vendredi , 24 mars 2017
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Depart de « KABILA » : Le G7 maintient la pression

Le G7 compte « faire barrage à tous les blocages » artificiels qui obstruent la voie vers un processus électoral apaisé, libre et transparent. « Aucune perspective de solution à la crise artificielle créée par Joseph Kabila pour rester aux commandes, promet le G7, n’a la chance de réussir », a déclaré Charles Mwando Nsimba. Pour cette plateforme politique de l’Opposition, le temps n’est plus aux simples slogans. Le peuple, se défend-il, doit se prendre en charge pour « un Congo véritablement démocratique et pour le respect de notre Constitution ». Et de marteler : « L’heure est donc à l’action », dans « l’intérêt supérieur du peuple congolais et l’avenir de notre pays que nous voulons radieux ».

Membre actif du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, le G7 ne rate pas une seule occasion pour faire prévaloir ses idéaux qui demeurent du reste intangibles. Il s’agit du respect de la Constitution par l’organisation de l’élection présidentielle dans les délais légalement prescrits. Sur cette question, la G7 ne transige pas. Tout comme, il s’accroche à la récusation d’Edem Kodjo, facilitateur de l’Union africaine au dialogue politique national.

Sur ces deux questions précises, le G7 n’entend pas lâcher prise. Il l’a fait savoir dans un communiqué présenté, jeudi, devant la presse. C’est le président en exercice, Charles Mwando Nsimba, qui s’en est chargé.

Malgré ses échanges avec la Conférence épiscopale nationale du Congo, le G7 maintient la pression à la fois sur le chef de l’Etat, Joseph Kabila, et sur la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Par ce durcissement, le G7 compte « faire barrage à tous les blocages » artificiels qui obstruent la voie vers un processus électoral apaisé, libre et transparent.

« Aucune perspective de solution à la crise artificielle créée par Joseph Kabila pour rester aux commandes, promet le G7, n’a la chance de réussir », a déclaré Charles Mwando Nsimba. Pour cette plateforme politique de l’Opposition, le temps n’est plus aux simples slogans. Le peuple, se défend-il, doit se prendre en charge pour « un Congo véritablement démocratique et pour le respect de notre Constitution ». Et de marteler : « L’heure est donc à l’action », dans « l’intérêt supérieur du peuple congolais et l’avenir de notre pays que nous voulons radieux ».

« Face à la gravité de la situation », le G7 annonce avoir écrit, depuis le mercredi 10 août 2016, au Président du Conseil des sages du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement une lettre pour « proposer des actions pacifiques à réaliser, sans tarder, pour contraindre la CENI à convoquer le scrutin pour l’élection présidentielle le 19 septembre prochain et à publier le calendrier électoral ».

Quant au sort d’Edem Kodjo, « la position du G7 n’a pas changé ». Elle s’inscrit, confirme-t-il, en « droite ligne de celle définie dans le cadre du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement », c’est-à-dire la convocation du dialogue conformément à la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations unies par la « mise en œuvre intégrale sous la modération de la facilitation internationale élargie ».

Les prochains jours promettent d’être agités. Et dans l’entendement du G7, toute autre démarche qui hypothèque la Constitution du 18 février 2006 sera perçue comme un défi lancé au peuple congolais et, plus particulièrement, aux forces  politiques et sociales acquises au changement.

Ci-dessous, le communiqué de presse du G7.

Communiqué de presse du Groupe des 7 partis politiques (G7)

Mesdames et Messieurs les journalistes,

1. Le mardi 19 juillet dernier, le G7 vous a conviés à un point de presse pour rendre compte à l’opinion de la rencontre que sa délégation avait eue, le 14 juillet, avec le facilitateur à la demande de celui-ci.

2. A cette occasion, le G7 avait appelé, en des termes on ne peut plus clairs, l’attention particulière du peuple congolais et de la communauté internationale sur les motivations réelles de l’enrôlement très tardif et général des électeurs que la CENI allait lancer le 1er août en cours, à partir de la province du Nord-Ubangi.

3. Les faits et déclarations auxquels nous assistons depuis le début de ce mois d’août de la part des dirigeants de la CENI et du président Kabila, donnent une fois de plus raison au G7 dont la justesse des analyses et la pertinence des propos n’ont jamais été démenties.

4. En effet, la réalité de l’enrôlement des électeurs en cours au Nord-Ubangi et les affirmations des responsables de la CEN eux-mêmes, certifient sans équivoque que cette opération porte sur l’établissement d’un nouveau fichier électoral qui s’étalera jusqu’en juin 2017.

5. Ainsi, la CENI a fait fi de toutes les recommandations des experts nationaux et internationaux de procéder plutôt à la révision qu’à la refonte du fichier électoral afin de tenir les élections présidentielle et législatives dans les délais constitutionnels comme n’a cessé de l’exiger l’écrasante majorité du peuple congolais.

6. La conséquence logique et prévisible de cette obstination de la CENI est le glissement du délai d’organisation de l’élection présidentielle au-delà du prescrit de la Constitution, ce qui conduit à la violation intentionnelle de celle-ci.

7. L’explication de cette attitude de la centrale électorale de la RDC ne serait-elle pas à chercher à travers deux annonces fortes faites récemment?

