dimanche , 17 décembre 2017
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Photo d'un president congolais et sa femme a cote, en train de s'addresser a une foule.
"Joseph KABILA" et sa femme Marie-Olive LEMBE DI SITA, à Kindu

Discours du 30 Juin : « KABILA » déclenche RDCexit, un Brexit à la congolaise

Comme l’exige la tradition en République démocratique du Congo (RDC) à chaque fois que l’on célèbre l’anniversaire de l’accession du pays à la souveraineté tant nationale qu’internationale, le Président de la République s’est adressé à la nation à la veille de cette heureuse date. Dans un discours Brexit, Joseph Kabila choisit l’isolement, il veut imiter les Anglais, faire sortir la RDC de l’Union Européenne, de la communauté Internationale. Depuis Kindu, il appelle les congolais à l’autodétermination, à se prendre en charge. « Non à l’ingérence ! », dans un pays où tout est à importer, même une aiguille.

Pistolet au poing, le Président congolais s’immobilise. C’est comme s’il se préparait à lancer l’opération « Likofi » contre les occidentaux. Une guerre hostile contre les américains, une guerre contre Genval. « Vos sanctions, je m’en fiche. Je suis un homme, je vais me battre ». (Le silence a rempli la salle. Personne ne peut dire quelles sortes d’horreurs se préparent à naître, ni préciser le genre de désastres nouveaux qui nous menacent). Ce discours du 30 juin 2016, sonne comme une alerte aux ressortissants américains, belges, français vivant en RDC. Car le Président Kabila a déclenché RDCexit – exit de la RDC – contre les injonctions répétées de la communauté internale à organiser les élections dans les délais constitutionnels.

Obama, un message de vœux qui donne la gastrite à Kabila

Dans un message de vœux de Barack Obama adressé mardi au président Joseph Kabila à l’occasion du 56e anniversaire d’indépendance de la RDC, le président américain affirme soutenir « le premier passage pacifique et démocratique imminent du pouvoir » en RDC.

« Votre pays est sorti des ravages de la guerre et a atteint une stabilité et une prospérité accrues », souligne Barack Obama, mardi 28 juin, dans un message de vœux adressé à son homologue congolais Joseph Kabila à l’occasion du 56e anniversaire d’indépendance de la RD Congo qui sera célébré le 30 juin à Kindu, dans l’est du pays.

« Le peuple des États-Unis se joint à moi pour vous exprimer ainsi qu’au peuple de la RD Congo les meilleurs voeux (…) », écrit le président américain dans sa lettre.

« Nous sommes aux côtés du peuple de la RD Congo et nous soutenons le premier passage pacifique et démocratique imminent du pouvoir », ajoute-t-il.

Barack Obama semble ainsi faire allusion à la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel du président congolais, le 19 décembre. Et, en état actuel de la Constitution du pays, Joseph Kabila ne peut plus se représenter pour un troisième mandat, offrant à la RD Congo la possibilité de connaître une première alternance pacifique de son histoire.

Alors que plusieurs signaux indiquent que la présidentielle prévue initialement le 27 novembre n’aura pas lieu dans les délais constitutionnels, Barack Obama insiste : « Nous attendons avec impatience nos relations futures avec une République démocratique du Congo stable, démocratique et prospère. » Qu’en pense Joseph Kabila ? Réponse sans doute lors de son message à la nation à l’occasion des festivités commémoratives de l’indépendance de la RD Congo.

La réplique de Kabila à la communauté internationale

Le président Joseph Kabila a prononcé un discours assez offensif vis-à-vis des « ingérences intempestives et illicites », ce mercredi 29 juin. Référence sans doute aux injonctions répétées de la communauté internationale à organiser les élections dans les délais constitutionnels et à ouvrir l’espace politique, mais aussi – à mots couverts – à l’opposition.

