dimanche , 17 décembre 2017
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Etienne TSHISEKEDI, arrivée, Kinshasa, 27 Juillet 2016.
Etienne TSHISEKEDI, arrivée, Kinshasa, 27 Juillet 2016.

RDC : TSHISEKEDI, un nouveau cheval de Troie de l’occident ?

Quel Etienne Tshisekedi nous revient donc après toutes ces années de séjour médical en Europe ? La question mérite bien d’être posée en cette période suspecte où les calculs machiavéliques d’insurrection pour la conquête du pouvoir ne sont plus à démontrer. Tout porte à croire que Tshisekedi, longtemps repoussé par les Occidentaux pour son imprévisibilité, est ce nouveau cheval de Troie par qui le mouvement insurrectionnel cherche à infiltrer la RDC et son opinion publique.

Rongé par la maladie et le poids de l’âge, et après avoir été roulé par ses lieutenants qui ont snobé Edem Kodjo avec la liste des opposants au dialogue inclusif, le leader de l’UDPS s’est laissé orchestrer, à son insu, une macabre symphonie de l’insurrection au conclave de Genval où des lobbies gouvernementaux et affairistes de l’Europe et des USA en ont fait leur cheval de Troie pour réussir leur infiltration en RDC afin de mener à bien leur plan d’insurrection pour la conquête du pouvoir. Aux Congolais donc de demeurer vigilants et de craindre tout cadeau – même le nouvel ancien Tshisekedi -, car on ne sait pas lequel est empoisonné…

Jusqu’à leurrécente relance sur la scène politique à la faveur des consultations initiées par le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, pour conférer au dialogue pour des élections apaisées son caractère réellement inclusif, Etienne Tshisekedi wa Mulumba et son parti politique, l’UDPS, n’avaient plus qu’une influence résiduelle sur la vie politique nationale. Rongé par la maladie qui lui a fait perdre sérieusement ses moyens mentaux et physique, et accusant le poids de l’âge, le Sphinx de Limete ne savait plus contrôler ses propres troupes du parti ni, moins encore, tous ces alliés qui, lors des élections, s’étaient identifiés à lui pour se faire élire. L’UDPS est aujourd’hui minée par des querelles de leadership entre plusieurs cartels internes avec une dominance de sa famille biologique dont son épouse, Maman Marthe, et son fils Félix Tshisekedi, qui manient son stylet comme un couteau à couper le beurre pour lui attribuer des déclarations ou des décisions souvent immédiatement contestées par d’autres protagonistes au sein même du parti.

Dans l’opposition, Etienne Tshisekedi a perdu la main sur ses hommes à l’image de sa consigne non suivie qu’il avait données à tous les élus qui lui sont proches, même ceux de l’UDPS, de ne pas siéger à l’Assemblée Nationale issue des législatives de 2011. Aujourd’hui, le groupe parlementaire UDPS et alliés est dirigé par l’un de ses lieutenants, le Député Samy Badibanga qui, quoique frappé par l’auto-exclusion qui est une forme courante de radiation des membres, figure encore dans le carré fermé des émissaires de celui que l’on appelait autrefois le Lider Maximo.

Tshisekedi, de la liste de l’opposition pour le dialogue au conclave de Genval

C’est donc à la faveur des consultations pour le dialogue que Tshisekedi a repris quelques couleurs lorsque les envoyés de Joseph Kabila se sont intéressés à lui. Son passé de lutte pour la démocratie et l’assise sociologique, quoiqu’aujourd’hui évanescente, de son parti politique ont, sans doute, été déterminants pour ce rapprochement. Une relance qui s’est, par la suite, consolidée lorsque le facilitateur Edem Kodjo a confié à Tshisekedi, à la demande de ce dernier, la tâche de constituer la liste des douze représentants de l’opposition aux travaux préparatoires du dialogue. Enthousiasmé, Etienne Tshisekedi ou, tout au moins, ses émissaires ont même avancé une date pour le dépôt de cette liste.

Plus de deux mois se sont aujourd’hui écoulés et on attend encore cette liste. A la place, l’on a plutôt assisté à un revirement de position d’Etienne Tshisekedi qui s’est vu embarquer dans une dynamique qu’il est loin de contrôler, sinon certains de ses lieutenants qui se la jouent en solo à son insu. La dynamique née du conclave de l’opposition de Genval, à Bruxelles, a vu poindre et se positionner une nouvelle logique sans aucun rapport avec le processus vers le dialogue inclusif. Bien au contraire, l’on subodore, depuis, des mains noires qui, à coups des billets de banque, ont commencé par imprimer une nouvelle configuration de l’opposition avec une migration aussi subite que suspecte de certains ténors des plates-formes traditionnelles de l’opposition vers Lubumbashi, autour de Moïse Katumbi nouvellement déclaré candidat à la prochaine élection présidentielle. L’ombre de l’ancien Gouverneur de l’ex-province du Katanga arpentait les couloirs à Genval où l’on avait observé une quasi omniprésence de son demi-frère, Raphaël Soriano Katebe Katoto, aux côtés d’Etienne Tshisekedi jusque dans ses moments d’intimité familiale avec son épouse, Marthe. « Il ne restait plus à Katebe que de tenir la main à Tshisekedi », ironise un observateur en faisant allusion à la difficulté de ce dernier de se mouvoir seul, sans béquille humaine de secours.

Un nouveau cheval de Troie nous est né

C’est donc cet homme, placé aujourd’hui à la tête du Rassemblement de l’opposition, un regroupement politique issue aussi des assises de Genval, que l’on attend encore pour le dialogue alors qu’il prend un chemin diamétralement opposé. C’est cet Etienne Tshisekedi qui a annoncé son retour à Kinshasa ce 27 juillet avec, à la clé, un programme de meeting de l’opposition calé pour le 31 juillet et, dans ses valises, Moïse Katumbi.

Quel Etienne Tshisekedi nous revient donc après toutes ces années de séjour médical en Europe ? La question mérite bien d’être posée en cette période suspecte où les calculs machiavéliques d’insurrection pour la conquête du pouvoir ne sont plus à démontrer. Tout porte à croire que Tshisekedi, longtemps repoussé par les Occidentaux pour son imprévisibilité, est ce nouveau cheval de Troie par qui le mouvement insurrectionnel cherche à infiltrer la RDC et son opinion publique.

Il est vrai qu’aujourd’hui, l’homme est presque inconnu des nouveaux majeurs qui vont constituer la majorité dans le nouveau fichier électoral et ne devrait plus représenter un challenge sérieux. Mais il est tout aussi vrai que d’autres initiatives ne manqueraient pas de s’en servir pour se faire adouber du public encore proche de Tshisekedi, mais qui est dupe des vraies intensions de ces lobbies plutôt intéressé par la reprise du contrôle de la RDC pour y relancer leur leadership perdu au profit des économies émergentes comme celles de l’Inde ou de la Chine.

Aux Congolais donc de demeurer vigilants et de craindre tout cadeau – même le nouvel ancien Tshisekedi -, car on ne sait pas lequel est empoisonné…

[Pascal Debré Mpoko/droite congolaise]

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