dimanche , 17 décembre 2017
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Marie-Olive LEMBE DI SITA, Premiere Dame de RDC.
Marie-Olive LEMBE DI SITA, Premiere Dame de RDC.

Appel des femmes Congolaises à un sursaut patriotique face à l’épreuve de l’heure en RDC

Nous, peuple congolais et notre pays la République Démocratique du Congo sommes encore une fois à un tournant décisif de notre histoire. Chaque Congolaise et chaque Congolais est appelé  à la vigilance et à une forte prise de conscience face aux enjeux de l’heure. En cette période à la fois charnière et cruciale de notre devenir commun en tant que survivants d’un passé historique très tragique et sujets d’une actualité très dramatique, aggravée par un système répressif sanguinaire, nous lançons un appel urgent pour un sursaut patriotique contre le régime en place qui tient à maintenir les empreintes de son système nocif d’usurpation, de prédation  et d’ impunité persistante, qui menace notre existence et dénie notre humanité en plein 21 nième siècle postcolonial.

Il importe de rappeler ici que depuis bien avant 1960, le peuple congolais aspire à son épanouissement et milite sans relâche pour le respect et la reconnaissance de ses droits fondamentaux en exigeant la fin du système de terreur, d’injustices et d’oppression hors du commun mis en place depuis 1885.

Le sacrifice suprême de nos pères de l’indépendance et d’une grande multitude des Congolais qui ont cruellement perdu leurs vies dans cette lutte noble et juste durant tout le parcours de notre histoire marquera à jamais la grandeur et la détermination du vaillant peuple que nous sommes et qui exige sans cesse la reconnaissance de ses droits à la vie, à la liberté et à l’autodétermination conformément aux droits internationaux des peuples et nations.

Si depuis 1885 jusqu’en 1995, la terreur et les exactions massives et systématiques contre les Congolais se déroulaient sur leur territoire national, cependant ce que subissent actuellement les Congolais est insoutenable.

En effet, depuis le début des guerres d’agression de la coalition tutsi rwando-ougando-burundaise en 1996 et la mise en place du gouvernement d’occupation depuis 2001, les Congolais sont devenus la risée du monde et sujets aux massacres ciblés et à toutes sortes d’exactions humiliantes inacceptables d’une manière répétitive en toute impunité, tant au pays que dans certains pays à travers le monde: partant de la Belgique, en passant par le Rwanda, l’ Ouganda, le Burundi, l’Afrique du Sud, l’Inde; voire l’ Angolais et le Congo-Brazzaville deux pays frères avec des populations issues d’une même souche socio-culturelle partageant la même histoire depuis la nuit des temps.

Dans les provinces situées à l’Est du pays, le corps de la congolaise est devenue un butin de guerre et un champ de bataille infernale.

Le système léopoldien instauré en 1885 au Congo est entré en crue, débordant les frontières qui le confinaient depuis plus d’un siècle de terreur et d’holocauste oublié. Cette recrudescence des violences et de déni d’humanité envers les Congolais doit nous interpeller tous afin de mettre fin à ce régime mis en place contre la volonté et le bien-être du peuple congolais, en violation flagrante du droit international.

Car, aujourd’hui encore, comme hier à l’aube de l’avènement de notre  l’indépendance en 1960, nous faisons face à l’heure de l’épreuve majeure. Nous sommes appelés à la surmonter en évitant les erreurs du passé car il est maintenant question d’être ou de ne plus être ce grand peuple au cœur de l’Afrique, d’ où partira un souffle nouveau qui déferlera sur tout le continent et au-delà.

C’est pourquoi nous, filles de la République Démocratique du Congo, attirons l’attention de nos concitoyens au pays et à travers le monde dans la Diaspora Congolaise en insistant sur les faits suivants:

1) Nécessité d’ un sursaut patriotique avec une nouvelle classe politique pour la Mise en place de La réforme politique nationale et internationale du Congo selon les exigences du peuple congolais et le respect des droits des peuples et nations : c.à.d. se réapproprier la vraie lutte pour la liberté et la dignité nous léguées par nos pères de l’indépendance et celle lancée par les Défenseurs des droits des Congolais en occidents au XIX eme et au XX eme  siècle contre le système cruel de l’ EIC.

En effet en 1899, Reuter diffusait l’interview de Frank Andrew ex-fonctionnaire de l’Etat Indépendant du Congo (EIC), qui dénonçait l’état de guerre et de terreur régnant au Congo sous l’emprise du roi des Belges. Celle-ci sera publiée dans certains journaux britanniques dont le Times. A l’étranger, plusieurs personnalités se sont particulièrement dressées contre le régime de terreur mis en place par le roi des Belges au Congo. Il s’agissait  de George W.Williams (un noir Américain), Edmund Dene Morel (Anglais) et Roger Casement (Anglais). Peu de temps après (1903-1904), E D. Morel fonda la Congo Reform Association (CRA). Il allait faire pression sur les gouvernements belge, britannique et américain, notamment par l’intermédiaire de la presse pour laquelle il écrivait pour sensibiliser l’opinion internationale sur la tragédie congolaise. Le but de Congo Reform Association de Morel et ses collègues était que Léopold II respecte les droits des Congolais, décramponne et mette fin au système de terreur, de guerres, de génocides, d’usurpation, d’impunité et de pillages au Congo.