Pour le président Kabila, le pays fait toujours « aux mêmes menaces qu’au lendemain de son indépendance ». Le chef de l’Etat congolais dénonce « les ingérences étrangères, intempestives et illicites dans les affaires intérieures » de la RDC, rappelant que le Congo est un pays souverain qui souhaite « des partenariats constructifs ».

Le président congolais a également évoqué les martyrs qui ont payé un lourd tribut pour que « vive la patrie toujours et perpétuellement en danger ». « Le credo de notre lutte demeure le respect du droit de notre peuple à s’autodéterminer », a déclaré Joseph Kabila.

Le chef de l’Etat congolais a aussi souligné qu’il y a un an, jour pour jour, il avait proposé un dialogue national. « J’ai eu à l’esprit l’impérieuse nécessité d’engager la classe politique à conjurer les contestations intempestives des calendriers publiés sous des pressions diverses et celle prévisible d’un fichier électoral qualifié de peu fiable », a ajouté le chef de l’Etat congolais.

Joseph Kabila assure que l’option du dialogue est portée « à bout de bras par l’ensemble de notre peuple et même la majorité de la classe politique ». « Une option pour moi irréversible », insiste le président Kabila. « A tous ceux qui pensent que l’histoire de ce pays devrait toujours s’écrire en lettres de sang et par d’autres », le chef de l’Etat congolais répond : « Notre peuple est mûre, il connait parfaitement où se trouvent ses intérêts et comment en assurer leur défense ».

Joseph Kabila a aussi eu quelques mots pour parler de la situation économique, très difficile. Il dit avoir conscience que le pouvoir d’achat des Congolais a baissé. Il a assuré que des mesures avaient été prises et félicité pour leur travail les forces de défense et de sécurité.

Ci-après l’intégralité du discours de Joseph Kabila Kabange

56ème anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC)

Mes Chers Compatriotes,

30 juin 1960, 30 juin 2016, cela fait exactement 56 ans depuis que nos Pères de l’Indépendance nous ont légué un bel héritage, celui d’un Congo affranchi de toute servitude et domination étrangère, avec un peuple libre, digne et fier d’être Congolais; un grand peuple au cœur du continent.

Oui, aujourd’hui, 56 ans après, ensemble, nous avons engagé un long processus de construction d’une nation forte qui a pu résister, avec courage et détermination, à toutes les tentatives des forces centrifuges dont l’objectif était, naturellement, de nous diviser.

Que nos forces de défense et de sécurité, qui travaillent nuit et jour, dans des conditions extrêmement difficiles, à la défense de la patrie, trouvent ici l’expression renouvelée de la reconnaissance de notre peuple.

Alors que le pays court encore les mêmes risques et reste exposé aux mêmes menaces comme au lendemain de notre indépendance, aujourd’hui encore, hélas! certains parmi nous et autour de nous, pensent que le 30 juin 1960 n’aura été qu’une date comme toutes les autres, une date sans signification particulière, un vieux et un lointain souvenir rapidement efface de la mémoire collective ou à effacer à tout prix. En témoignent les ingérences étrangères intempestives et illicites, dans les affaires de politique intérieure de notre pays.

Célébrer l’anniversaire de notre fête nationale, c’est rappeler donc, une fois de plus, que le Congo est un Etat souverain, disposé à nouer, sans nul doute, des partenariats constructifs et mutuellement avantageux avec tous les autres Etats, dans le respect de leurs peuples respectifs.

C’est de haute lutte en effet, que ce statut a été conquis. Nos héros et martyrs en ont payé le lourd tribut, pour que vive la patrie, toujours et perpétuellement en danger. Voila qui explique que le credo de notre lutte demeure le respect du droit de notre peuple à s’autodéterminer, conformément à l’intérêt national.

