jeudi , 27 avril 2017
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Elections : « KABILA » ouvre la voie au glissement

Le président Joseph Kabila ouvre d’une manière officielle, la voie au glissement, a estimé dimanche, le président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ). « Les élections ne seront organisées qu’après l’opération d’enrôlement des électeurs », a affirmé à la presse, le président Joseph Kabila, à l’issue de sa rencontre avec le chef de l’Etat ougandais. Le processus électoral en RDC a d’ailleurs, été déjà biaisé avec le démarrage de l’enrôlement sans un calendrier.

Le président Joseph Kabila ouvre d’une manière officielle, la voie au glissement, a estimé dimanche, le président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), Me Georges Kapiamba. Ce, en réaction à l’annonce faite sur le territoire ougandais, par le chef de l’Etat, Joseph Kabila, en rapport avec le lancement des opérations d’enrôlement des électeurs.

« Les élections ne seront organisées qu’après l’opération d’enrôlement des électeurs », a affirmé à la presse, le président Joseph Kabila, à l’issue de sa rencontre avec le chef de l’Etat ougandais, Yoweri Museveni. Me Kapiamba indique que le processus électoral a d’ailleurs, été déjà biaisé avec le démarrage de l’enrôlement sans un calendrier.

« Nous sommes profondément inquiets depuis que nous avons suivi ces explications fournies par le chef de l’Etat, parce qu’en tant que société civile, nous rappelons d’abord que les opérations d’enrôlement font partie d’un calendrier électoral. La CENI ne doit pas se lancer à faire l’enrôlement sans avoir préalablement présenté et publié un calendrier », dénonce le président de l’ACAJ.

Il relève les contradictions dans les différents propos du président de la République. « A la fois, le chef de l’Etat a dit que cela [l’organisation des élections] ne relève pas de la compétence du gouvernement, mais entre-temps, il ajoute que le calendrier ne pourra être publié qu’à l’issue des opérations d’enrôlement qui sont en cours que nous contestons. Là on annonce un glissement  et la CENI a commencé déjà à jouer ce jeu-là », fait-t-il  remarquer.

Georges Kapiamba recommande  au chef de l’Etat, au gouvernement et à la CENI de respecter les textes des lois de la République. Les propos du chef de l’Etat congolais ont suscité une polémique, qui ne rassure pas les acteurs de la classe politique et surtout ceux de l’opposition. Martin Fayulu, président du parti Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecidé) et membre du Rassemblement de l’opposition, apporte la preuve que le président instrumentalise la Céni pour se maintenir au pouvoir.

« Monsieur Kabila instrumentalise la Céni, dit-il. C’est totalement inacceptable. L’article 211 de la Constitution dit que la Céni s’occupe du processus électoral, c’est-à-dire des opérations d’identification des électeurs, d’enrôlement jusqu’à la publication des résultats provisoires. L’article 73 donne ordre à la Céni de convoquer l’élection présidentielle 90 jours avant la fin du mandat du président en exercice. Et aujourd’hui monsieur Kabila demande à la Céni de publier le calendrier électoral seulement à la fin des opérations d’enrôlement. C’est une violation flagrante de la Constitution. Disons que monsieur Kabila se rend passible de cette infraction de haute trahison », a  déclaré à RFI  Martin Fayulu.

Démenti du côté de la majorité

« La Céni a donné un timing de 16 mois et un jour pour terminer l’enrôlement des électeurs. Comment peut-on aller aux élections au mois de décembre ou septembre sans connaître les électeurs ? La Constitution sera respectée de l’article 1er au dernier. Reporter une élection pour des raisons techniques, ce n’est pas violer la Constitution. Cela se fait partout au monde. Nous tous, même nous les délégués de l’Assemblée, nous sommes protégés par les lois de ce pays. Le chef de l’Etat également. L’article 70, alinéa 17 est clair : …reste en fonction jusqu’à l’instauration du nouveau président élu. Or en décembre, il n’y aura pas de président élu parce que la Céni a dit qu’il n’y aura pas d’élections », tente-t-il d’expliquer.

Les accusations de Jean-Claude Vuemba

Pour le président du parti d’opposition MPCR et membre du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, en annonçant la publication du calendrier électoral au terme de l’enrôlement des électeurs en lieu et place de l’institution concernée, Joseph Kabila s’est fait porte-parole de la Ceni.

«Maintenant, Monsieur Kabila annonce que c’est lui qui serait le porte-parole de la CENI. Qu’il sache qu’il y a la Constitution et que toute personne qui la bafoue risque d’être amenée à la justice pour haute trahison de la nation», a souligné Jean-Claude Vuemba.

Il estime que le chef de l’Etat est responsable de la crise politique qui pointe à l’horizon du fait de n’avoir pas donné des moyens à la CENI. «C’est depuis 2012 qu’il savait bien que les élections présidentielles auront lieu en novembre 2016. Il n’a jamais donné des moyens à la CENI, bien que chaque année, le Parlement octroie 250 millions de dollars américains. En quatre ans, on serait déjà arrivé à un milliard de dollars», a poursuivi Jean-Claude Vuemba.

Le président du MPCR a par ailleurs accusé Joseph Kabila d’être responsable de tout désordre social «qui adviendrait à la suite de sa gestion de la chose publique».

[Jay F. KUMWAF]

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