jeudi , 23 février 2017
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RDC : « KABILA » et TSHISEKEDI détiennent la clé qui doit relancer le dialogue politique et le processus électoral

La déclaration du 5 août 2016 du groupe de soutien international à la facilitation du dialogue a semé le doute dans l’opinion. En réaffirmant leur soutien à Edem Kodjo, pourtant récusé par le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, les membres du groupe de soutien international ont remué le couteau dans une plaie qui ne présentait jusqu’alors aucun signe de cicatrisation. De part et d’autre, on est entré dans une logique de radicalisation. D’un côté, la Majorité présidentielle, rangée derrière son autorité morale, Joseph Kabila, a fait part de son désir de camper sur sa position, c’est-à-dire Edem Kodjo ou rien. De l’autre, l’Opposition rassemblée autour d’Etienne Tshisekedi n’est pas non plus disposée à évoluer. Pour le Rassemblement, Edem Kodjo reste indésirable. C’est l’impasse.

Les extrémistes ont gagné en poussant à la radicalisation des positions du leader de la Majorité au pouvoir et celui du « Rassemblement ».  Les artisans de cette stratégie de la catastrophe annoncée depuis plusieurs mois jubilent, oubliant que le pays est complètement bloqué. Suite à la bipolarisation de la scène politique actuelle, Kabila et Tshisekedi devraient comprendre qu’ils détiennent la clé qui doit relancer le dialogue politique mais aussi le processus électoral.

La déclaration du 5 août 2016 du groupe de soutien international à la facilitation du dialogue a semé le doute dans l’opinion. En réaffirmant leur soutien à Edem Kodjo, pourtant récusé par le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, les membres du groupe de soutien international ont remué le couteau dans une plaie qui ne présentait jusqu’alors aucun signe de cicatrisation.

De part et d’autre, on est entré dans une logique de radicalisation. D’un côté, la Majorité présidentielle, rangée derrière son autorité morale, Joseph Kabila, a fait part de son désir de camper sur sa position, c’est-à-dire Edem Kodjo ou rien. De l’autre, l’Opposition rassemblée autour d’Etienne Tshisekedi n’est pas non plus disposée à évoluer. Pour le Rassemblement, Edem Kodjo reste indésirable. C’est l’impasse. Conséquence : le processus électoral s’en trouve plombé dans la mesure où le doute s’installe sur la tenue du dialogue politique tant attendu.

Dépasser les clivages

Dans le contexte politique actuel, la bipolarité tant redoutée est de mise. Détenteurs du pouvoir, Kabila et ses alliés campent sur leur position, réconfortés par la certitude du glissement du cycle électoral plus que jamais inévitable. En face, le Rassemblement s’est affirmé comme un contrepoids à la Majorité.

Intransigeant, le Rassemblement a réussi à faire trainer le dialogue. C’est désormais une force politique incontournable, qui a réussi à consolider son positionnement politique après sa grande mobilisation du 31 juillet 2016 à Kinshasa. Autrement dit, l’avenir de la RDC est entre les mains de Kabila et Tshisekedi. Il suffit que les deux se mettent d’accord pour que la machine soit débloquée. Mais, qui d’entre les deux fera le premier pas vers l’apaisement ? C’est toute l’énigme.

Pour rappel, les faucons de la Majorité présidentielle (MP) ont mis en place au lendemain des élections chaotiques de 2011 organisées par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de Ngoy Mulunda. Tout était mis en marche pour que la présidentielle de 2016 ne se tienne pas dans le délai constitutionnel. Le lit du « glissement » était posé. Pour concrétiser la démarche, des dossiers enterrés comme le démembrement des provinces, l’identification des Congolais, le recensement de la population et tant d’autres encore ont refait surface.

Comme il n’existe pas de crimes parfaits, des anciens compagnons du chef de l’Etat se sont désolidarisés des faucons, appelant au respect de la Constitution. C’est la naissance du G7 qui s’est directement aligné dans l’Opposition.

A la MP, on les a traités de tous les noms d’oiseaux, en leur intentant des procès d’intention. Plus tard, la MP a fait preuve de réalisme en appelant au dialogue en vue, avançait-elle, d’un processus électoral. Mais, jamais la Majorité ne s’est départie de son projet de glissement. Aujourd’hui, depuis Ouganda, le chef de l’Etat a dévoilé un vieux projet de la Majorité : reporter le calendrier à la fin des opérations d’enrôlement. Cette attitude revient, entre autres, à consacrer le glissement du cycle électoral.