Chers compatriotes,

C’est interpelé par l’héritage de nos héros et de nos Pères de l’indépendance, que nous nous employons, à travers le processus de décentralisation, à doter notre pays d’une nouvelle organisation territoriale. Celle-ci vient, en effet, d’être consacrée à travers l’installation des vingt et une nouvelles provinces, dotées démocratiquement de leurs animateurs, faisant passer ainsi le nombre total de nos entités provinciales de 11 à 26.

Notre objectif, c’est bien de parvenir à une meilleure administration de l’ensemble de notre territoire national et à une bonne prise en charge des besoins fondamentaux de nos concitoyens de l’arrière-pays. Oui, au contact avec nos populations du Congo profond, j’ai vu renaître l’espoir du redécollage du développement de nos territoires et de nos campagnes.

Notre engagement, ensemble avec les dirigeants de ces nouvelles provinces et ceux des entités de base qui seront rapidement désignés, c’est de ne pas trahir cet immense espoir.

Chers compatriotes,

En ce moment où nous célébrons noire fête nationale, j’ai conscience de la situation économique préoccupante que traverse noire pays, suite principalement au choc exogène découlant de la baisse continue des cours des matières premières d’exportation qui affectent plusieurs pays producteurs, à travers l’Afrique et dans le monde.

Après avoir résisté vaillamment pendant plusieurs mois, la stabilité et la croissance économique de notre pays, amorcées au prix de beaucoup de sacrifice, depuis 2001, sont aujourd’hui, mises à rudes épreuves.
Et je comprends la perplexité qui est la vôtre, au regard de la baisse du pouvoir d’achat de chacun de vous, surtout celui des plus démunis, avec des conséquences prévisibles sur le panier de la ménagère. J’aime autant vous assurer que l’amélioration des nos conditions de vie demeure au centre de nos préoccupations quotidiennes.

Nous allons accentuer nos efforts de stabilisation économique et monétaire, à travers la mise en œuvre des 28 mesures économiques a caractère prioritaire et celle de la loi des Finances rectificative de l’exercice 2016 que je viens de promulguer.

C’est dans ce sens que des instructions particulières ont été données au Gouvernement en vue de limiter au maximum, les effets néfastes de cette crise, et j’en assurerai un suivi particulier.

Dans le même contexte, notre jeunesse devrait être assurée, que ses préoccupations, ses doutes et ses ambitions, demeurent au cœur de notre action. Voila pourquoi, en plus de l’initiative du financement des meilleurs projets des jeunes entrepreneurs, dont l’appel a été lancé début juin dernier, sur toute l’étendue du territoire national, j’ai instruit le Gouvernement à œuvrer à la mise en place rapide d’un fonds spécial de promotion de l’entreprenariat et de l’emploi des jeunes de toutes les catégories socioprofessionnelles, en vue d’un traitement plus structurel des problèmes de chômage des jeunes.

Chers Corn patriotes,

La date du 30 juin, c’est aussi une occasion pour un rappel constant à la vigilance car, aujourd’hui comme hier, des menaces à l’intégrité de notre territoire, à la stabilité de nos Institutions ainsi qu’à la cohésion nationale, demeurent persistantes et pressantes.

Il nous faut, envers et contre tout, œuvrer, de manière inlassable, en faveur de la paix et de la sécurité de notre pays, et faire face aux actes terroristes qui nous sont imposes.

Voilà pourquoi, nos forces de défense et sécurité poursuivent, avec détermination, leur croisade contre les mouvements terroristes actuellement en cavale dans deux groupements du secteur Beni-Mbau, territoire de Beni. Cette traque gagnera chaque jour en intensité, jusqu’à leur éradication totale.

Mes chers compatriotes,

Avant de terminer mon propos, j’aimerais rappeler qu’il y a une année, jour pour jour, j‘avais annoncé l’option d’organiser le dialogue en vue de garantir un processus électoral inclusif, crédible et surtout, apaisé.

Avec l’implication de l’Union Africaine, un processus de facilitation international avait permis d’engager des contacts avec toutes les parties prenantes en vue de l’ouverture de ces pourparlers de grand intérêt national.

