Innocent Bahati Kayagwe, le chef du camp de déplacés hutus, « la seule chose qui nous oppose, ce sont les champs. Quand nous sommes arrivés ici, nous avons acheté des champs et après les récoltes, nous avons acheté des vaches ou des chèvres pour l’élevage, et les autochtones sont jaloux de ça ». M. Bahati ne cache pas que ses congénères ont l’intention d’acquérir davantage de terres, mais il explique ce besoin par la pression foncière plus au sud. Là, les petits agriculteurs sont progressivement contraints d’abandonner leurs champs aux grands propriétaires (Tutsi surtout) ou pour des raisons de transmission patrimoniale, les familles étant nombreuses: un terrain vendu dans le sud de Walikale, le Rutshuru ou le Masisi permettra d’acheter dix fois plus grand à Buleusa ou dans ses environs.

A Buleusa, la situation humanitaire et sécuritaire reste très tendue. Plus de 3 000 déplacés hutus ont trouvé refuge dans une position de l’armée congolaise suite à l’incendie d’un de leurs sites par des membres de la communauté Kobo qui les accusent d’être armés et complices, sinon membres, des rebelles hutus rwandais des FDLR.

Les Casques bleus sud-africains sont tendus, encore en train d’installer leur camp provisoire à l’entrée de la localité. Ils disent avoir été attaqués la semaine dernière par des miliciens alors qu’ils transportaient de la nourriture destinée aux déplacés. De son côté, la communauté Kobo accuse la Monusco d’avoir tiré sur des civils qui manifestaient.

Pour la troisième fois depuis 15 jours, des Casques bleus et des membres civiles de la Monusco ont distribué des rations alimentaires aux déplacés qui étaient à nouveau à court de vivres. «Ce sont des haricots verts et des sardines, du riz et de la farine de maïs», explique l’un d’entre eux.

Les déplacés accusent les Maï Maï Mazembe et le NDC-Renové de Guidon  d’être derrière les attaques qu’ils ont subies. Pendant ce temps dans le village, les habitants pestent contre les Casques bleus, accusés d’être complice des déplacés hutus congolais et des rebelles hutus rwandais des FDLR. Sur l’artère principale de Buleusa, les habitants, majoritairement Kobos, continuent de retaper leurs maisons, brûlées par des FDLR à la fin de l’année dernière. Toujours très en colère, ils multiplient les ultimatums, menaçant de marcher sur le camp de fortune des déplacés hutus congolais. «S’ils ne sont pas dégagés, c’est nous qui allons le faire», s’invective un commerçant, en ajoutant que la Monusco et le gouvernement sont également visés par cet ultimatum, car «ils sont complices».

De l’autre côté de la localité, plusieurs positions de l’armée congolaise, et des dizaines de cases brûlées. Au moins deux sites de déplacés, l’un attaqué il y a quinze jours, l’autre brûlé après le départ des déplacés qui ont fui par peur de subir le même sort. «La situation n’est vraiment pas bonne», confie un officier congolais, craignant une nouvelle attaque des Kobos sur les Hutus. «Et là-haut, nos militaires sont moins d’une vingtaine», ajoute-t-il, désignant d’une main le nouveau site de déplacés. Le seul terrain «neutre» reste le centre de santé où les deux communautés viennent se faire soigner. Accusations et démentis fusent de part et d’autre, avec un sentiment commun, que l’autre communauté «ment».

Depuis quelques mois, les déplacés hutu, entre 3 000 et 4 000, ne se sentent pas en sécurité. Ils n’osent plus sortir du camp. «Je ne peux pas aller dans le village. Même si j’aimerais bien acheter du sel, j’envoie seulement quelqu’un pour me ramener ça», affirme une dame. Les déplacés sont «prisonniers», reconnaissent les soldats congolais. Si les déplacés acceptent de quitter le camp militaire pour une autre destination, ils veulent rester dans le territoire de Walikale, « près de nos champs», disent-ils. Des terres dont les Kobos et d’autres communautés ne leur reconnaissent pas la propriété. De son côté, la communauté kobo assure vivre dans la peur d’une attaque des déplacés hutus ou même des FDLR. Une mère montre une case calcinée. «Ma maison a été brulée par les FDLR. Je n’arrive pas à la reconstruire, j’ai des difficultés financières et ça fait trois mois que je suis rentrée ici», explique-t-elle. Sa maison comme toutes les autres ont été brulées par les rebelles hutus rwandais en représailles d’une attaque des Maï Maï Mazembe et des NDC-rénové de Guidon.

Tous n’ont pas les moyens de reconstruire leur maison faute de revenus à cause des récoltes perdues. Ils réclament le départ des déplacés hutus du territoire de Walikale.

