samedi , 16 décembre 2017
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"Joseph KABILA", Kigali, Juillet 2016.
"Joseph KABILA", Kigali, Juillet 2016.

Depart de « KABILA » : KAGAME a-t-il besoin de parler ?

Au Congo-Kinshasa, une habitude s’installe de voir tout le monde s’affairer chaque fois que le système qui domine le pays, et qui a prévu en son sein un semblant de rotation, arrive à une « échéance » donnée. C’est le cas aujourd’hui où le microscope « politique » congolais s’agite, il se montre inquiet à l’approche de ce qui se raconte autour de la fin de l’année 2016. Et le refrain de la musique entonnée se résume en deux expressions : « #Yebela » et « #Wumela ». Cela nous renvoie un peu à un certain 5 décembre 1990. L’expiration de ce que fut considéré comme un « mandat » constitutionnel du régime de Mobutu. Car l’Union Sacrée de l’époque, USORAL, avait annoncé et prévue des manifestations. Elle avait demandé au peuple de faire du bruit, qui avec son sifflet, qui avec sa marmite, qui avec son tambour, qui avec son klaxon de voiture, qui avec sa voix, etc.

Le peuple devrait et a sifflé pour marquer le départ de Mobutu. Nous étions le 5 décembre 1990. Mais le matin du 6 décembre 1990, nonobstant le bruit des casseroles et d’autres sifflets, Mobutu était toujours là. Il y est même resté jusqu’à l’entrée de l’AFDL (à savoir le Rwanda, les Kadogo, Laurent Désiré Kabila et autres) en 1997. Rappeler l’histoire et interroger le passé, et ce dans un sens comme dans un autre, invite plus les consciences à se poser des questions utiles dont les réponses serviront à la jeunesse du Congo-Kinshasa afin qu’elle décide librement de la nature de l’action à entreprendre.

1990- 2016, 20 années plus tard, et Mobutu n’est plus là, nous nous retrouvons encore à un autre mois de décembre, et bien que comparaison ne soit pas raison, le même monde tient à savoir si oui ou non, il y aura, à l’intérieur d’un système dont les fissures se comptent en nombre croissant, jeu des chaises musicales. Et à ce sujet, chacun y va de son ton sauf que personne ne remarque le silence calculé de Paul Kagamé du Rwanda, à qui les Anglo-Saxons ont pourtant confié la gestion des Grands-Lacs. Même fonction presque que celle assumée en son temps par Mobutu. Des congolais qui s’intéressent au phénomène « après 2016 » racontent à qui voudrait les entendre que cette -fois « les Américains ont décidé ». Il paraîtrait même que « les Anglais en auraient marre ». Et les Belges, chez qui ce beau monde court, auraient choisi leur homme.

Quid du silence de Paul Kagamé sur la même question ? Comment le comprendre ? Comment l’inclure à une analyse objective et qui pourrait servir à moyen et à long terme ? Paul Kagamé ira-t-il jusqu’à se faire hara-kiri, à sacrifier son cheval de Troie alors que l’homme, dès l’entrée de l’AFDL à sa prise de contrôle de Kinshasa, lui a rendu des loyaux services ? Il lui est reste fidèle. Et c’est d’abord pour Kagamé que cet homme est placé à Kinshasa. En outre, il nous semble que ce peuple se trahit rarement. Nous les avons vus à l’œuvre après Kisangani. Museveni et Paul Kagamé, qui sont conscients d’être instrumentalisés, ont refusé d’étaler leur faiblesse, leur division devant l’homme anglo-saxon. Et ce n’est pas aujourd’hui qu’ils le feront, qu’ils vont chercher à s’affaiblir. C’est pourquoi, ils tentent de gagner du temps au Congo-Kinshasa.

Dans tout cela, la question n’a jamais été Paul Kagamé, mais celle de savoir comment nous jouons quand nous savons que ceux qui s’affichent comme des « Pharisiens » bottent en touche, disent à peine un mot quand il s’agit de Paul Kagamé. Ils parlent tous de tout, mais sauf de lui.

Déjà, nous entendons des voix qui s’élèvent pour dire que Paul Kagamé aurait raison de se taire. Que cette question ne le concernerait pas au motif que l’homme n’est pas congolais. Et le juridisme congolais polluera le débat avec son dada : le respect de la constitution. Mais de quelle constitution parle-t-on lorsqu’on sait qu’elle n’a pas su empêcher l’assassinat de Laurent Désiré Kabila en 2001, ni stopper l’accession de « Joseph Kabila » comme « Cheval de Troie de Paul Kagamé à Kinshasa. ? Sassou en sait quelque chose. Il l’a dit à Pierre Péan et ce dernier l’a repris dans son livre « Carnages, Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique » (2010, Fayard, p. 531).

C’est anormal que Paul Kagamé puisse se taire sur une question d’une importance aussi capitale que celle de « l’après 2016 » au Congo-Kinshasa, alors que, par le passé le plus récent, le mercenaire Paul Kagamé s’est toujours montré bavard sur la question du Congo-Kinshasa. Le Rwanda, voisin du Congo-Kinshasa, ne pourrait survivre comme entité étatique et économique, sans que son mercenariat au Congo-Kinshasa ne soit nourri par la domination et la mise sous tutelle de ce pays. Ses lendemains s’obscurcissent sans l’omniprésence à la tête du Congo-Kinshasa d’un cheval de Troie sous les ordres de Paul Kagamé et à ses goûts. Penser le contraire serait une ignorance manifeste des enjeux dans la région des Grands Lacs. On se tromperait de lecture en manquant de questionner la nature de l’adversité et de l’identité du véritable adversaire dans les marigots congolais.

La question politique dans les Grands Lacs est ethnicisée à fond pour répondre à un besoin de stratégie idéologique consistant à faire croire que « dans ce monde nouveau, les conflits les plus étendus, les plus importants et les plus dangereux n’auront pas lieu entre classes sociales, entre riches et pauvres, [mais] entre peuples appartenant à des différentes entités culturelles. Les guerres tribales et les conflits ethniques feront rage à l’intérieur même de ces civilisations » (Huntington : 1997, 23). Peu de congolais le comprennent.

« J’ai commencé à comprendre les Anglais, [a déclaré l’actrice et chanteuse Marianne Faithfull en 1946], le jour où j’ai enfin réalisé qu’ils disent exactement le contraire de ce qu’ils pensent ». Si le peuple du Congo-Kinshasa ne choisit pas seul sa voie, rien ne se construira après 2016.

Jeunesse du Congo-Kinshasa, la nation a besoin de nous.

Likambo ya mabele, likambo ya makila.

[Mufoncol Tshiyoyo]

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