samedi , 16 décembre 2017
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Photo d'un homme d'affaire et president d'un club , célébrant la victoire des Leopards a la CHAN 2016
Moise KATUMBI et les joueurs des Leopards de RDC.

Présidentielle 2016 : Moïse KATUMBI gène

Les stratèges de la majorité au pouvoir ne tarissent pas d’imagination pour clouer Moïse Katumbi au pilori et, ainsi, le mettre hors compétition. C’est ce qui explique la saga judiciaire dans laquelle est traîné depuis des mois le gouverneur honoraire du Katanga, candidat déclaré à la présidentielle 2016.  Pour Kinshasa, Moïse Katumbi gène. Sa présence indispose tellement l’autorité morale de la Majorité que le schéma en vogue dans cette plateforme politique est soit de le mettre en prison, soit de le contraindre à un exil forcé.

Dans une précipitation bien comprise, le tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo a condamné à 3 ans de prison ferme Moïse Katumbi. Ce jugement intervient au lendemain du dépôt, à la même juridiction, par les avocats de l’ancien gouverneur du Katanga et de son frère aîné, Katebe Katoto,  d’une plainte  pour dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux à l’encontre d’Emmanuel Alexander Stoupis. A Lubumbashi, la justice joue sa crédibilité.

Les stratèges de la majorité au pouvoir ne tarissent pas d’imagination pour clouer Moïse Katumbi au pilori et, ainsi, le mettre hors compétition. C’est ce qui explique la saga judiciaire dans laquelle est traîné depuis des mois le gouverneur honoraire du Katanga, candidat déclaré à la présidentielle 2016.  Pour Kinshasa, Moïse Katumbi gène. Sa présence indispose tellement l’autorité morale de la Majorité que le schéma en vogue dans cette plateforme politique est soit de le mettre en prison, soit de le contraindre à un exil forcé.

Après l’échec patent de la rocambolesque affaire de présumés mercenaires américains à la solde de Katumbi, Kinshasa a décidé de se rabattre sur des griefs de droit commun. La stratégie a fait recette, particulièrement dans l’ex-Katanga. La MP s’est montrée spécialiste de montage grossier des plaintes. Le bonimenteur, celui-même par lequel JC. Muyambo a été incarcéré, est resté le même, à savoir Emmanuel Alexander Stoupis.

C’est donc ce sujet grec qui a déposé, le 10 juin 2016 devant le tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo, une plainte mettant en cause Moïse Katumbi pour spoliation d’un immeuble situé au croisement des avenues Mahenge et Kato, dans la commune de Kampemba de la ville de Lubumbashi. Devant le tribunal, le fameux plaignant s’est prévalu de la qualité de seul héritier de Mme Vosnakis Katina, prétendue ancienne propriétaire de l’immeuble querellé.

Or, selon les premiers éléments de l’instruction, ledit immeuble est réputé être propriété de M. Katebe Katoto, frère aîné de Moïse Katumbi, suivant le certificat d’enregistrement n° Vol 197 Folio 114 établi depuis le 11 février 1976. Document acquis régulièrement en vertu d’un acte conclu entre lui et la République en 1976, et ce, après déclaration de l’immeuble « Bien abandonné », par l’arrêté départemental n°11440/000011/1976 du 28/01/1976 du commissaire d’Etat aux Affaires foncières.

C’est seulement en 2016, soit 40 ans plus tard, qu’Alexander Stoupis surgit pour faire valoir ses droits. Pire, dans le seul but de spolier M. Katebe Katoto, le sujet grec a produit à l’audience du 20 juin 2016, devant le tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo, un acte de vente datant du 1er/09/1998 dont il attribue la rédaction à Moïse Katumbi. Un acte délictueux pour lequel il devra répondre en citation directe le 11 juillet prochain devant le tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo. En plus de ce grief, les avocats de Katebe Katoto et Moïse Katumbi le chargent également de l’infraction de dénonciation calomnieuse.

La vérité tronquée

Alors que le tribunal s’est donné huit jours, comme l’exige la loi, pour délibérer sur l’affaire Stoupis contre Katumbi, les juges ont créé la surprise mercredi à Lubumbashi en rendant le verdict dans le délai de deux jours. Cette précipitation met à nu l’intention de nuire qui se cache derrière l’action initiée contre Moïse Katumbi. Car, en le condamnant, le tribunal espère le rendre inéligible à toute élection, notamment la présidentielle 2016 à laquelle il s’est porté candidat.