J’ai eu à l’esprit, l’impérieuse nécessité d’engager la classe politique à conjurer les contestations intempestives des calendriers publiés généralement sous des pressions diverses et celles, prévisibles, d’un fichier électoral qualifié, à juste titre, de peu liable et de non inclusif, en raison de l’exclusion de plusieurs millions d’électeurs, au nombre desquels, des jeunes majeurs et des congolais vivant a l’étranger.

J’ai eu enfin à l’esprit le souci de doter la classe politique d’un cadre pouvant lui permettre de se donner des gages d’un engagement citoyen à respecter les règles de jeu en amont et en aval du processus électoral afin d’éviter la réitération des contestations des listes et des résultats électoraux, base matricielle des violences pré et postélectorales.

Malgré des signaux contrastés envoyés par certains opérateurs politiques, je me réjouis cependant de constater que cette initiative est à ce jour, portée à bout de bras par l’ensemble de notre peuple, à travers la Société Civile et même la majorité de la classe politique.

Cette option étant pour Moi irréversible, j’encourage le Facilitateur désigné par l’Union Africaine, à finaliser ses consultations, en vue de l’ouverture rapide de ce Forum et l’assure du soutien de la nation congolaise, dans ses efforts visant à parvenir a un consensus politique sur les questions précitées.

Mes chers compatriotes,

Le dialogue n’étant pas cependant, une fin en sol, je félicite notre centrale électorale, la CENI, pour les efforts fournis à ce jour, en rapport avec les préparatifs des futures élections, à travers notamment, la révision du Fléchier électoral.

Le processus étant déjà lance depuis le 10 février 2016 par le lancement de l’appel d’offre en vue de l‘acquisition du matériel électorale et, après le test pilote des kits d’enrôlement, l’attribution des marchés aux entreprises jugées compétitives depuis le 05 juin 2016, et la signature effective des contrats y relatifs, plus rien ne pourra arrêter le train des futures élections.

Voila pourquoi, je lance, à cet effet, un appel solennel à notre peuple, comme je l’avais fait en 2005 et en 2011, de participer massivement aux opérations proprement dites d’enrôlement des électeurs qui débutent dans quelques semaines, au cours du mois de juillet de cette année, par la province du Nord-Ubangi, en vue de l’établissement des listes électorales.

Je liens à vous rassurer que toutes les dispositions ont été prises en vue du financement dudit processus, dans toutes ses séquences, tels que prescrits par la loi, mais également en vue de sa sécurisation. Et comme en 2006 et en 2011, tous les moyens logistiques de l’Armée seront mobilisés et mis à la disposition de la CENI à cette même fin.

Notre engagement en faveur de la démocratie, l’expression régulière de la souveraineté prescrite à l’article 5 de la Constitution est à ce prix.

Mes chers compatriotes,

A tous ceux qui pensent que l’histoire de ce pays devrait toujours s’écrire en lettres de sang et par les autres, nous rappelons que c’est par le peuple congolais, et en République Démocratique du Congo que, dans la paix, les nouvelles pages de l’histoire de notre pays restent à écrire et le seront. Car, comme nous n’avons jamais cessé de le répéter, notre peuple est aujourd’hui mûr. Il connaît parfaitement où se trouvent ses intérêts et comment en assurer la défense.

Ces derniers le seront, non plus par la violence, mais plutôt à travers la recherche permanente d’un consensus responsable, susceptible de nous aider à préserver les acquis de la lutte de nos Pères de l’indépendance et ceux de nos efforts communs, à savoir la paix, la stabilité politique et économique retrouvée ainsi que le vaste patrimoine des infrastructures bâties, en peu de temps, au prix de plusieurs sacrifices, et des chantiers en cours d’exécution.

Que vive la République Démocratique du Congo !

Que Dieu bénisse notre pays !

Bonne et heureuse fête de l’indépendance !

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