samedi , 16 décembre 2017
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Siege de l'UDPS - Table réservée à Etienne Tshisekedi.
Siege de l'UDPS - Table réservée à Etienne Tshisekedi.

RDC : Etienne TSHISEKEDI, c’est le moment de passer la main

Après son accueil triomphal du mercredi dernier et le meeting du 31 Juillet 2016, Etienne Tshisekedi a démontré qu’il est un maillon important dans l’optique de la solution à la crise actuelle en RDC. Crise dont la seule issue qui vaille est celle devant aboutir au respect des dispositions constitutionnelles et, conséquemment, au départ de Joseph Kabila, à la fin de son mandat, le 20 décembre prochain. Principale figure de l’opposition congolaise, Etienne Tshisekedi devra cependant faire un choix décisif pour le présent et l’avenir du Congo. Un choix qui implique de sa part qu’en toute lucidité, il se rende compte qu’il est usé par l’âge et les nombreuses batailles politiques. A bientôt 84 ans et avec une santé chancelante, il est attendu de lui qu’il fasse le choix de la vision et de la responsabilité historique. Bref, pour l’opposant historique qu’il est, c’est le moment de passer la main et de donner la chance à une nouvelle génération de politiciens congolais, plus frais, plus énergiques et davantage en phase avec les défis de l’heure. Pour la paix du Congo et la prospérité des Congolais, c’est le seul choix à faire.

Naturellement, une telle perspective ne doit surtout pas inclure un quelconque deal avec le pouvoir actuel. Etienne Tshisekedi devra demeurer dans le camp des opposants dont il doit coordonner et structurer les actions, guider les pas et arbitrer les inévitables conflits. Manageant les jeunes opposants, il sera alors le véritable artisan du vaste mouvement qui fera partir Joseph Kabila et de ce fait, s’inscrira dans le registre de l’histoire de la RDC, plus qu’il ne l’aurait fait en étant président de la République. Ce premier défi relevé, Tshisekedi récompensé comme il se doit et couvert d’honneur pour son esprit de sacrifice et sa vision, devra ensuite aider les Congolais à se choisir en toute liberté un nouveau dirigeant dans le cadre d’une compétition électorale saine et équitable. C’est l’ultime mission que les Congolais attendent de lui. Une mission destinée à parachever une carrière politique passée à lutter pour le triomphe de la démocratie congolaise et pour le bien-être de ses compatriotes. Et une mission dont la portée historique exige du « sphinx de Limeté » qu’il ne se dérobe point.

Le meeting du 31 juillet dernier à été le moment d’une fête, non seulement pour les acteurs politiques réunis au sein du  » Rassemblement », mais surtout pour des milliers de militants qui y ont pris part. C’est le moins que l’on puisse dire au regard de l’ambiance qui a régné avant, pendant et après cet oral.

C’est un monde fou qui a répondu présent le dimanche 31 juillet au meeting du Rassemblement, sur le boulevard Triomphal, en face du stade des Martyrs. Jeunes, vieux, hommes et femmes, militants de partis politiques, ils ont été plusieurs dizaines de milliers à effectuer le déplacement pour écouter le message du président du Conseil des sages du Rassemblement, Etienne Tshisekedi. Tout au long de ce meeting, la population a, à maintes reprises, demandé aux opposants de ne pas la trahir.

Les populations présentes au meeting de l’opposition, pour la plupart des jeunes, ont plusieurs fois interrompu les interventions des leaders du  » Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement « , les invitant à mettre les préoccupations du peuple au centre de leurs actions.

 » Nous vous faisons confiance, nous croyons foncièrement à votre sincérité, nous voulons l’alternance le 20 décembre prochain. Ainsi, nous vous demandons de ne nous trahir le peuple, encore moins les idéaux républicains que nous défendons tous « , scandaient frénétiquement les jeunes présents à cette manifestation politique.

Ils se sont ensuite plaints auprès de leurs leaders de ne pas avoir du travail, de la dégradation du tissu social, et de bien d’autres problèmes.

UN MEETING AUX ALLURES D’UNE FETE

Le meeting du 31 juillet dernier à été le moment d’une fête, non seulement pour les acteurs politiques réunis au sein du  » Rassemblement », mais surtout pour des milliers de militants qui y ont pris part. C’est le moins que l’on puisse dire au regard de l’ambiance qui a régné avant, pendant et après cet oral.