Un groupe d’experts a été envoyé à Buleusa avec une mission d’évaluation sur le terrain. Cette mission ne s’est pas faite sans embûche, la communauté kobo s’étant montrée dans un premier temps ouvertement hostile.

L’objectif était d’identifier les milieux d’origine de ces déplacés hutus. Et première surprise, ils proviennent pour l’essentiel du Masisi voisin. Ils vivaient dans le camp de Mokoto, fermé et brûlé par la police après la découverte d’une arme, mais aussi dans les camps de la zone Mpati, temporairement fermés pendant les opérations des FARDC contre les FDLR, ou dans le camp de Miriki, fermé sur pression de la communauté nandé, après le massacre de la famille d’un chef traditionnel de Buleusa, mais aussi dans des localités avoisinantes.

Le deuxième objectif était de trouver un site pour accueillir temporairement ces déplacés et les sortir du camp militaire où ils sont entassés. Mission quasi-impossible, au vu de la présence dans les environs de Buleusa de groupes armés hostiles aux déplacés hutus, même si une petite vingtaine de policiers viennent d’arriver pour renforcer la sécurité. «Ils sont arrivés sans rien», dit une source locale. Les humanitaires, agences comme ONG, hésitent à intervenir : manque de moyens, problème de sécurité, peur d’être associé à l’un ou l’autre des belligérants. Ils rappellent que la Monusco s’était fait attaquer alors qu’elle tentait de distribuer de la nourriture aux déplacés hutus.

Le 16 juillet, une équipe de la Commission nationale des réfugiés (CNR) est arrivée pour identifier les habitants du camp, afin de pouvoir faire le tri entre Hutu de Buleusa et Hutu d’ailleurs (éventuellement non congolais) en vue de réinstaller chez eux les premiers et de relocaliser les autres. Mais un tract kobo à l’attention des autorités circule, appelant au « départ » de tous les déplacés avant toute « identification ».

Selon des notables de Rutshuru et membres du Baraza la Wazee, la structure qui regroupe toutes les communautés ethniques du Nord-Kivu, ces tensions entre les ethnies locales sont entretenues par des politiciens «en mal de positionnement», à l’approche des élections. Déo Tusi Bikanaba, le vice-président du Baraza la Wazee, estime que les conflits générés dans cette province ont toujours été entretenus par certains politiciens véreux et assoiffés de pouvoir. «A la population, nous lui demandons de ne pas prêter oreille à ces mauvais politiciens et nous lui demandons de se désolidariser des groupes armés qui ne font que tuer et commettre des dégâts», a-t-il plaidé.

Le 23 juillet, à Buleusa, les communautés Kobo et Hutu en conflit depuis plusieurs mois dans le groupement Ikobo, à cheval entre les territoires de Lubero et Walikale, ont signé un pacte de paix. Les Kobo, autochtones de Buleusa, protestaient contre le retour massif des déplacés hutus, non autochtones. Ils les accusaient de se faire accompagner des rebelles rwandais des FDLR. Les Hutus de leur côté boudaient l’autorité du chef Kobo et s’approvisionnaient de force dans les champs des Kobo et cela créait une tension et des affrontements entre les deux peuples.

Les deux communautés ont signé un acte d’engagement en présence de la délégation conjointe Gouvernement-MONUSCO, conduite par le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Evariste Boshab. De son côté, le représentant de la communauté Hutu, Bahati Kayago Innoncent, s’est engagé à reconnaitre le pouvoir coutumier en place.

Le représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations-Unies en charge des questions humanitaires a annoncé l’exécution de quelques projets intégrateurs en faveurs de ces deux communautés. Il a notamment promis, dans un délai proche, la construction d’une école et d’un centre médical en faveur des enfants et des habitants de toutes les communautés à Buleusa. Pour sa part, Evariste Boshab a promis l’envoi de semences aux habitants de Buleusa, pour leur permettre de relancer les activités agricoles.

4. QU’EST-CE QUI SE PASSE AU SEIN DU M23 ET DES FDLR?

Le 1er juin, le gouvernement a annoncé d’avoir officiellement agréé l’ex-rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) comme parti politique dénommée « Alliance pour le Salut du Peuple (ASP) ». L’enregistrement de ce parti a été certifié par un arrêté ministériel du 30 mai 2016 signé par le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab. «Nous sommes comme l’interlocuteur civil du gouvernement rd-congolais dans les discussions sur l’accord-cadre d’Addis-Abeba et dans toutes autres négociations», a déclaré Moise Tshokwe, membre fondateur de l’ASP. Pour sa part, Jean-Marie Runiga, membre de l’ex M23 en fuite au Rwanda et autorité morale de l’ASP, a affirmé: «Notre parti politique reste toujours dans la logique d’une transition avec le président Kabila. On ne doit pas ignorer que Kabila a toujours eu une majorité en RDC et que sa présence est inévitable dans une transition de trois ans pour une organisation d’élections apaisées».

