lundi , 29 mai 2017
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Plus de 50 civils tués : « KABILA » continue de faire massacrer les Congolais à béni

Les rebelles de l’ADF sont régulièrement accusés par le gouvernement d’être les principaux auteurs de massacres qui se poursuivent à l’est du pays depuis octobre 2014. Une version partiellement remise en cause par un récent rapport du Groupe d’étude sur le Congo de l’université de New York, selon lequel les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces massacres. Mais d’autres éléments armés, dont des soldats de l’armée régulière sont également à l’origine de certaines attaques. Dimanche, une centaine de personnes scandant des slogans hostiles au gouvernement et au président Kabila ont manifesté à Beni.

Depuis près de deux ans, de nombreux massacres ont coûté la vie à plus de 600 personnes à l’est du pays. Ce dimanche, une centaine de personnes ont manifesté contre le président Joseph Kabila.

Encore un massacre en République démocratique du Congo (RDC). Plus de 50 civils ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche à Beni, dans l’est du pays. Cette annonce a provoqué la colère de la population qui fait face à une succession d’attaques coûtant la vie à plus de 600 personnes en moins de deux ans.

Le gouvernement de la RDC a décrété un deuil national de trois jours à partir de lundi. « Les drapeaux seront mis en berne sur toute l’étendue du pays et les programmes des médias audiovisuels adaptés à la circonstance », a annoncé le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende.

Manifestation contre le président Joseph Kabila

Pour le lieutenant Mak Hazukay, porte-parole de l’armée, ce massacre a été réalisé par les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). D’après le militaire, les ADF ont « contourné » les positions de l’armée « pour venir massacrer la population en guise de représailles » aux opérations militaires en cours dans la zone.

Cette nouvelle attaque a eu lieu trois jours après une visite du président congolais Joseph Kabila dans la région, où il a promis de tout mettre en oeuvre pour « imposer » la paix et la sécurité. Mais ce dimanche, une centaine de personnes scandant des slogans hostiles au gouvernement et au président ont manifesté à Beni.

Des soldats de l’armée auteurs de massacres?

Les rebelles de l’ADF sont régulièrement accusés par le gouvernement d’être les principaux auteurs de massacres qui se poursuivent à l’est du pays depuis octobre 2014. Une version partiellement remise en cause par un récent rapport du Groupe d’étude sur le Congo de l’université de New York, selon lequel les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces massacres.

Mais d’autres éléments armés, dont des soldats de l’armée régulière sont également à l’origine de certaines attaques. En dépit des efforts de stabilisation déployés par la communauté internationale et les autorités congolaises, cette région est toujours en proie à des violences depuis la fin de la deuxième guerre du Congo qui s’est terminée en 2003.

Plus de 40 civils ont été tués

S’exprimant dans la soirée de dimanche sur une radio locale, le maire de Beni, Edmond Masumbuko, a déploré «42 personnes tuées» dans ce massacre.
Le président de la société civile de Beni, Gilbert Kambale, a avancé un bilan provisoire de «46 personnes tuées et 34 maisons brûlées».

Dimanche, une centaine de personnes scandant des slogans hostiles au gouvernement et au président Kabila ont manifesté à Beni.

Les manifestants portaient au moins un corps sans vie d’une des victimes de la tuerie, selon des témoins.

«Les policiers viennent de nous ravir le corps (du mort), mais nous comptons continuer à manifester», a protesté en swahili Georges Kamate, un conducteur de taxi-moto.

«Notre gouvernement est incapable de nous sécuriser», criait un autre manifestant.

«Il y a un déficit sécuritaire criant, «les autorités» ont été incapables de sécuriser la population, c’est pourquoi celle-ci est descendue dans la rue», a expliqué M. Kambale.

Selon Jackson Kasereka, militant des droits de l’Homme à Beni, les habitants des quartiers du nord de la ville «brûlent des pneus» dans la rue en signe de protestation contre la tuerie et contre les autorités.

La ville et le territoire de Beni ont été endeuillés depuis octobre 2014 par une série de massacres qui ont coûté la vie à plus de 600 civils. Le gouvernement congolais et la Monusco accusent les ADF d’être responsables de ces tueries.
Selon un récent rapport du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New York, les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces massacres, au côté d’autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l’armée régulière.

En dépit des efforts de stabilisation déployés par la communauté internationale et les autorités congolaises, cette région reste déchirée par la violence depuis la fin de la deuxième guerre du Congo (1998-2003).
Le 8 août, onze militaires congolais et un Casque bleu ont été blessés dans le territoire de Beni lors d’un affrontement avec les ADF, selon la Mission de l’ONU en RDC (Monusco).

Dimanche, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende a soutenu que «la RDC a déjà eu à alerter le monde sur cette menace djihadiste» sur son territoire. La RDC «déplore que dans notre pays, les forces armées de la RDC soient seules à l’affronter dans l’indifférence de la communauté internationale», a-t-il dit.
«La Monusco condamne cet acte barbare commis contre les populations civiles, et réitère son soutien aux FARDC et à la PNC (l’armée et la police congolaises) pour protéger les populations civiles de Beni», a déclaré son chef Maman Sidikou dans un communiqué.

Une délégation de la Monusco se rendra lundi à Beni pour «apporter un soutien aux autorités du pays afin de continuer la traque contre les présumés ADF», annonce le communiqué.

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