Le programme proprement dit a débuté aux environs de 14 heures. Cependant, la population a commencé à envahir le lieu à partir de 10 heures. Déjà à 11 heures, les foules immenses, munies de drapeaux des partis politiques et effigies de leurs leaders, telles des fourmis, venaient de tous les sens, rendant ainsi impraticables les avenues Kasa-Vubu, Saïo et Triomphal.

Chants en hommage à celui qu’ils appellent affectueusement « Ya Tshitshi », danses, sifflements, concert de klaxons des motocycles et véhicules, tout était mis en œuvre pour témoigner un soutien indéfectible aux opposants ayant pris part au conclave de Genval, dans la banlieue bruxelloise.

La foule en extase ne jurait que par l’alternance. C’est le message que l’on pouvait lire sur leurs tee-shirts, banderoles et autres supports de communication. Tout se passe sous le regard indifférent des éléments de la Police, installés sur les grandes artères des environs.

DIALOGUE SANS KODJO

La joie était à son comble lorsque le modérateur du jour, Joseph Olengankoy, a annoncé l’arrivée d’Etienne Tshisekedi. Une fois que le Sphinx est monté sur le podium, accompagné de sa femme, les participants ont tous levé les mains, brandissant le drapeau du pays, en guise d’accueil.

Dans son adresse, le président de l’UDPS a rappelé que le mandat du président Joseph Kabila arrive à terme le 20 décembre prochain. Cela, après avoir remercié les Kinois en particulier et toute la population congolaise en général, pour l’avoir accueilli en véritable « roi » lors de son retour au pays le 27 juillet dernier.

L’occasion pour « le lider maximo » d’appeler les jeunes à se prendre en charge, à prendre leur destin en mains et à éviter de se faire manipuler par des politiciens pour des intérêts mesquins.

Parlant du dialogue politique, Etienne Tshisekedi a lancé un message clair à l’Union Africaine :  » Le Rassemblement vient de retirer sa confiance à Edem Kodjo après avoir constaté qu’il s’agit d’un Kabiliste. Nous demandons ainsi à l’UA de nous envoyer quelqu’un d’autre de beaucoup plus crédible « .

Au nom du Rassemblement, il fixe entre autres préalables au dialogue, la libération des prisonniers politiques et d’opinions, l’ouverture des médias publiques à tous les courants de pensée, l’ouverture des médias privés fermés et la fin de l’acharnement judicaire sur des opposants, dont Moise Katumbi.

Contents du message de leur leader, les participants à ce meeting sont rentrés festoyants. Prenant d’assaut le boulevard Lumumba, ceux venus du district de la Tshangu sont rentrés à pied, scandant des chants, ils se sont mis à relayer le message d’Etienne Tshisekedi à la criée le long de la route.

Pour se frayer un chemin dans la foule sur la chaussée, les conducteurs étaient obligés de brandir les doigts en forme de  » V « , en signe de victoire.

[avec Orly-Darel NGIAMBUKULU]

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LE MESSAGE DU PRESIDENT DU «RASSEMBLEMENT»

Congolaises et Congolais

Très chers compatriotes

Combattants et combattantes du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales acquises au changement Au jour et à l’heure convenus, me voici devant vous.

C’est un motif pour moi de rendre grâce à notre Dieu pour tous les biens dont il ne cesse de nous combler. Il est Amour. Ensemble, offrons-lui les âmes de nos frères et soeurs massacrés à l’Est du pays, celles des morts de la fosse communes de Maluku et autres. En vue de témoigner de notre solidarité avec tous ces morts. Je vous prie tous d’observer une minute de silence en leur mémoire.

A présent, qu’il me soit permis de témoigner de ma reconnaissance à tout notre peuple, ici au pays et dans la diaspora :

– Pour ses prières qui m’ont accompagné et soutenu durant toute mon absence du pays ;

– Et pour l’accueil combien fraternel, chaleureux et historique qu’il m’a réservé le mercredi dernier à mon retour au pays. Que tous, Congolaises et Congolais trouvent ici l’expression de ma profonde gratitude.

Ces remerciements s’adressent aussi à toutes les Forces politiques et sociales acquises au changement qui se sont associées à mon Parti pour la réussite de cette mobilisation.

Très touché qu’à la nuit tombée, là où les jaloux vous ont plongés dans le noir en vous privant  de la lumière, j’ai vu les petites bougies d’espoir allumées, tout au long de mon passage. C’est ce symbole, ce flambeau du combat que je vous exhorte de maintenir toujours allumé et très haut. J’ai vu vos larmes et entendu vos cris de détresse. J’en tiendrai compte.

