lundi , 18 décembre 2017
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Non a l'UDPS familial - Felix et Etienne TSHISEKEDI
Non a l'UDPS familial - Felix et Etienne TSHISEKEDI

UDPS, d’un parti national a un bien prive

Aux yeux de certains observateurs, ce parti semble s’être complètement éloigné de ses objectifs premiers, pour ressembler de plus en plus à un bien privé appartenant à la seule famille biologique d’un de ses fondateurs. Les idéaux semblent avoir été dévoyés ; les cadres, adhérents et militants, n’ont plus voix au chapitre. Seule, la famille du leader accapare toute initiative, relèvent certains pionniers du parti. Un des anciens cadres a d’ailleurs porté plainte en Belgique pour protester contre ce qu’il considère comme dérive et dénoncer les changements introduits dans les statuts.

Les Congolais et les étrangers qui suivent l’évolution politique de la République Démocratique du Congo savent que l’UDPS a été créée en 1982, quelque deux ans après la publication de la lettre ouverte de 13 parlementaires. Selon les déclarations des signataires, la nouvelle organisation politique se voulait soucieuse de mettre fin à la dictature du Maréchal Mobutu, d’instaurer la démocratie et un système socioéconomique basé sur la justice distributive.

Quelques années plus tard, l’UDPS a adhéré à l’Internationale socialiste, manifestant ainsi sa décision de lutter pour la mise en place d’une société de progrès et de justice sociale. A la surprise de beaucoup, l’UDPS n’a pas voulu rejoindre la marche pour la libération de M’Zee Laurent Désiré Kabila de 1996-1997, dans le sillage idéologique duquel elle prétendait pourtant mener son combat. Plus tard, elle refusera de s’associer aux efforts de reconstruction initiés par Joseph Kabila depuis 2001. Dès lors, ce parti s’est enfermé dans l’opposition.

Les dernières évolutions de la scène politique apportent une nouvelle confusion dans les milieux intéressés à la chose publique congolaise. Dans la forme, l’UDPS s’est toujours présentée comme un parti politique. C’est-à-dire, une organisation appartenant à ses adhérents et gérée comme un bien commun par des cadres et dirigeants.

D’UN PARTI NATIONAL A UN BIEN PRIVE

Sur le fond, aux yeux de certains observateurs, ce parti semble s’être complètement éloigné de ses objectifs premiers, rappelés ci-dessus, pour ressembler de plus en plus à un bien privé appartenant à la seule famille biologique d’un de ses fondateurs.

Les idéaux semblent avoir été dévoyés ; les cadres, adhérents et militants, n’ont plus voix au chapitre. Seule, la famille du leader accapare toute initiative, relèvent certains pionniers du parti. Un des anciens cadres a d’ailleurs porté plainte en Belgique pour protester contre ce qu’il considère comme dérive et dénoncer les changements introduits dans les statuts.

UN IDEAL SACRIFIE

L’information qui circule aujourd’hui va encore plus loin.Le parti jadis créé par les KibasaMaliba, Mbwakiem, Etienne Tshisekedi, Paul Kapita, Joseph Ngalula, Charles Dia et bien d’autres, serait désormais influencé par un richissime homme d’affaires qui postule aussi à la Présidence de la République. Le leader de l’UDPS, qui se voulait l’incarnation de l’espoir des Congolais, pour les sortir de la dictature mobutiste et de la misère, en serait-il arrivé à mettre en balance son idéal et des questions d’intérêts bassement matériels ?, s’interroge-t-on dans certains cercles.

On l’accuse de fouler aux pieds toute son histoire, au mépris de ceux qui sont morts dans son long combat, le parti s’étant mis au service d’un projet politique qui n’a absolument rien à voir avec les idéaux proclamés en 1980.

L’UDPS se voulait un parti luttant pour l’amélioration des conditions de vie de la population. Voilà ce qui explique son choix de la social-démocratie, comme doctrine politique. On ne comprend plus dès lors le mariage entre ce parti de masses et son nouvel allié qui n’a pas les mêmes visées.

Comment comprendre l’association entre, d’une part, un homme qui prétend avoir sacrifié 30 ans de sa vie et qui a réellement mis en danger l’existence de beaucoup de ses compagnons pour la recherche d’un idéal et, d’autre part, un homme d’affaires dont le parcours n’aurait pas la même aura ?

UN MARIAGE CONTRE NATURE

Dans ce complot, ils veulent utiliser l’un des partis politiques les mieux installés dans la nation congolaise. Ce qui explique le fait qu’après avoir soutenu le dialogue et accepté de le préparer à Venise, Ibiza et Bruxelles, avec les délégués du Pouvoir, le leader de l’UDPS se rétracte, en soufflant aujourd’hui le chaud et le froid.

Nous devons, pour l’intérêt général, non seulement dénoncer, mais combattre ce projet maléfique. En effet, ce qui se passe actuellement à l’UDPS ne concerne pas que les cadres, militants et adhérents de cette organisation. Ils se montrent d’ailleurs complètement désorientés. La situation de ce parti devrait interpeller tous les Congolais désireux de voir notre pays se construire sur des valeurs autres que la simple recherche d’un enrichissement personnel.

[K. M./ correspondance particulière]

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