dimanche , 17 décembre 2017
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Barrage Inga 2, Kongo Central, RDC.
Barrage Inga 2

RDC : Le projet « Grand Inga » suscite beaucoup d’espoirs

La République Démocratique du Congo (RDC), qui ambitionne de devenir « une puissance énergétique et environnementale». a initié le mégaprojet «  Grand Inga» visant à construire une grande centrale devant produire une quantité d’énergie estimée à 4800 MW sur le seul site d’Inga, dans la province du Kongo Central (ouest du pays).

« Grand Inga » suscite beaucoup d’espoirs dans la majorité des Congolais qui croupissent encore dans les ténèbres. Mais, à côté de ces espoirs, ce mégaprojet risque n’échappe à certains problèmes. En effet, depuis une décennie, plusieurs pays d’Afrique rêvent de devenir « émergents ». Et l’un des atouts dont ils ont besoin, c’est l’énergie. Malheureusement la plupart d’entre eux particulièrement les pays du Sud du Sahara accusent un déficit énergétique criant.

Préalables

Pour la réalisation d’un grand projet comme celui de « Grand Inga » en RDC, il importe de prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux des grands barrages en Afrique, les énergies renouvelables comme alternatives aux grands barrages et aux énergies fossiles, les avantages et les désavantages du Partenariat Public-Privé dans le secteur de l’énergie, les stratégies pour un plaidoyer en faveur de l’accès pour tous à l’énergie, les stratégies pour la capitalisation de ces initiatives.

Il s’agit, par ailleurs, d’améliorer l’intervention des OSC de la société civile régionale sur la problématique de l’accès à l’énergie, en identifiant les points communs des problèmes et les actions communes à mener en synergie à court, moyen et long terme vis-à-vis des décideurs régionaux, en capitalisant les opportunités offertes par différentes initiatives internationales dans le cadre de l’accès à l’énergie.

Le rapport 2015 intitulé «Energie, population et planète», de l’ancien Secrétaire Général des Nations-Unies, Kofi Annan, révèle que 621 millions d’Africains, soit deux africains sur trois, n’ont pas accès à l’électricité.

Face à cette exclusion du progrès socioéconomiques, plusieurs initiatives sont mises en place pour leur venir en aide. Il s’agit notamment de SE4ALL, New Deal pour Electrifier l’Afrique, Energy Africa, Power Africa, etc.

Pour autant, les pays africains concernés par cette situation n’ont pas attendu toutes ces initiatives pour prendre le taureau par les cornes. Ils ont développé plusieurs projets aussi diversifiés les uns que les autres. Certaines ont réussi tandis que d’autres ne manquent pas de soulever des problèmes comme la violation des droits des communautés locales, l’empiètement du cadre juridique existant, la destruction de l’environnement, l’exclusion sociale, la non indemnisation des populations affectées, les mauvaises conditions de la délocalisation, etc.

Et pour face à ces problèmes, les acteurs de la Société Civile de ces différents pays ne ménagent pas leurs efforts pour mobiliser les populations en vue réclamer le respect de leurs droits et la protection de l’environnement. Seulement, chaque pays mène ses initiatives sans savoir ce que les autres font. Il n’y a pas d’échange d’expériences.

Or, ils doivent échanger les informations en rapport des expériences des uns et des autres en vue de mettre en place une synergie afin de se lever tous comme un seul. L’objectif étant de défendre ensemble le droit d’un accès universel à l’énergie des populations africaines.

OSISA place la problématique au centre  de plusieurs aspirations aux droits et au bien-être des populations africaines

Pour l’Organisation Open Society Initiative for Southern Africa (OSISA), « la problématique se trouve au centre de plusieurs aspirations aux droits et au bien-être des populations africaines ».

« En effet, comment parler de lutte contre les inégalités par l’éducation, si tous les enfants et jeunes en rentrant à la maison ne peuvent jouir de la luminosité nécessaire pour continuer leur instruction ? Comment parler d’amélioration des conditions de vie des femmes, alors qu’il est reconnu que le manque d’énergie électrique à pour conséquences directes de renforcer la pénibilité du travail de la femme, d’exposer les femmes à des risques sécuritaires majeurs, et d’affecte négativement leurs conditions de prise en charge sanitaires? », s’interroge son Directeur-pays, Nick Elebe.

Il se demande aussi « comment parler de promotion et d’ouverture des espaces démocratiques, si par manque d’énergie électrique les populations n’ont pas accès à une information diversifiée à travers les médias? Comment parler de développement durable et d’amélioration des conditions de vie de la population si par manque d’énergies propres, produire coûte plus cher tant humainement, financièrement, qu’écologiquement? ».