Comme vous le savez, le sens de ma lutte est d’ériger un véritable Etat de droit sur cette terre de nos ancêtres, seul apte à prendre en compte vos aspirations et de concourir à la réalisation du bien-être général. Là où le régime de prédation a semé la misère et la désolation : de la Gecamines au Katanga, de la MIBA au Kasaï ou de Kilomoto au Maniema, partout où la mauvaise gouvernance du pays a provoqué des multitudes des victimes, je donne l’assurance que des plans pertinents sont prévus, à mettre en oeuvre, dans le cadre d’un gouvernement responsable.

Le Congo dispose déjà de la fondation sur laquelle  j’ai le devoir de consolider avec vous la construction de la République : La Constitution.

Pour mener cette lutte, depuis la Belgique à Genval, mes compatriotes des forces politiques et sociales acquises au changement ici présents, ont constitué le rassemblement pour la défense des valeurs de la République qu’elles ont unanimement placé sous mon leadership : je vous demande de les ovationner chaleureusement. C’est dans cette unité de combat que réside la victoire de notre peuple.

Les fossoyeurs du peuple congolais, les mêmes qui ont volé votre victoire aux élections de 2011, en m’empêchant d’assurer le mandat que vous m’aviez confié, n’ont pas désarmé.

Je suis là aujourd’hui pour qu’ensemble, avec votre soutien massif et déterminé, nous stoppions net leurs forfaitures. Défendre le respect de notre constitution, ainsi que les délais qu’elle prescrit, afin de donner de nouvelles perspectives à la République Démocratique du Congo.

Comme prévu par la Constitution, les élections doivent avoir lieu cette année 2016. Le 19 septembre 2016 est la première ligne rouge à ne pas franchir. Le corps électoral doit être convoqué pour l’élection présidentielle. Au cas contraire, la haute trahison sera attestée dans le chef de Monsieur Kabila qui endosse la responsabilité du malheur des Congolais. Dès cet instant, le décompte de son préavis de trois mois de locataire au palais présidentiel commence. Le 19 décembre 2016, le préavis terminé, le 20 la maison doit être libre. Cet homme qui, depuis 2001 jusqu’aujourd’hui, joue à qui perd gagne, ne devra plus échapper à votre vigilance.

A cette date, nous en appelons à votre responsabilité : « YEBELA ».

Avec le RASSEMBLEMENT, nous vous donnerons un calendrier des actions citoyennes à entreprendre pour faire échec à tout coup de force contre la Constitution.

A mes appels de dialoguer sous la facilitation internationale, en conformité avec la résolution 2277 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, Monsieur Kabila et sa majorité ont préféré répondre par des ruses, des manœuvres dilatoires et d’autres diverses exactions. C’est ainsi que nous avons été amené à récuser le facilitateur désigné par l’Union Africaine, dont les actes unilatéraux ont fini par lasser.

Je réitère les exigences du Rassemblement : – la transformation du groupe de soutien en panel collégial des facilitateurs. L’intégration des USA, dont l’implication dans la problématique du processus électoral en cours est de plus engagée, la libération inconditionnelle des détenus  politiques dont les plus connus : Diomi Ndongala, Me Muyambo, Christopher Ngoy, les jeunes de Filimbi et Lucha et tout récemment les combattants de l’UDPS arrêtés à Lubumbashi pour avoir manifesté leur joie à mon retour, etc.

– La cessation des procédures arbitraires judiciaires ou autres à l’encontre des leaders de l’Opposition comme c’est le cas de Moïse Katumbi et Martin Fayulu, – la libération des médias publics (RTNC), – l’arrêt de dédoublement des partis politiques, etc.

En tout état de cause, le 20 décembre 2016, son préavis de trois mois ayant expiré, nous dirons tous au revoir à Monsieur Kabila et nous inaugurerons une nouvelle ère, telle que nous le déciderons au cours d’un vrai dialogue politique inclusif sans Kabila.

Fini le sommeil ! Réveillez-vous ! Décidez de votre sort.

Je lance un appel particulier :

– A notre jeunesse, l’avenir de notre pays, dont je salue l’engagement citoyen à travers les divers mouvements de combat démocratique. Levez-vous et reprenez le flambeau du combat pour un Congo grand et prospère.

– A nos forces armées et de police que j’invite à se comporter avec professionnalisme et neutralité, tout en leur rappelant qu’elles sont des institutions nationales, apolitiques et républicaines, au service de la Nation et non au service des individus.

Je vous remercie.

[avec Boubacar Sanso Barry, Le Djely]

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