La lutte de nos pères pour l’indépendance consistait donc, d’ une part,  à éradiquer les racines de la tragédie nationale issue du système mis en place par le roi des belges en 1885 afin de reconstruire l’Etat Congolais sur des bases saines avec des acteurs patriotes excellents ouverts au monde, des responsables et non-criminels et, d’ autre part, à établir un partenariat valable avec les pays occidentaux  dans le respect des droits des  peuples et nations.

Mais l’indépendance du Congo (RDC) acquise au prix du sang fut violée et confisquée en violation du droit international le 5 juillet 1960 par la Belgique, cinq jours après la proclamation de notre souveraineté nationale. Depuis cette date, le système de terreur, des guerres, de génocides, d’impunité et des pillages a repris ses ravages au Congo (RDC). Après l’assassinat de Lumumba le 17 janvier 1961 et le coup d’Etat mené par Mobutu avec le soutien de ses parrains occidentaux  en septembre et novembre 1965, le Congo-Kinshasa a perdu sa souveraineté.

Les efforts conjugués par tous les Congolais lors de  la Conférence Nationale Souveraine au début des années 90 pour que notre pays retrouve le chemin de la souveraineté et de la démocratie ont été annihilés par ses ennemis intérieurs et leurs alliés. Les guerres d’agression et d’invasion menées déclenchées par des proxys rwandais, burundais et ougandais interposés avec le concours de l’AFDL ont, fini par faire du Congo-Kinshasa un espace mis sous la coupe d’un régime d’occupation cruelle depuis 2001, un pays  sans Etat,  livré aux génocides de sa population et aux pillages systématiques  de ses ressources en toute impunité et dans un silence complice. La lutte du peuple congolais aujourd’hui a pour but de mettre fin au régime d’oppression et de terreur mis en place, elle est, par conséquent, plus qu’une simple lutte d’alternance au pouvoir.

2) Mettre fin à l’impunité, gage pour la création d’un Etat de droit au Congo (RDC) et pour briser le cercle vicieux de la terreur avec une classe politique criminelle et usurpatrice sans foi ni loi: l’heure de la justice a sonné. Le peuple congolais doit l’obtenir en exigeant d’une voix unanime la fin de ce régime de terreur et de la mort au Congo (RDC). Car la lutte du peuple congolais n’est pas une simple lutte d’alternance au pouvoir comme le brandissent théâtralement et sans vergogne certains «hommes politiques» au Congo (RDC). Il est révoltant de voir que face au drame multidimensionnel que subissent les Congolais depuis trop longtemps, certains acteurs de la scène publique, piliers clés du système de terreur et d’oppression avec son cortège de crimes ignobles, ces véritables garants de l’impunité, de la prédation extrême et de la descente aux enfers du Congo, se proclamer comme par enchantement «sauveurs» pour l’alternance piégée et biaisée, sans rendre des comptes au peuple Congolais ni répondre de leurs crimes devant les instances compétentes. Il est à la fois dangereux et aberrant de se leurrer et de se laisser désorienter par des criminels patentés devenus  chantres de «l’alternance au pouvoir» et qui n’ont «d’opposants» que ce slogan creux (et piège à con).

Chers compatriotes, notre génération a pour vocation l’aboutissement de la lutte noble pour concrétiser la réforme de la politique nationale et internationale du Congo (RDC) en profondeur avec une nouvelle classe politique responsable et non-criminelle pour enclencher une nouvelle ère de paix et de dignité pour les Congolais et l’ Afrique centrale.

Le vrai  dialogue n’aura de sens qu’entre la nouvelle classe politique et les dirigeants des puissances mondiales pour une alliance de paix et l’instauration des nouveaux principes légaux pour jeter les bases d’un partenariat win-win valable et durable avec notre pays. La fin immédiate du régime criminel et illégitime mis en place au Congo (RDC) est incontournable en cette année 2016. Ce sera le début de la justice que le peuple Congolais exige et doit obtenir pour sortir du piège de sa disparition programmée. Il n’y aura jamais d’élections libres et crédibles sous ce régime criminel au Congo (RDC). Ne nous leurrons pas. Il est question d’être ou de ne plus être ce grand peuple au cœur de l’Afrique. Debout Congolais pour la liberté. L’heure a sonné. Nous n’avons plus droit à l’erreur.

Que l’Eternel Tout Puissant protège le Congo et son peuple!

Signataires pour les femmes Congolaises

Jeanne-Marie Sindani

Hélène Madinda

Marceline Mundela

Note

  1. George Washington Williams, “An Open Letter to His Serene Majesty Leopold II, King of the Belgians and Sovereign of the Independent State of Congo By Colonel, The Honorable Geo. W. Williams, of the United States of America,” 1890.
  2. Leopold II of Belgium, E D Morel & the Congo
  3. Report of the British Consul, Roger Casement, on the Administration of the Congo Free State: The colonial regime of the Belgian King Leopold II–the Congo Free State– became one of the more infamous international scandals of the turn of the century.
  4. UN Mapping Report ( 2010- 2014)
  5. Histoire de la colonisation belge au Congo

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