C’est du sur place. Edem Kodjo, facilitateur désigné par l’UA, peine à imposer sa marque. Honni dans l’Opposition, protégé par la Majorité, Kodjo est dans la position d’un roi nu, incapable de battre la mesure.

Alors qu’on s’attendait à ce que chaque camp se ravise, c’est tout le contraire. La Majorité travaille pour l’après glissement, convaincu d’avoir réussi son coup – avec la complicité avérée de la CENI. De son côté, l’Opposition, plus dure qu’avant, ne jure que par le départ de Kodjo de la facilitation. En se radicalisant, le bout du tunnel pour la sortie de crise s’éloigne inexorablement.

A la convocation du dialogue le 24 novembre 2015, le chef de l’État avait mis toutes les chances de son côté. Sa tâche a été aussi facilitée par la Commission de l’Union africaine où les oreilles attentives de Mme Zuma ont permis de mettre au-devant de la scène Edem Kodjo comme facilitateur. Dès le départ, l’UDPS ne lui avait manifesté que méfiance, tout comme l’ensemble de l’opposition. Curieusement, Mme Zuma ne cesse de tenter d’imposer un bien curieux facilitateur qui, récusé, recherche des soutiens auprès des étrangers et des membres de la MP. Tshisekedi a fini par le qualifier de « grand Kabiliste » avec lequel on ne peut aller au dialogue, sa partialité étant devenue notoire.

Là aussi, c’était une stratégie des faucons qui ne voulaient de Tshisekedi que pour crédibiliser le dialogue lors de son lancement quitte à l’énerver à faire sortir « leur joker qui s’est déjà positionné », selon un cadre du G7.

Face à ce marché des dupes où les jeux sont pipés d’avance, Tshisekedi et le Rassemblement se sont recroquevillés, s’arcboutant sur leur position, c’est-à-dire la récusation sans appel d’Edem Kodjo.

Un tête-à-tête crucial

Dans cette stratégie du chaos, c’est le peuple qui est le grand perdant. La guerre froide qui s’est installée dans les deux camps ne va pas dans l’intérêt du pays. Bien au contraire, c’est l’avenir du pays qui s’assombrit. Il faut parer au plus pressé. Kabila et Tshisekedi doivent s’entendre et sauver le processus en cours.

Dans le passé, les deux hommes ont tenté de se rapprocher par leurs émissaires respectifs mais, jamais ils ne se sont rencontrés. Or, tout le monde s’accorde à reconnaitre que  si les deux leaders, qui ont pris l’initiative de se parler, via leur représentant, peuvent éviter au pays de sombrer dans le chaos. C’est que le pont n’est pas totalement rompu. Il y a une passerelle que l’un l’autre devait saisir. Il y va de l’intérêt supérieur d’une nation au bord du précipice.

La Communauté internationale qui s’est longuement dépensée pour la stabilité de la RDC a intérêt à investir dans ce sens. En effet, la clé de la crise pré-électorale de la RDC se trouve entre les mains de Kabila et Tshisekedi. Il suffit que les deux acceptent de se parler pour que des verrous sautent d’eux-mêmes. Car, on voit très mal la Majorité présidentielle tourner le dos à un mot d’ordre de son autorité morale qui irait dans le sens de faire avancer les choses. De même, il serait absurde que Tshisekedi soit poussé à durcir sa position dès l’instant où la Majorité au pouvoir ferait preuve de bonne foi dans la sortie de la crise qui ouvrirait la voie vers un processus électoral apaisé.

Depuis Ibiza en Espagne et Sant-Egidio en Italie, les émissaires de deux camps ont balisé la voie. Ils ont fait leur travail, mais ils se sont arrêtés en chemin. Leur travail devait se poursuivre par une rencontre directe entre les deux leaders. Dans le contexte actuel, cette rencontre devient impérieuse. Tout analyste bienveillant comprend que si les deux ne se rencontrent pas, le pays va droit vers une implosion.

A deux, il y a des choses qu’ils peuvent se dire directement, sans interférences. Ils peuvent donc trouver une solution aux questions qui bloquent la machine électorale. Si des négociations directes s’imposent, comme le préconise certaines plateformes à l’instar du G7, c’est Kabila et Tshisekedi qui doivent en donner le go. La tension est telle que ce n’est plus le moment de tergiverser. On ne peut plus se voiler la face sur un tête-à-tête Kabila – Tshisekedi, plus que jamais inéluctable. Les coups de gueule et de communiqués ne vont pas résoudre le problème.

[lePotentiel]

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