8. La première, celle faite le jeudi 4 août courant, par le président Kabila, en territoire étranger. En effet, au cours d’une conférence de presse conjointe avec son homologue ougandais Yoweri Museveni, dans le district de Kasese, Joseph Kabila a déclaré en anglais que « dès que le fichier est disponible, alors le calendrier électoral sera publié », ce qui veut dire, en d’autres termes, que le calendrier électoral ne sera publié qu’après la fin de l’établissement du fichier électoral en juin 2017.

9. La deuxième annonce est venue de Monsieur Corneille Nanga, président de la CENI.

10. Comme pour relayer et appuyer Joseph Kabila, le président de la CENI ne s’est pas gêné de déclarer, au cours d’un atelier de « présentation et de démonstration du kit électoral aux leaders de la Société civile » organisé, le lundi 8 août, au salon rouge du ministère des Affaires étrangères, que « la révision du fichier électoral prendra fin probablement en septembre 2017 ».

11. Le G7 stigmatise le fait qu’au lieu d’interpeler la CENI et de lui demander de publier le calendrier électoral dans le délai constitutionnel, ce soit le président de la République lui-même, garant du fonctionnement régulier des pouvoirs publics, qui se substitue à la CENI et décrète unilatéralement la date de la publication du calendrier électoral en violation de l’article 211 de la Constitution.

12. Tout est donc désormais clair. Selon la volonté du président Kabila et de sa CENI, le calendrier électoral ne sortira pas avant le mois de septembre 2017.

13. Le scrutin pour l’élection du nouveau président de la République ne sera pas, par conséquent, convoqué trois mois avant la fin du mandat du chef de l’Etat en fonction, soit le 19 septembre prochain, comme l’exige l’article 73 de la Constitution. Le glissement du calendrier électoral est donc déjà en marche.

14. Ainsi, pour n’avoir pas veillé à la tenue de l’élection présidentielle dans le délai constitutionnel et, de surcroit, pour avoir entravé en parfaite connaissance de cause cette élection, Joseph Kabila aura commis un parjure et violé intentionnellement la Constitution de la République. Il se sera dès lors rendu coupable, avec la complicité active des autorités de la CENI, de haute trahison telle que définie par l’article 165 de la Constitution.

15. Le moment venu, le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, devra prendre toutes les dispositions requises pour traduire Joseph Kabila et ses complices de la CENI devant la Cour constitutionnelle.

16. En attendant, le G7 considère qu’en annonçant, l’un après l’autre, le report des élections présidentielle et législatives au-delà des délais prescrits par la Constitution, Joseph Kabila et le président de la CENI ont lancé un grave défi au peuple congolais et, plus particulièrement, aux Forces politiques et sociales acquises au changement.

17. C’est pourquoi, Mesdames et Messieurs de la presse, je vous informe que face à la gravité de la situation, le G7 a écrit, hier mercredi 10 août 2016, au président du Conseil des sages du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement une lettre pour proposer des actions pacifiques à réaliser, sans tarder, pour contraindre la CENI à convoquer le scrutin pour l’élection présidentielle le 19 septembre prochain et à publier le calendrier électoral.

18. Je ne saurais terminer cette communication sans dire un mot sur le fameux dialogue qui défraie actuellement la chronique en RDC.

19. A ce sujet, la position du G7 n’a pas changé. Elle s’inscrit en droite ligne de celle définie dans le cadre du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, à savoir notamment :

a.       Le G7 souscrit à la résolution 2277 (2016) du Conseil de sécurité de l’Onu dont le Rassemblement exige la mise en œuvre intégrale sous la modération de la facilitation internationale élargie;

b.       Aucune perspective de solution à la crise artificiellement créée par le président Kabila pour rester aux commandes de l’Etat, n’a de chance de réussir sans décrispation politique sincère de la part de ceux qui gouvernent notre pays.

c.       Dans ce cadre, le G7 exige la fin du harcèlement judiciaire contre son candidat à la présidence de la République, Monsieur Moïse Katumbi, victime des procès injustes et sans fondements, afin qu’il revienne dans son pays en homme libre pour participer au dialogue politique. Le G7 demande aussi avec insistance la dissolution sans condition des doublons de ses partis membres montés par le pouvoir pour les laminer.

20. Pour le G7, en refusant de détendre la situation politique, le président Kabila dresse un deuxième blocage à la démocratie, après celui du processus électoral. Il démontre sa mauvaise foi et sa détermination à persévérer dans sa stratégie machiavélique de délégitimation des institutions républicaines et de pourrissement en vue de justifier un coup d’Etat constitutionnel.

21. Le G7 tient à marquer sa désapprobation de l’expulsion déguisée de la responsable de Human Rights Watch, Madame Ida Sawyer. Ce fait participe d’une démarche cherchant à couvrir d’une chape de plomb les violations graves des droits de l’Homme et à continuer à réprimer à huis clos les opposants en République Démocratique du Congo.

22. L’heure est donc à l’action pour faire barrage à tous ces blocages. Mobilisons toutes nos énergies afin de libérer la démocratie et le processus électoral.

23. Le G7 lance un appel pressant à tous ceux qui militent pour un Congo véritablement démocratique et pour le respect de notre Constitution, d’harmoniser nos initiatives et d’agir en synergie sur le terrain.

24. L’intérêt supérieur du peuple congolais et l’avenir de notre pays que nous voulons radieux le commandent.

Je vous remercie.

Kinshasa, le 11 août 2016

Pour le G7

Le président en exercice

Charles Mwando Nsimba

Député national.

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