Quid ? Notre Tripaix n’a pas jugé utile de confronter les parties, alors qu’il avait connaissance de l’absence de Moïse Katumbi du pays, celui-ci ayant été autorisé par le procureur général de la République à aller se faire soigner à l’étranger. Pour la première fois, la justice congolaise a fait preuve d’une célérité inhabituelle. Une première.

Et pourtant, les documents brandis par la défense reconnaissent depuis 1976 la propriété de l’immeuble à Katebe Katoto. Non seulement le tribunal n’est pas parvenu à établir une quelconque corrélation entre Katumbi et l’immeuble querellé, mais encore, il s’est précipité à rendre son verdict dans les 48 heures qui ont suivi le procès.

Selon Me Ambroise Kamukuni, l’un des avocats de Moïse Katumbi interrogé par Radio Okapi, le conseil de l’opposant attend d’être notifié du jugement avant de se prononcer. Sans doute interjeter.

Un acharnement qui frise le ridicule

A Lubumbashi, l’acharnement judiciaire exercé sur Katumbi frise le ridicule. Les mensonges et les incohérences dans ce nouveau faux procès s’accumulent. D’aucuns voient dans cette instrumentalisation de la justice la marque d’un pouvoir aux abois.  Le « Rassemblement », nouvelle plate-forme des forces politiques et sociales acquises au changement créée au terme du dernier conclave de l’Opposition à Bruxelles, a dénoncé, mercredi 22 juin à Lubumbashi par l’entremise de Gabriel Kyungu wa Kumwanza, « l’acharnement » du pouvoir contre Moïse Katumbi dans un dossier judiciaire qui ne le concerne pas mais plutôt son frère aîné, Raphaël Katebe Katoto.

Ce membre du Conseil des sages accuse Kinshasa « d’avoir mis en place de tels petits plans pour essayer de noyer Katumbi Chapwe gratuitement ». Et de déplorer : « Moïse Katumbi est aux soins à l’étranger avec l’autorisation du Parquet général de la République. Nous ne voyons pas pourquoi on est resté ici préparer de petits plans pour essayer de nuire à sa réputation et aussi à sa sécurité ».

Par ailleurs, il trouve insensé que la justice lance des poursuites judiciaires contre Katumbi Chapwe alors que l’affaire présumée de spoliation concerne son frère aîné, Katebe Katoto. « Katebe Katoto est une personne à part et M. Katumbi aussi est une personne à part. M. Stoupis doit savoir quand on lui demande de se lancer dans une affaire, il doit être sûr de ce qu’on lui demande d’avancer », a déclaré Kyungu, comme pour aviser Alexander Stoupis du contentieux dans lequel l’a entraîné le pouvoir.

A Kinshasa, les réactions n’ont pas tardé. Le vice-président du G7 et président du parti politique ARC, Olivier Kamitatu, parle plutôt « d’un montage grossier ». « Après l’affaire loufoque des mercenaires qui se termine par un retentissant flop, on exhume aujourd’hui un dossier immobilier. Cette affaire tient en réalité, elle aussi, du montage et de la fabrication la plus grossière.  Comme l’a rappelé Raphaël Katebe Katoto, Moïse Katumbi avait à peine 12 ans quand cette affaire a commencé.  La question qui se pose aujourd’hui est de savoir jusqu’où une certaine justice congolaise va continuer à se discréditer en obéissant au doigt et à l’œil à ceux qui ne veulent pas reconnaître que le temps de passer la main est venu. Nul ne le sait. Mais en bon citoyen, Moïse Katumbi continue malgré tout à avoir foi en la justice de son pays. Ses avocats ont,  à leur tour, assigné en justice le sujet grec pour dénonciation calomnieuse. … Mais d’ici là, en s’attaquant avec autant d’acharnement à une des principales figures de l’Opposition, en instruisant ses services de s’adonner aux montages de dossiers,  en tentant par tous les moyens de jeter en prison ceux qui lui rappellent qu’il est temps de partir le 19 décembre prochain et de terminer son second mandat dans l’honneur et la dignité, Joseph Kabila et ses partisans continuent d’entretenir des tensions de plus en plus fortes dans le pays, à affaiblir les institutions, à hypothéquer la cohésion nationale, et lentement mais sûrement à conduire le pays sur la voie de la burundisation… », a déclaré Olivier Kamitatu, repris par politico.cd.

La pression sur Katumbi n’est pas à sa fin. Il nous revient que d’autres surprises attendent l’homme du « 3ème penalty ».

[lePotentiel]

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