dimanche , 17 décembre 2017
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CONGRÈS AMÉRICAIN
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Sanctions : Tout le monde est visé en RDC

Dans les deux résolutions adoptées jeudi à Washington, tout le monde est visé en République Démocratique du Congo (RDC). Ces deux résolutions donnent autorisation à l’administration américaine de prendre des sanctions contre tout celui qui constituerait un frein ou un obstacle à la bonne marche du processus électoral. La résolution initiale, par contre, ne prévoyait que des sanctions pour les membres du gouvernement. Mais en étendant le spectre des sanctions jusqu’aux opposants, le parlement américain joue à l’équilibriste, se refusant d’être accusé de prendre position en faveur d’un camp, en l’espèce l’Opposition.

Sénateurs et députés américains ont joué leur partition dans les sanctions ciblées contre les fossoyeurs du processus électoral et démocratique en RDC. Dans les deux résolutions adoptées jeudi à Washington, tout le monde est visé. Si les animateurs des institutions sont les plus visés, une incise touche également les opposants. Ce blanc-seing des deux chambres parlementaires américaines laisse une large liberté à la Maison blanche d’agir.

La résolution était déposée à la chambre basse américaine par le député républicain Chris Smith, chargé de la commission africaine. Initialement, ladite résolution prévoyait des sanctions exclusivement contre des animateurs des institutions, l’équilibre a voulu, au final, que l’opposition soit aussi concernée par les deux résolutions. Le texte adopté ouvre la voie à des sanctions contre les opposants qui se mettraient eux aussi au travers du processus démocratique en République démocratique du Congo.

Les deux camps visés

En des termes plus explicites, ces deux résolutions donnent autorisation à l’administration américaine de prendre des sanctions contre tout celui qui constituerait un frein ou un obstacle à la bonne marche du processus électoral. La résolution initiale, par contre, ne prévoyait que des sanctions pour les membres du gouvernement. Mais en étendant le spectre des sanctions jusqu’aux opposants, le parlement américain joue à l’équilibriste, se refusant d’être accusé de prendre position en faveur d’un camp, en l’espèce l’Opposition.

Au Sénat, le démocrate Edward Markey, qui avait proposé une précédente résolution ne comptant sanctionner que le gouvernement, a d’ailleurs salué la nouvelle résolution du sénateur républicain Jeff Flake. Il a prévenu dans son discours que «si les responsables gouvernementaux, les membres de l’opposition ou d’autres entravent le processus démocratique», les sanctions leur seront appliquées.

Ces résolutions sont des autorisations accordées à l’administration qui auront des coudées franches quant au dossier congolais qui préoccupent au plus haut point les responsables américains. Pour ces derniers, en effet, la RDC ne doit pas sombrer dans le chaos par la volonté de sa classe politique.

L’ambassadeur Kikaya Bin Karubi qui a bataillé pour éviter ces sanctions ciblées, a, de manière consciente ou inconsciente, participé à l’élargissement des catégories de personnalités désormais susceptibles de faire l’objet de sanctions américaines. En légiférant sur le cas RDC, les deux chambres américaines ont lancé un signal fort : pour les USA, la République démocratique du Congo est chargée d’une mission extrêmement sécuritaire sur toute la planète. Au-delà des considérations souverainistes régulièrement avancées, la sécurité de la sous-région, de la région et de la planète entière ne pourrait être laissée à l’appréciation d’une classe politique incapable de respecter les lois qu’elle a elle-même rédigées, adoptées et qui ont permis le fonctionnement, malgré d’énormes difficultés, des institutions de la République pendant dix années.

Etant donné le danger qui profile à l’horizon, les Etats-Unis tiennent à pousser également l’opposition à participer au dialogue politique en vue d’un consensus sur le processus électoral. Il est acquis que l’alternance est attendue par l’ensemble des Congolais conformément à la Constitution. Les USA qui adhèrent à ce projet d’alternance, ne sont pas prêts à encourager l’embrasement du pays dont les conséquences néfastes n’épargneraient personne.

Katumbi contre Kikaya

Selon notre confrère Top Congo, Moïse Katumbi aurait appelé à ce que la communauté internationale prenne des sanctions contre le président Kabila, «S’il n’y a pas de sanction, le massacre va continuer», estime l’ancien gouverneur de la province du Katanga, candidat déclaré à la présidentielle initialement prévue le 27 novembre 2016.

Barnabé Kikaya Bin Karubi, le conseiller principal du collège diplomatique du chef de l’Etat, pense que «procéder par des mesures punitives envers seulement ceux qui dirigent le Congo aujourd’hui aurait été commettre une erreur grave. Punir les gens qui sont au pouvoir équivaudrait à prendre position pour un camp contre un autre».

Les USA ne soutiennent que le processus

Toujours selon le confrère précité qui a dépêché un envoyé spécial à Washington, en mettant dos à dos et face à leurs responsabilités toute la classe politique congolaise, la chambre des représentants montre qu’elle a entendu tout le monde. Elle n’a comme seule préoccupation que de voir le processus électoral arriver à son terme dans le calme et la transparence.

Les adeptes de la répression aveugle et inhumaine des manifestations pacifiques sont avertis. Des sanctions seront prises contre eux. Les arrestations arbitraires suivies « des procès politiquement orientés » qui font entrave au processus démocratique particulièrement les élections telles que prévues dans la Constitution donneront lieu à des sanctions.

De même, ceux qui comptent se mettre en porte-à-faux vis-à-vis de la paix dans le but de provoquer le chaos n’échapperont pas aux sanctions américaines. A des degrés divers, chacun sait désormais où il doit se classer  et à quoi s’en tenir.

[lePotentiel]

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