jeudi , 23 février 2017
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RDC : Moise KATUMBI, metteur en scène

La succession des événements dans l’affaire judiciaire Katumbi Vs Stoupis n’a d’autres metteurs en scène que Moïse Katumbi lui-même qui cherche à mettre la pression sur ceux qu’il croit être ses bourreaux afin de se tirer d’affaires. Pour mener cette opération à bien, l’ancien Gouverneur de l’ex-Katanga s’est entouré d’avocats spécialisés dans les pressions psychologiques. Le premier est Eric Dupond Moretti, surnommé « Acquittator » dans les prétoires français et spécialisé dans la pression psychologique sur la justice au moyen de l’opinion publique.Les autres avocats, et non des moindres, sont les américains Donald Pongrace et Merrill Godfrey, tous deux employés d’Akin Gump, l’un des principaux cabinets d’avocat et de lobbying américain qui a également comme client un certain Darryl Lewis.

C’est comme dans un film d’horreur où des zombies apparaissent et disparaissent, des vivants disparaissent puis réapparaissent sous forme de mutants, etc. Hier au Tripaix de Kamalondo à Lubumbashi, c’est la juge en charge du dossier Katumbi contre Stoupis qui disparaissait, laissant trainer derrière elle la rumeur d’une lettre qu’elle aurait adressée au Ministre de la Justice pour lui faire état des pressions qu’elle aurait subie pour rendre le verdict dans cette affaire.

Suspecte succession d’événements

Pendant que l’on cherchait à savoir ce qui est réellement arrivé à cette dame de justice et ce qu’il en était réellement de sa fameuse lettre, le Tribunal de Grande Instance de Lubumbashi annonce, le 2 août, avoir reçu la mystérieuse missive. On croyait que l’affaire allait, enfin, connaître son épilogue, mais c’est en ce moment que se déclenche un nouvel épisode.

24 heures plus tard, en effet, soit le 3 août, on apprend que cette fois-ci c’est le greffier et la secrétaire en charge du même dossier qui se sont volatilisé. Si cette disparition a été annoncée le 3 août, les concernés avait, eux, pris la clé des champs le 1er août, soit 24 heures avant l’annonce de la découverte de la lettre de la femme magistrat du TGI/Lubumbashi.

Cette fois-ci, les fugitifs ne sont pas partis seuls : ils auraient emporté toutes les pièces du dossier. Absolument toute, mais ce n’est pas tout : le greffier aurait même pris soins d’arracher deux pages du registre du parquet renseignant sur les références du dossier.

Comme pour dire que l’affaire Katumbi/Stoupis, pourtant vieille de plus d’une dizaine d’années, n’a jamais existé.

Que s’est-il donc passé, et qui est derrière ces effarantes disparitions qui donnent la chair de poule ? Ces hommes et femmes de justice fuiraient-ils l’ogre du pouvoir comme pour attester des pressions qu’ils auraient effectivement subies pour dire le droit ? Ou ont-ils cédé à de substantielles motivations qui les mettraient désormais à l’abri de l’apostolat de la magistrature ?

Il est un fait qu’au regard de l’atmosphère ambiante en RDC, le dossier judiciaire opposant Moïse Katumbni à un sujet grec dans une affaire immobilière n’a plus été n’importe quelle affaire depuis quelques temps, surtout depuis l’annonce de l’inculpation du premier cité dont la condamnation suivra quelques temps plus tard. Bien avant cela, des phénomènes bizarres – dont notamment, des cas de maladie et d’évacuation vers l’étranger sans retour, ou encore des interdictions de survol et d’atterrissage des avions, la plainte de Darryl Lewys contre Thambwe Mwamba et Kalev Mutond aux USA,etc. – ont été enregistrées dans l’autre affaire, celui des mercenaires, qui impliquait Moïse Katumbi. Encore et toujours.