Dans un communiqué, Bertrand Bisimwa, président du M23 en fuite en Ouganda, a indiqué que «la direction du groupe rebelle n’a entrepris à ce jour aucune procédure administrative dont la finalité serait la transformation de l’organisation en parti politique». «Il est toutefois légitime, pour tout membre en cessation ou non avec les activités du Mouvement et pour des raisons qui lui sont propres, de créer ou d’adhérer à une organisation politique autre que le M23 sans que sa décision ait une quelconque incidence sur le Mouvement du 23 mars, ses structures, ses activités, moins encore sa philosophie politique», a précisé M. Bisimwa.

Pour rappel, le 27 mai le M23 et le gouvernement se sont rencontré à Kinshasa, dans le Cadre du Comité de suivi des deux déclarations signées à Nairobi le 12 décembre 2013.

Des membres des Forces démocratiques de libération du Rwanda ont décidé de quitter la rébellion hutue pour créer leur propre mouvement, le Conseil National pour le Renouveau et la Démocratie. (CNRD). Cette décision entérine l’opposition entre le chef des rebelles, Victor Byiringiro, et son vice-président, Wilson Irategeka. C’est le principe du recensement biométrique des réfugiés rwandais qui aurait opposé le colonel Irategeka, favorable à cette disposition, à Victor Byiringiro, qui aurait décidé de le suspendre du mouvement. «Irategeka est instrumentalisé par la communauté internationale ou pire par le Rwanda», affirme un cadre FDLR. Mais au CNRD, on cherche à se démarquer. «Nous ne sommes pas des FDLR, mais de simples réfugiés rwandais», insiste le porte-parole du mouvement qui avance pourtant les mêmes revendications que les FDLR, le retour au Rwanda dans la dignité et un dialogue politique avec Kigali.

La coordination provinciale de la société civile du Nord-Kivu tire l’alerte sur la naissance d’une nouvelle rébellion dans la chefferie de Bwito, en territoire de Rutshuru. Selon des informations de cette structure, cette rébellion dénommée « Conseil National pour le Renouveau Démocratique » (CNRD) serait une coalition des rebelles hutus rwandais FDLR (FOCA et RUDI) et des ex-M23. «Ce n’est pas aujourd’hui que nous, à la société civile, on parle des infiltrations d’éléments rwandais, du retour incontrôlé des éléments du M23, des FDLR rapatriés au Rwanda mais qui sont renvoyés par la force en RDCongo».

5. LA POPULATION VICTIME DES EXATIONS DE L’ARMEE, DE LA POLICE ET DES MAÏ-MAÏ

Les jeunes de Nyiragongo (Nord Kivu) accusent les militaires en poste dans ce territoire de les arrêter sans motif valable. Selon le président du conseil territorial de la jeunesse, Faustin Zabayo, ils imposent même des amendes sans raison. «Nous avons constaté des dérapages auprès des FARDC, entre autres le 802ème régiment et le 313ème commando basé à Munigi. Lorsque la population va chez les FARDC pour dénoncer des mouvements suspects, c’est la population qui devient victime. Ils arrêtent des gens et exigent une somme entre 100 et 150 dollars américains», dénonce Faustin Zabayo. Il fait remarquer que ce comportement des militaires crée une méfiance de la population vis-à-vis de l’armée. «Actuellement, on ne sait plus collaborer avec l’armée, qui est devenue l’ennemi de la population», se plaint le président du conseil territorial de la jeunesse de Nyiragongo. Le directeur de la presse de la 34ème région militaire, le capitaine Guillaume Ndjike Kaiko, rejette ces accusations.

