dimanche , 17 décembre 2017
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Maman SIDIKOU
Maman SIDIKOU

RDC : L’opposition bloque la tenue du dialogue ?

Maman Sidikou, patron de la Monusco, est allé s’épancher auprès du Conseil de sécurité pour exprimer son inquiétude sur les risques de l’éclatement d’une grave crise en RDC si le dialogue ne se tient pas. Autant il en appelle à la tenue de ce dialogue, autant il devrait aller jusqu’au bout pour nommer l’obstacle qui se dresse à sa tenue. Il s’agit bien de l’opposition radicale soutenue par des capitales et des lobbies occidentaux plutôt intéressé par des schémas du chaos pour accéder au pouvoir.

L’ONU a lancé un nouvel appel pour la tenue d’un dialogue inclusif et crédible en RDC en vue de désamorcer les tensions politiques. Le Vice-Secrétaire Général de l’Organisation mondiale, Jan Eliasson et patron de la MONUSCO, Maman Sidikou, l’a dit hier jeudi 7 juillet 2016 à New York au cours d’une réunion du Conseil de Sécurité. Il a fait savoir que seul un dialogue « inclusif et crédible » permettrait de désamorcer les tensions politiques actuelles, surmonter l’impasse électorale et prévenir la violence, notant qu’«un tel dialogue devrait aboutir à un accord inclusif qui pourrait conduire à des élections présidentielles et législatives crédibles ».

A la même occasion, Maman Sidikou a exprimé ses craintes de voir la RDC sombrer dans une crise grave, qui nécessiterait une réponse dépassant de beaucoup les capacités de la MONUSCO, si ce dialogue ne se tient pas. Ainsi a-t-il invité les parties prenantes à participer « de manière constructive » au dialogue et à « placer les intérêts de leur nation au-dessus de tous les autres ».

Cet appel de la mission onusienne tombe à propos en ce moment où le facilitateur du dialogue vient de faire une avancée dans son travail en bénéficiant désormais d’un panel international d’appui. Cette nouvelle configuration de la facilitation vient lever le dernier obstacle qui retenait les radicaux de l’opposition pour participer au dialogue. Une exigence qui était brandie particulièrement par l’UDPS et quelques-uns de ses alliés ayant marqué leur accord pour participer au dialogue.

La démarche de Edem Kodjo avait avancé jusqu’au stade des travaux préparatoires qui tardent à s’ouvrir à cause de l’absence de la représentation de l’opposition. En son temps, l’UDPS avait exigé et obtenu la charge de consulter les opposants pour constituer la liste des 12 personnes attendues au comité préparatoire. Des dates et des heures avaient même été avancées pour le dépôt de la liste, mais sans suite.A la place, les opposants se sont retrouvés à Bruxelles pour un conclave au terme duquel ils radicaliseront leur position par rapport à ce dialogue.

Aujourd’hui, il apparaît clairement que le principal obstacle à la tenue de ce dialogue de tous les espoirs n’est autre que l’opposition radicale soutenue en cela par des Gouvernements et des lobbies occidentaux. Les attitudes observées ici suggèrent des envies d’insurrection pour déstabiliser les institutions et même renverser le régime constitutionnel en place, au besoin avant la fin du mandat en cours.

Pour le reste des parties prenantes au dialogue attendu, le Chef de l’Etat, la Majorité et la société civile y sont disposés et n’attendent plus que l’ouverture des travaux. De son côté, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) est à pied d’œuvre pour constituer un fichier électoral fiable, autre exigence des radicaux de l’opposition et des partenaires extérieurs. Les opérations d’enrôle débutent incessamment.

Si la MONUSCO craint légitimement que les tensions actuelles dégénèrent pour déboucher sur une crise qui dépasserait largement ses moyens d’action, elle sait à quelle porte frapper pour les désamorcer. Ne pas le faire reviendrait à cautionner les schémas du chaos mis en place et dont les préparatifs semblent avoir atteint leur étape de maturation. Le passé de la région des Grands Lacs renseigne suffisamment sur ce genre de démarche et la responsabilité de la communauté internationale dans les drames qui s’en sont suivi. C’est, en effet, pour avoir négligé – volontairement ou involontairement – les signes de temps que cette région vit aujourd’hui encore une stabilité précaire.

[Pascal Debré Mpoko/la droite congolaise]

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