Tout se rattache et ramène à Moïse Katumbi

Bien de choses donc qui se produisent et se succèdent dans une séquence qui indique clairement qu’elles ne sont pas le fait d’une génération spontanée, mais bien d’une organisation coordonnée. Tout ce qui se produit se rattache à la situation judiciaire de Moïse Katumbi qui essaye d’en tirer profit pour ses affaires politiques

Stratégiquement parlant, l’ancien Gouverneur de l’ex-Katanga voudrait jouer au pourrissement de la situation pour faire craquer ceux qu’il considère comme ses bourreaux. La succession coordonnée de ces affaires n’est, en effet, pas pour entretenir la réputation de la justice congolaise – qui ne s’est encore jamais confrontée à ce genre d’évènements sur une même affaire et un même individu – ni, moins encore, du pouvoir en place.

Moïse Katumbi voudrait, en somme, reprendre le contrôle de ces différents dossiers en inversant la pyramide. En même temps, il met en place un autre plan : celui d’emmerdement maximum qui verrait le pouvoir et la justice se mettre à sa traîne pour nettoyer ses accusations systématiques. Le premier est Eric Dupond Moretti, surnommé « Acquittator » dans les prétoires français, qui s’est aussi bâtit une réputation de juriste communicateur spécialisé dans la pression psychologique sur la justice au moyen de l’opinion publique.Les autres avocats, et non des moindres, sont les américains Donald Pongrace et Merrill Godfrey, tous deux employés d’Akin Gump, l’un des principaux cabinets d’avocat et de lobbying américain qui a également comme client un certain Darryl Lewis. Akin Gump Strauss Hauer&Feld LLP, dont le siège est à Washington, est, en effet, l’un des plus rentables et les plus prestigieux des USA, connue également pour son influence sur Capitol Hill et sa représentation des clients de haut niveau. En termes de rémunération, ce cabinet figure parmi les dix premiers aux USA.

La patte authentique de Katumbi… et de ses avocats occidentaux

Concrètement, on sent à mille lieues la patte caractéristique de l’homme d’affaire qui bouillonne en Katumbi. Un homme qui a souvent vécu dans et avec ce genre d’affaires qu’il savait régler et/ou enterrer au moyen de son porte-monnaie, mais qui semblent lui résister depuis quelques temps. Et pour mener à bien une telle cascade d’événements politico-judiciaires visant à faire baver les gens, Katumbi n’y est pas allé seul. Il en serait d’ailleurs incapable, malgré sa fortune… C’est ici qu’apparaissent les silhouettes de ses avocats français et américains rompus dans ce genre d’affaires.

Le premier à rejoindre le banc de ses défenseurs est Eric Dupond Moretti. Surnommé « Acquittator » dans les prétoires français, cet avocat pénaliste est connu pour le nombre impressionnant d’acquittements qu’il a obtenus devant les cours et tribunaux français. Pour cela, il s’est aussi bâtit une réputation de juriste communicateur spécialisé dans la pression psychologique sur la justice au moyen de l’opinion publique.

Les autres avocats, et non des moindres, sont les américains Donald Pongrace et Merrill Godfrey, tous deux employés d’Akin Gump, l’un des principaux cabinets d’avocat et de lobbying américain qui a également comme client un certain Darryl Lewis. Akin Gump Strauss Hauer&Feld LLP, dont le siège est à Washington, est, en effet, l’un des plus rentables et les plus prestigieux des USA, connue également pour son influence sur Capitol Hill et sa représentation des clients de haut niveau. En termes de rémunération, ce cabinet figure parmi les dix premiers aux USA.

Katumbi a donc choisi des grosses pointures bien dimensionnées aux genres d’affaires qui le concernent, mais aussi aux ambitions politiques qu’il nourrit avec tous les soutiens occidentaux qu’il doit traîner comme un fardeau. Il sait donc ce qu’il cherche, mais il restera, avant tout, de savoir comment, malgré cet arsenal, il saura faire face à la vérité…

[Pascal Debré Mpoko/droite congolaise]

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