Cette problématique justifie l’intérêt d’OSISA, qui est une organisation de défense des droits humains œuvrant en Afrique australe, de soutenir » le Centre national d’appui au développement et à la participation populaire (CENADEP).

Créée en 1997 et basée à Johannesburg en Afrique du Sud, OSISA travaille à « promouvoir et soutenir les idéaux, les valeurs et les pratiques d’une société ouverte ». Son mandat s’étend à dix pays d’Afrique australe que sont l’Angola, le Botswana, la République démocratique du Congo (RDC), le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, le Swaziland, la Zambie et le Zimbabwe. OSISA fait partie du réseau mondial d’Open Society Foundations (OSF).

En RDC, OSISA collabore avec un large réseau de partenaires étatiques et non-étatiques, travaillant sur les questions des droits de l’homme, de la lutte contre l’impunité des crimes les plus graves et l’accès à là justice, le renforcement de la démocratie et la bonne’ gouvernance, l’accès à l’éducation et l’amélioration de la gouvernance des ressources naturelles.

Sa vision est de « promouvoir et soutenir les idéaux, les valeurs et les pratiques d’une société ouverte, dans le but d’établir des démocraties vibrantes et tolérantes en Afrique australe, dont les peuples, libérés des contraintes matérielles connaissent leurs droits, et responsabilités, et participent activement à toutes les sphères de la vie de leurs sociétés ». Cette approche consiste à regarder au-delà.de symptômes immédiats, afin de résoudre les problèmes plus profonds.

En RDC, les axes d’intervention touchent essentiellement à:

(1) Promouvoir et contribuer à la consolidation des institutions et mécanismes démocratiques;

(2) Soutenir la réforme judiciaire et la lutte contre l’impunité;

(3) Promouvoir les libertés fondamentales, la protection des droits de l’homme et des médias :

(4) Soutenir •le plaidoyer en faveur de la prestation de services de base de qualité, y compris l’éducation.

(5) Promouvoir la participation des citoyens à la gouvernance économique, la transparence dans la gestion des finances publiques et une gouvernance responsable dans le secteur des ressources naturelles;

(6) Promouvoir l’égalité des sexes, en particulier soutenir des causes qui font avancer les droits des femmes.

Reconnaissance du CENADEP à OSISA

« Notre implication sur la question de l’accès à l’énergie est un long combat que nous avons débuté dans le cadre de la Coalition des organisations de la Société civile pour le suivi de la réforme et de l’action publique (CORAP), une coalition des OSC pour le suivi des reformes et de l’action publique depuis belle lurette », explique Danny Singoma, le Directeur général du Centre national d’appui au développement et à la participation populaire (CENADEP).

Du 29 au 31 mars2016, Kinshasa a abrité l’« atelier régional sur la problématique de l’accès à l’énergie » organisé par la Coalition des organisations de la Société civile pour le suivi de la réforme et de l’action publique (CORAP) via le CENADEP. Il était destiné globalement à « contribuer  à l’amélioration de l’intervention des OSC de la Société civile » dans la région Afrique.

Selon Justin Mobomi, Coordonnateur du Projet, cet atelier était destiné globalement à « contribuer  à l’amélioration de l’intervention des OSC de la Société civile » dans la région Afrique ». Il a souligné que, « spécifiquement, il visait à comprendre les enjeux ; identifier les points communs des problèmes au niveau régional dans le secteur de l’énergie et des actions communes à mener en synergie à court, moyen et long termes vis-à-vis des décideurs régionaux ; capitaliser les opportunités offertes par différentes initiatives internationales ».

Il a dit qu’il s’est agi de « réfléchir sur la problématique de l’accès à l’énergie en Afrique » car, depuis une décennie, beaucoup de pays africains avec la croissance que l’on observe dans le continent, expriment l’ambition de devenir émergents. « Mais pour y arriver, il y a quelques conditions parmi lesquelles il y a l’accès à l’énergie. De ce côté là, beaucoup de pays africains spécialement ceux qui sont au Sud du Sahara, sauf l’Afrique du Sud, accusent un retard criant », a-t-il déploré.

Au finish, l’atelier a permis, à la quarantaine de participants, d’« acquérir une meilleure compréhension de la situation de l’accès de l’énergie tant en RDC que dans la région ; une meilleure prise de conscience de la similitude de la situation dans les différents pays afin de susciter l’idée de conjuguer les efforts ensemble ; l’identification des points de convergence  d’une lutte commune pour l’accès à  l’électricité e la mise en place par les participants d’un cadre commun et des stratégies d’intervention au niveau des décideurs régionaux ».

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