Dans un communiqué du 29 juin, l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO) se dit très préoccupée par le nombre de barrières et de taxes illégales dont les populations sont victimes de la part des militaires et des policiers dans tous les territoires de la province du Sud Kivu. En effet, selon l’ASADHO, «les barrières installées pour protéger les populations civiles face aux actes d’insécurité et d’abus des milices sont devenues de grands postes de perception de taxes illégales de la part des FARDC et de la Police Nationale Congolaise. Ces perception s’opèrent jour et nuit, dans l’indifférence totale de toutes les autorités politico-administratives. Selon les enquêtes faites par l’ASADHO dans la province du Sud Kivu, il y a plus de 74 barrières de perception de taxes illégales qui ont été identifièes (Fizi: 16 barrières, Kalehe: 14 barrières, Mwenga: 13 barrières, Shabunda: 8 barrières, Walungu: 7 barrières, Bukavu: 16 barrières … )». A chaque barrière, tout passant, tout moyen de transport (moto, vélo, véhicule, …) est obligé de payer une somme d’argent allant de 1.000 à 20.000 FC par jour et à chaque passage, soit entre 1 à 20 $ sans délivrance d’aucune quittance. C’est le trajet vers Mulungu qui coute cher à cause des activités minières. Ici, tout passant paie 10.000 FC, soit 10 $ par jour. Avec une fréquence de 500 à 1.000 personnes par jour, les policiers ou militaires commis à cette barrière de Mulungu ne manquent pas la somme d’au moins 10.000 $ par jour. L’ASADHO  recommande au Gouvernement de supprimer toutes les barrières qui ne sont pas nécessaires pour la sécurité des personnes et de leur biens. Cette ONG demande également une enquete pour identifier tous les militaires et policiers impliqués dans cette perception des taxes illégales.

Des miliciens Maï-Maï Kifuafua sont accusés de commettre des exactions sur des populations civiles à Kiraku et ses environs dans le territoire de Walikale au Nord-Kivu. Selon certains témoignages, les habitants de ces localités sont victimes d’arrestations arbitraires, tortures, imposition des taxes et amendes illégales. Parfois, les Maï-Maï Kifuafua du chef milicien Delphin Maenda tranchent illégalement des conflits et imposent des amendes allant jusqu’à 100 000 FC (près de 100 USD) plus une chèvre pour la personne reconnue fautive. «Si tu t’es battu avec ta femme dans la maison et qu’ils sont au courant, ils t’arrêtent. Si tu as du bétail ou un peu de moyen, on te crée une infraction et ils t’envoient directement un mandat d’arrêt et tu payes», a témoigné un habitant qui a requis l’anonymat. Des barrières illégales sont aussi érigées sur certains axes pour obliger ceux qui passent avec du bétail à payer entre 500 Fc (0,5 USD) à 4 500 Francs congolais (5 USD), ajoute-t-il. «Les commerçants, par exemple, doivent payes 5 dollars pour chaque vache, chèvre ou porc», a poursuivi la même source qui a aussi déploré des tortures corporelles: «J’ai des traces sur mon corps, on m’a ligoté pendant 3 heures et on me battait très fort, on a battu également le président de la jeunesse ainsi que mon chef du village, nous avons été arrêtés pendant deux semaines au cachot».

6. LE PROGRAMME DE DESARMEMENT ET DE REINSERTION (DDR)

Le 18 juin, le ministre de la Défense nationale, Crispin Atama Tabe, a donné le coup d’envoi officiel de l’évacuation des ex-combattants issus des groupes armés de l’Est de la RDC, cantonnés à la base militaire de Kamina (Haut-Lomami), vers leurs familles respectives. Cinquante-trois démobilisés, munis chacun de 100 dollars, sont partis à bord de l’Antonov 26 des FARDC à destination de Goma (Nord-Kivu). Les plus de 2200 autres ex-combattants restés, dont ceux issus de l’ex-M23, décrient leurs mauvaises conditions de vie.

Les ex-combattants démobilisés venus de la base de Kamina (Haut-Lomami), se disent inquiets du manque de kits de réinsertion sociale [outils pour exercer les métiers appris dans le centre de cantonnement], promis après plus de deux ans de formation passés dans ce centre militaire. De son côté, le gouvernement assure que les kits sont prévus pour chaque ex-combattant démobilisé. Son porte-parole, Lambert Mende, affirme que ces matériels leurs seront remis dans leurs milieux de réinsertion, dans un avenir proche.

Le 24 juin, à la base militaire de Kamina (Haut-Lomami), on a interrompu l’évacuation des ex-combattants issus des groupes armés de l’Est de la RDC, six jours après le lancement de cette opération. Du coté des autorités militaires jusqu’à présent aucune explication n’est donnée sur cette situation. Pour le ministre provincial de l’intérieur du Haut-Lomami, ce blocage est dû à un problème d’ordre logistique. Une fois résolu, l’opération va se poursuivre, a-t-il assuré. Selon les chiffres fournis par le ministre provincial de l’Intérieur, l’opération de l’évacuation des ex combattants démobilisés vers leurs milieux d’origine s’est déjà faite en quatre rotations, au cours desquelles 453 d’entre eux ont été ramenés au Nord-Kivu, Sud-Kivu et au Maniema.

[Rés. PAIX POUR LE CONGO]

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